30/06/2007

Kiichi MIYAZAWA - 28.06.2007

Ancien Premier ministre japonais Kiichi Miyazawa - 28.06.2007 

TOKYO (Reuters) - L'ancien Premier ministre japonais Kiichi Miyazawa est mort jeudi à l'âge de 87 ans, ont fait savoir ses services.

Entamée à la fin de la Seconde guerre mondiale, la carrière politique de cet expert de la finance, partisan d'un rapprochement avec les autres pays d'Asie, s'est achevée en 2003, lorsqu'il a quitté le Parlement.

Ministre des Finances de 1986 à 1988, une affaire de corruption au sein de son parti l'a contraint à la démission, ce qui ne l'a pas empêché de prendre la tête du gouvernement en 1992. Une motion de censure soutenue par des francs tireurs de la formation au pouvoir a mis fin l'année suivante à son mandat.

L'image la plus célèbre de Miyazawa restera sans doute celle qui le montre tenant la tête du président américain George Bush, victime d'un malaise à l'ouverture d'un banquet à Tokyo en 1992.

15/06/2007

Jacques SIMONET - 14-06-2007

Jacques SIMONET - 14/06/2007

 

Jacques Simonet est décédé jeudi matin à l'hôpital Joseph Bracops d'Anderlecht. Le député-bourgmestre y avait été admis pour des examens. Il n'avait que 43 ans. Son intelligence et son humour dominent dans les nombreuses réactions.

Encore tout accaparée par les retombées et perspectives post-électorales, que l'on sait singulièrement animées et fébriles, la classe politique francophone et bruxelloise a été secouée jeudi après-midi par l'annonce du décès brutal et si prématuré de l'un de ses élèves à coup sûr les plus brillants, drôles et conviviaux. Jacques Simonet, le fils d'Henri, n'avait que 43 ans. Le député-bourgmestre MR d'Anderlecht avait déjà connu de gros accrocs de santé; une crise cardiaque lui aura été fatale.

Premier informé, Didier Reynders a évidemment réagi le premier. Le président du MR a dit son émotion et sa tristesse, saluant du défunt "son talent, sa force de conviction, son humour, ses qualités humaines". Pas besoin d'insister : cette disparition d'un grand format du libéralisme en général et bruxellois en particulier plombe l'ambiance et frappe ses amis en un moment singulièrement porteur de leur histoire. D'ailleurs, M. Reynders entamait jeudi sa première journée de consultations comme informateur; à son terme, il ne s'est pas adressé à la presse, désireux de rejoindre au plus vite les proches du défunt, sa veuve et ses enfants - Eléonore et Henri.

La disparition inopinée de Jacques Simonet a généré une série d'hommages dont on sentait bien qu'ils ne devaient pas tout au message convenu de circonstances. Pour le CDH, Joëlle Milquet salue une personnalité "au-dessus de la mêlée", dont on retiendra l'intelligence, la loyauté, l'enthousiasme. Pour Ecolo, Isabelle Durant et Christos Doulkeridis honorent un homme de conviction et d'un grand courage "qui, par son humour et son détachement, a contribué à humaniser la politique". Côté PS, celui que Jacques Simonet qualifiait de "son meilleur ennemi politique" salue "l'adversaire de qualité"; Philippe Moureaux, qui croisa tant le fer avec lui, souligne même son "lien affectif à quelqu'un qu'il a connu sur les genoux de son papa".

Parmi d'autres fonctions, en un parcours qui ne fut pas moins haché que déjà riche, Jacques Simonet présida le gouvernement bruxellois. Prédécesseur et successeur à la fonction, Charles Picqué (PS) fait part d'une "figure d'importance pour Bruxelles"; il s'en souviendra comme d'un homme "doté d'un esprit brillant et d'un humour exceptionnel". Ses collègues ne sont pas en reste, saluant qui l'intelligence (Benoît Cerexhe, CDH), qui l'homme attachant (Evelyne Huytebroeck, Ecolo), qui la grande générosité (Brigitte Grouwels, CD & V). "Il était infatigable", ajoute Guy Vanhengel (VLD), d'une formule hier paradoxale mais que l'on comprend pourtant si bien...

L'enjeu d'Anderlecht

Les libéraux bruxellois, dont le défunt était le chef de file, affrontent le choc deux ans seulement après avoir connu une autre disparition prématurée, celle d'Eric André. Si son esprit caustique pouvait lui causer certaines inimitiés, rappelle Armand De Decker, il le "compensait largement par son amour pour les gens, sa proximité, son humour authentiquement bruxellois". Didier Gosuin (FDF), co-président avec lui du groupe MR au Parlement bruxellois, évoque "un élément central dans la Région".

Précisément, les séances de commission prévues hier après-midi au Parlement ont été levées; hommage sera rendu vendredi en séance plénière à l'Anderlechtois.

Et à Anderlecht, où s'est mise en place une large majorité MR et socialiste/CDH, jusque-là à couteaux tirés, le Premier échevin Fabrice Cumps (PS) assume l'intérim maïoral. Par-delà, un libéral restera-t-il à la barre de la troisième commune bruxelloise en importance, ou un socialiste la retrouvera-t-il après que Jacques Simonet en eût délogé Eric Tomas en 2000 ? Sur place, hier, on ne voulait y voir qu'une autre histoire, pour plus tard.

(source La Libre Belgique)

Kurt WALDHEIM - 14.06.2007

Décès de Kurt Waldheim à l'âge de 88 ans

VIENNE (AP) - L'ancien secrétaire général de l'ONU Kurt Waldheim, qui fut élu président de l'Autriche malgré le scandale international lié aux révélations sur son passé d'officier dans l'armée de l'Allemagne nazie, est mort jeudi à l'âge de 88 ans.

Waldheim, qui avait été hospitalisé à Vienne fin avril pour une infection, a succombé à une défaillance cardiaque, selon la télévision publique autrichienne. Des membres de sa famille étaient à son chevet lorsqu'il est mort, a précisé la chaîne ORF.

Le bilan de Waldheim à la tête de l'ONU (1972-81) et son mandat à la présidence autrichienne (1986-92) avaient été assombris par les révélations sur son appartenance à une unité de l'armée allemande ayant commis des atrocités dans les Balkans durant la Seconde Guerre mondiale.

Si Waldheim n'a pas été mis personnellement en cause dans des crimes, son refus initial de reconnaître ce passé militaire, puis des affirmations selon lesquelles lui et ses compatriotes autrichiens ne faisaient que leur devoir, ont conduit à sa mise au ban de la communauté internationale et à la décision de Washington de le placer sur une "liste noire" de personnes n'ayant pas le droit de se rendre aux Etats-Unis. Une mesure qui n'a jamais été levée.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appris "avec tristesse" la mort de Kurt Waldheim, notant qu'il avait été en fonction à la tête des Nations unies "à une période cruciale dans l'histoire de l'organisation", a commenté Michèle Montas, porte-parole de l'ONU.

Le président autrichien Heinz Fischer a exprimé dans un communiqué ses "plus sincères condoléances", et le drapeau flottant devant ses bureaux a été mis en berne. "Nous avons perdu un grand Autichien", a déclaré de son côté le vice-chancelier autrichien Wilhelm Molterer.

L'élection de Waldheim à la présidence autrichienne avait terni la réputation de son pays, la plupart des dirigeants étrangers évitant de se rendre à Vienne durant son mandat. Diplomate de carrière, Waldheim a été confronté à de prétendues preuves de son implication personnelle dans des crimes de guerre.

Il a toujours nié avoir commis un quelconque crime, et s'est défendu contre les révélations divulguées par son principal accusateur, le Congrès juif mondial, et par les médias étrangers. En Autriche, ses partisans le considéraient comme la victime innocente d'une campagne de diffamation alors que ses détracteurs n'ont cessé de réclamer sa démission en raison de l'impact de son élection sur l'image du pays.

En février 1988, une commission internationale d'historiens enquêtant sur Waldheim a annoncé n'avoir trouvé aucune preuve qu'il ait lui-même commis des crimes de guerre. Mais elle a également indiqué que son passé était loin d'être irréprochable.

Selon la commission, Waldheim se trouvait dans "la proximité directe d'actes criminels". Il était au courant des atrocités commises par l'armée allemande dans les Balkans et n'a jamais rien fait pour les empêcher ou s'y opposer, précise-t-elle dans un rapport.

Dans ses biographies officielles, Waldheim affirmait initialement qu'il avait été blessé sur le front russe en 1941 et avait regagné l'Autriche pour poursuivre ses études. Sous la pression, il a commencé à changer progressivement cette version, déclarant avoir été transféré dans les Balkans en avril 1942. Son commandant, le général Alexander Loehr, fut plus tard exécuté en Yougoslavie pour crimes de guerre. AP

29/04/2007

Ivica RACAN - 29-04-2007

Décès de l'ancien PM croate Ivica Racan

ZAGREB (Reuters) - L'ancien Premier ministre croate Ivica Racan, qui avait permis la tenue des premières élections libres dans son pays en 1990 avant de le mettre sur la voie de l'adhésion à l'Union européenne, est décédé dimanche d'un cancer.

Racan s'est éteint à l'hôpital à l'âge de 63 ans, a annoncé son Parti social-démocrate (SDP) dans un communiqué. Un cancer des reins diagnostiqué en février s'est propagé à son cerveau.

Karel DILLEN - 27-04-2007

Karel Dillen -27.04.2007
 
(Belga) Le fondateur du Vlaams Blok, Karel Dillen, est décédé ce vendredi à l'âge de 81 ans. Il avait été à la tête du parti, rebaptisé aujourd'hui Vlaams Belang, pendant 17 ans, passant le témoin en juin 1996 à Frank Vanhecke.
Né à Anvers d'un père docker et d'une femme au foyer, il vite quitté les études pour travailler comme employé dans une compagnie de taxis et chez Renault à Deurne. Mais à la libération, il commence à fréquenter des mouvements nationalistes et collabore à des publications proches de ces mouvements. Il milite aussi dans un groupuscule qui revendique les "Grands Pays-Bas" et organise les premiers meetings d'après-guerre revendiquant l'amnistie. Il a également dirigé un autre mouvement nationaliste, "Were Di", avant de se retrouver à la Volksunie, un parti qu'il quittera ensuite, estimant qu'il vire trop à gauche. Après les péripéties ayant entouré le Pacte d'Egmont, il fonde le "Vlaamsnationale Partij" (Parti national flamand), précurseur du Vlaams Blok. Il a également siégé à la Chambre et au Sénat, avant d'aboutir au parlement européen, qu'il a quitté en 2003. (NLE)

Boris ELTSINE - 23-04-2007

Décès de Boris Eltsine, initiateur mal aimé de la chute de l'URSS

MOSCOU (AFP) - Le premier président de la Russie post-soviétique Boris Eltsine, est décédé lundi, après avoir administré le coup de grâce à l'URSS et ouvert sur l'extérieur le plus vaste pays du monde, un règne hors du commun qui s'est achevé dans la rancoeur.

M. Eltsine est décédé lundi à 15H45 (11H45 GMT) à l'âge de 76 ans d'un brusque arrêt cardiaque à la suite d'une insuffisance cardio-vasculaire, a déclaré Sergueï Mironov, chef du département médical auprès du Kremlin, cité par l'agence Interfax.

Il sera inhumé à Moscou mercredi et la Russie observera une journée de deuil le même jour.

L'ancien président russe Boris Eltsine souffrait de problèmes cardiaques depuis de longues années. Son décès a été suivi d'une vague d'hommages.

La Maison Blanche a qualifié l'ancien président de "figure historique à une époque de grands changements et de défis pour la Russie".

Mikhaïl Gorbatchev, autre figure historique russe, a été le premier à réagir. Pour l'ancien président soviétique et père de la perestroïka, Boris Eltsine a connu "un destin tragique".

"J'offre mes condoléances les plus sincères à la famille d'un homme qui a porté sur ses épaules beaucoup de grandes avancées pour le pays et des fautes graves", a-t-il déclaré.

Le Premier ministre britannique Tony Blair a vu en lui un homme qui a joué un "rôle vital à un moment crucial". Le chancelier de la Réunification allemande, Helmut Kohl, a salué l'"ami fidèle des Allemands". Pour le président français Jacques Chirac, Boris Eltsine a fait "triompher la liberté".

La chancelière allemande Angela Merkel, le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, le secrétaire général de l'Otan, Jaap de Hoop Scheffer lui ont aussi rendu hommage.

La réaction du président russe Vladimir Poutine, son dauphin politique, n'est venue que plus tard.

Une "nouvelle Russie démocratique, un Etat libre ouvert au monde", sont nés grâce à lui, a-t-il dit.

M. Eltsine aura en effet métamorphosé la Russie en portant le coup de grâce à l'URSS. Le 8 décembre 1991, réunis près de Minsk sans le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, Eltsine et ses homologues ukrainien Léonid Kravtchouk et bélarusse Stanislav Chouchkievitch avaient proclamé la "mort de l'URSS".

Eltsine a ouvert sur l'extérieur le plus vaste pays du monde, y a imposé la démocratie et encouragé le développement des médias. Mais il a aussi envoyé les chars à l'assaut du Parlement, laissé s'effondrer le système de santé et d'éducation, s'étendre l'emprise de la mafia, et ordonné la répression sanglante des indépendantistes tchétchènes.

Ayant mis sur les rails de difficiles réformes économiques, entre 1991 et 1994, Eltsine s'est par la suite montré plus soucieux de préserver son vaste pouvoir que de corriger les multiples imperfections des premières années de réformes.

C'est aussi au cours de la seconde période qu'il a accumulé les ennuis cardiaques, et qu'il se lancera dans l'aventure la plus malheureuse et la plus impopulaire de sa présidence: la guerre de Tchétchénie, qui fera en 20 mois des dizaines de milliers de morts.

La crise économique d'août 1998 sonnera le glas pour Boris Eltsine. Le Kremlin sera alors forcé de dévaluer le rouble, suspendre le remboursement de certaines dettes, semant la panique parmi les Russes et dans les milieux financiers occidentaux. S'ensuit une crise de régime qui affaiblit définitivement le président.

Malade et isolé, il annonce sa démission le 31 décembre 1999, à la surprise générale, ainsi que le nom de son dauphin, Vladimir Poutine.

Le service de presse de ce dernier n'a pourtant pas présenté d'hommages lundi, se contentant d'indiquer que le président russe a téléphoné "aujourd'hui à Naïna Eltsine (NDLR : l'épouse de Boris Eltsine) et a présenté ses condoléances les plus profondes à elle et à tous les proches du premier président de Russie après son décès".

Viktor Tchernomyrdine, Premier ministre sous Eltsine entre 1992 et 1998, a lui qualifié l'époque Elstine "d'historique": "la Russie a pris un nouvelle voie avec lui. Les fondations démocratiques et économiques qu'il a mises en place sont irrévocables", a-t-il déclaré.

L'ancien président géorgien et ministre des Affaires étrangères sous M. Gorbatchev, Edouard Chevardnadzé, a de son côté décrit Boris Eltsine comme un "réformateur et démocrate". "Il a fait beaucoup pour renforcer son pays. Son décès est une grosse perte pour le peuple russe. Boris Eltsine et moi étions des amis de longue date", a déclaré M. Chevardnadzé.

15/04/2007

René REMOND - 14.04.2007

René Rémond
 

PARIS (AFP) - L'historien et politologue français René Rémond est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à Paris, à l'âge de 88 ans, des suites d'une maladie, a-t-on appris samedi auprès de sa collaboratrice.

René Rémond, grand témoin du XXe siècle, né en 1918, était président de la Fondation nationale des sciences politiques de 1981 à janvier 2007, et avait été élu à l'Académie française le 18 juin 1998 au fauteuil de François Furet.

Il s'est éteint à l'hôpital Cochin à Paris, a précisé à l'AFP Anne Gourinchas, qui s'est présentée comme "sa plus proche collaboratrice".

M. Rémond, l'un des plus grands noms de l'histoire contemporaine, est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages d'histoire politique, intellectuelle et religieuse de la France aux XIXe et XXe siècles.

Son ouvrage le plus célèbre, "La droite en France de 1815 à nos jours", réédité plusieurs fois, est une référence pour les historiens et politiciens. M. Rémond y dresse une typologie des trois familles de la droite française: la droite orléaniste, la droite légitimiste et la droite bonapartiste.

Il est également l'auteur de "L'anticléricalisme en France de 1815 à nos jours" (1976), de "L'histoire de la France religieuse" et de "Introduction à l'histoire de notre temps" (1974), ouvrage de référence pour les étudiants en histoire.

31/03/2007

André DAMSEAUX - 29-03-2007

L'ancien ministre libéral et ancien bourgmestre de Verviers André Damseaux est décédé la nuit dernière à l'âge de 70 ans. Il avait présidé l'aile francophone du PLP en 1973 lorsque ce parti était encore unitaire. Il avait ensuite pris en '77 la tête du PRLw, la formation qui allait devenir le MR. Il a également été  ministre de l'éducation nationale mais aussi  le premier président de l'exécutif régional wallon. André Damseaux n'hésitait jamais à rappeler avec fierté que mise à part celle de premier ministre, il avait occupé toutes les fonctions possibles au niveau politique. Depuis sa première élection en tant que député en 1971, il avait en effet siégé aux parlements fédéraux, régionaux et communautaires, mais aussi au parlement européen de 1977 à 1984. Premier ministre-président de la Région wallonne, il fut aussi Ministre fédéral de l'éducation nationale. Ce qu'il considérait à postériori comme un de ses deux plus grands regrets, avec le vote en faveur de la loi sur les fusions de commune. La réforme qu'il y avait proposée en 1985 n'avait pas plu, tout comme ses déclarations selon lesquelles l'enseignement francophone courait droit à la catastrophe financière s'il ne calquait pas sa politique sur celle de son homologue flamand.  Cible d'attaques de la part de ses partenaires gouvernementaux, il avait démissionné deux ans plus tard. André Damseaux a également été président de parti, le PLP wallon, l'ancêtre de l'actuel MR, alors que personne ne l'attendait à ce poste. Bourgmestre de Verviers aussi, de 1989 à 1994, avant de terminer sa carrière politique comme conseiller communal à Jalhay jusqu'en 2006, tout en échouant à en conquérir le mayorat.

11/03/2007

Pascal YOADIMNADJI - 23.02.2007

Décès en France du Premier ministre tchadien Pascal Yoadimnadji

Paris, 23/02 - Le Premier ministre tchadien Pascal Yoadimnadji est mort dans la nuit de jeudi à vendredi à l`hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris où il avait été admis à la suite d`une hémorragie cérébrale, a annoncé l`ambassade du Tchad à Paris, citée par l`AFP.

Il était âgé de 56 ans.

Pascal Yoadimnadji, avocat, avait été nommé par le président Idriss Deby en 2005, remplaçant Moussa Faki Mahamat, démissionnaire.

Déplorant la mort d`un "nationaliste capable de surmonter tous les obstacles", le président Idriss Déby a annoncé que le ministre des Infrastructures Adoum Younousmi assurerait l`intérim.

Selon l`ambassadeur du Tchad en France, Moukhtar Wawa Dahab, Pascal Yoadimnadji est décédé à minuit 44. Il avait été transféré mercredi à Paris par avion médicalisé après s`être "senti mal" et être "tombé dans le coma", a-t-il expliqué.

Son épouse, qui a accompagné le Premier ministre à Paris, rapatriera le corps au Tchad, a-t-il ajouté. Le couple n`avait pas d`enfants.

Yoadimnadji avait occupé plusieurs postes gouvernementaux, notamment le portefeuille de l`agriculture. En 1996, il avait dirigé la Commission électorale indépendante chargée de superviser les premières élections multipartites du pays, où Idriss Déby est arrivé au pouvoir par un coup d`état en 1990.

Il avait également présidé le Conseil constitutionnel. Le Premier ministre défunt a été qualifié de "grand homme d`Etat" par le chef de la diplomatie Ahmad Allam Mi, qui a également évoqué un "grand unificateur" du peuple tchadien.

30/12/2006

Saddam HUSSEIN - 30.12.2006

Saddam Hussein, du pouvoir absolu à la potence

BAGDAD (AP) - "Longue vie au peuple et mort à ses ennemis!" Un Saddam Hussein visiblement ébranlé avait réagi par ces mots à sa condamnation à mort le 5 novembre, pour le massacre de chiites en 1982. Les efforts des avocats de l'ancien président irakien pour empêcher sa pendaison ont été vains, avant même la fin du deuxième procès, pour le génocide de Kurdes en 1987-88.

L'ex-raïs ne reconnaissait pas le tribunal spécial irakien et se considérait toujours comme le président, malgré l'invasion américaine et la chute de son régime en 2003. Mais, dans une lettre publiée le 27 décembre dernier, il exhortait ses concitoyens à "ne pas haïr, car la haine ne permet pas d'être juste; elle rend aveugle et ferme toutes les portes de la pensée". Il les appelait aussi à distinguer les gouvernements des populations, soulignant que des Américains avaient volontairement assuré sa défense. La sentence de mort, écrivait-il, a été "dictée par les envahisseurs".

Pendant neuf mois, l'ex-dictateur de 69 ans, né le 28 avril 1937, avait tout fait pour perturber le déroulement du procès du massacre des chiites de Doujaïl, ponctuant les audiences d'invectives, de menaces, recourant au boycott ou à la grève de la faim, tandis que ses avocats dénonçaient le non respect des règles du droit international.

Souvent debout, le Coran à la main, l'accusé combatif, devenu mince, généralement vêtu d'un costume occidental sombre et d'une chemise blanche sans cravate, n'avait plus rien à voir avec le fugitif à l'air hagard capturé par les Américains le 13 décembre 2003.

Sa cavale n'avait duré que quelques mois après l'invasion de l'Irak en mars 2003 par la coalition conduite par les Etats-Unis. Le 9 avril, sa statue était renversée, symbole médiatisé de la fin d'un règne de 27 ans marqué par de nombreuses atrocités et deux guerres, celle contre l'Iran de 1980 à 88 et celle du Golfe en 1990-91.

Chef de l'Etat, président du conseil des ministres, président du Conseil de commandement de la Révolution (CCR), commandant en chef de l'armée et dirigeant du parti Baas irakien: la litanie des fonctions qu'il cumulait depuis 1979 en disait déjà long sur ses ambitions.

Homme fort de l'Irak depuis juillet 1968, Saddam Hussein tenait d'une main de fer un pays de 22 millions d'habitants réputé pour la fréquence de ses coups d'Etat depuis sa création en 1932 après la fin du mandat britannique. Son pouvoir, il l'a assuré par des purges sanglantes qui ont notamment touché l'armée, qu'il a progressivement transformée en un outil à la dévotion du parti unique, le Baas.

Les débuts semblaient pourtant prometteurs pour ce pays possédant les secondes réserves mondiales de pétrole. Dans le courant des années 70, Saddam Hussein lance d'ambitieuses réformes sociales, éducatives et économiques. En une décennie, celui qui n'aurait appris à lire qu'à l'âge de dix ans fait passer le taux d'alphabétisation de 30% à 70%.

Saddam Hussein se fait alors appeler "Père-dirigeant", "prince de la Nation arabe", "Héros de la libération nationale"...

En septembre 1980, il lance l'armée irakienne à l'assaut de l'Iran, espérant profiter du chaos provoqué par la Révolution islamique de 1979 pour reconquérir rapidement le Chott el-Arab, l'estuaire du Tigre et de l'Euphrate, qu'un accord de 1975 l'obligeait à partager avec Téhéran. Malgré le soutien occidental, il échoue et l'Iran occupe même une partie du territoire irakien avant que la guerre ne s'enlise. Le mécontentement qui s'ensuit vaut au président deux tentatives d'assassinat suivies de purges sévères. En 1988, son pays sortira exsangue et à moitié vainqueur de huit années de guerre.

Né le 28 avril 1937 à Al-Aoudja, près de Takrit (160km au nord de Bagdad), dans une famille pauvre, Saddam Hussein n'a pas connu son père, un paysan mort ou disparu avant sa naissance, et a été élevé par un oncle, Khaïrallah, ancien officier nationaliste. C'est en 1957 qu'étudiant il adhère au parti Baas, alors clandestin. Son ambition lui vaut déjà d'être désigné pour diriger un groupe chargé d'assassiner le dirigeant de l'époque, Abdulkarim Kassem.

L'attaque à la mitrailleuse échoue le 7 octobre 1959 mais Saddam, blessé à la jambe, s'enfuit en Egypte. De 1963 à 1968, il partage sa vie entre les geôles et l'exil.

Lorsque le Baas prend le pouvoir le 17 juillet 1968, Saddam Hussein, N°2 de son cousin le général Ahmed Hassan al-Bakr, purge le parti, fait déporter des milliers de chiites d'origine iranienne et supervise la nationalisation de l'industrie pétrolière. Mais lorsqu'en 1979 Al-Bakr se rapproche du voisin syrien, Saddam l'écarte le 16 juillet et lance une nouvelle purge qui fait des centaines de morts en quelques mois.

Face à son opposition potentielle, s'appuyant sur la minorité sunnite, il manie carotte et bâton. Aux Kurdes, il promet d'abord l'autonomie, puis les poursuit dans leurs retraites montagneuses du Nord. Fin mars 1988, comme en Iran, il utilise des armes chimiques contre le village kurde d'Halabja, faisant 5.000 morts. La campagne Anfal de 87-88, objet de son deuxième procès, qui était en cours, tue quelque 180.000 Kurdes.

Avec les chiites, majoritaires dans le Sud et très menaçants du fait de l'exemple iranien, il se montre assez habile en restaurant leurs lieux de culte, mais aussi impitoyable. En 1980, il fait exécuter le grand ayatollah Mohammed Bakr al-Sadr, un des six grands dignitaires de l'islam chiite. Et juste après la guerre du Golfe en mars 1991, il écrasera dans le sang la révolte des chiites lâchés par George Bush père, qui les avait incités à se soulever.

Si le raïs s'appuie sur sa famille et le clan des Takriti, accordant de larges pouvoirs à ses fils Oudaï et Qoussaï (tués en juillet 2003 lors de l'intervention américaine), sa parentèle n'est pas à l'abri des représailles. En août 1995, deux de ses gendres, également ses cousins, s'exilent avec leurs femmes en Jordanie. En février 1996, ils rentrent en Irak, assurés du pardon de Saddam Hussein. Moins de trois jours plus tard, ils sont exécutés.

L'une des grandes ambitions de Saddam Hussein aura été de doter l'Irak de la bombe atomique. Grâce à une centrale nucléaire fournie par la France, il est proche du but quand en 1981 un raid israélien détruit le réacteur nucléaire d'Osirak. Mais tout au long des années 80 il se procurera auprès de sociétés occidentales un véritable arsenal chimique et bactériologique.

En dépit du processus d'inspection de l'ONU, souvent chaotique, Saddam Hussein n'a cessé de provoquer des confrontations sporadiques avec la communauté internationale, s'attirant à plusieurs reprises une riposte militaire américaine, comme lors de la campagne de bombardement de décembre 1998 à la suite d'un nouveau bras de fer avec les inspecteurs de l'ONU chargés de vérifier l'élimination des armes de destruction massive.

Mais en 2003, le président George Bush fils décide de "finir le travail" commencé par son père et, Saddam Hussein ayant refusé de se rendre, la coalition envahit l'Irak dans la nuit du 19 au 20 mars. La chute du régime est rapide mais trois ans plus tard, la guerre n'est toujours par finie, tandis qu'aucune trace des supposées armes de destruction massive irakienne n'a été trouvée. AP

Gerald FORD - 26.12.2006

L'ancien président américain Gerald Ford est mort à 93 ans

LOS ANGELES (AFP) - L'ex-président républicain Gerald Ford, qui avait cherché à réconcilier les Américains avec leur présidence après la démission en 1974 de Richard Nixon en plein scandale du Watergate, est mort mardi à 93 ans, suscitant mercredi des éloges dans le monde sur son intégrité.

"Gerald Ford, notre mari bien aimé, père, grand-père et arrière grand-père est mort à 93 ans", a annoncé l'ancienne Première dame Betty Ford dans un communiqué publié à Rancho Mirage, en Californie.

C'était "un grand homme qui a consacré les meilleures années de sa vie au service des Etats-Unis. C'était un vrai gentleman reflétant le meilleur du caractère de l'Amérique", a réagi le président George W. Bush, en exprimant la "reconnaissance éternelle" des Etats-Unis.

Gerald Ford est mort à 03H45 GMT mercredi, selon sa famille, qui a précisé que ses funérailles auraient lieu à une date non encore définie à Washington et à Grand Rapids dans le Michigan (nord).

Arrivé au sommet de l'Etat presque par accident, Gerald Ford n'a jamais été élu président, ayant été battu à la présidentielle de 1976 par le démocrate Jimmy Carter. Une défaite attribuée au fait qu'il avait accordé son pardon "entier, libre et absolu" à Nixon un mois après sa prise de fonctions.

Après une longue carrière de représentant au Congrès, il avait été appelé en octobre 1973 à succéder au vice-président Spiro Agnew, contraint à la démission par un scandale lié à une fraude fiscale. La chute de Nixon en avait fait ensuite le premier vice-président de l'histoire américaine à accéder à la fonction suprême après une démission.

En août 1974, "il prit le pouvoir dans une période de grande division et de tourmente", a dit M. Bush, faisant référence au scandale du Watergate et des écoutes téléphoniques menées au détriment des démocrates. "Pour un pays qui avait besoin de panser ses plaies et pour un poste qui nécessitait une main calme et ferme, Gerald Ford répondit présent quand nous eûmes le plus besoin de lui", a-t-il ajouté.

Dans le monde, plusieurs dirigeants lui ont rendu hommage en soulignant son intégrité et son honnêteté.

Les présidents français et russe, Jacques Chirac et Vladimir Poutine, ont aussi salué pour l'un un "grand homme d'Etat", et pour l'autre son "apport personnel" dans le "renforcement" des relations entre les Etats-Unis et l'Union soviétique.

C'était un "homme politique exceptionnel", a estimé le Tchèque Vaclav Klaus tandis que le Premier ministre canadien Stephen Harper parlait d'"un homme d'honneur" et d'"un être intègre" qui s'est employé à désamorcer les tensions dangereuses au Moyen-Orient et à atténuer la menace d’une guerre nucléaire".

"Quand il a quitté son poste, il avait restauré la confiance du public dans la présidence, et la Nation pouvait une nouvelle fois regarder l'avenir avec confiance et foi", a estimé le vice-président Richard Cheney, nommé à la Maison Blanche en 1974 par le défunt.

Gerald Ford avait été le 38e président des Etats-Unis. Il avait succédé, en sa qualité de vice-président, à Richard Nixon après sa démission le 8 août 1974 pour cause de scandale du Watergate, déclenché par la pose de micros dans les bureaux de l'opposition démocrate. Il avait survécu en 1975 à deux tentatives d'attentats perpétrées par des femmes, condamnées depuis à la prison à vie.

Né le 14 juillet 1913, il avait connu de nombreux ennuis de santé ces dernières années. A la mi-août, on lui avait posé un stimulateur cardiaque, puis il avait subi une angioplastie, une intervention chirurgicale destinée à élargir des artères.

A la mi-novembre 2006, il était devenu l'ancien président des Etats-Unis ayant vécu le plus longtemps, dépassant Ronald Reagan en longévité.

Saparmourat NIAZOV - 21.12.2006

Le Turkménistan a "peur pour son avenir" après la mort de son président

ACHKHABAD (AFP) - Le Turkménistan avait "peur pour son avenir" vendredi au lendemain de la mort du président Saparmourat Niazov, dans l'attente de la désignation de son successeur et du retour annoncé de l'opposition en exil de ce pays d'Asie centrale riche en hydrocarbures.

"J'ai peur pour l'avenir. Le plus important est qu'il n'y ait pas de conflit", espère Loudmila, 58 ans, vendeuse sur un marché de la capitale, représentative des craintes confiées par les habitants de ce pays quasiment coupé du reste du monde sous le président Niazov.

Malgré le deuil national décrété jusqu'au 30 décembre, tous les magasins et marchés de la capitale turkmène Achkhabad étaient ouverts. La vente d'alcool a cependant été interdite.

La population était elle dans l'expectative quant à l'avenir du pays, tant Niazov avait personnalisé son pouvoir et tant le culte de la personnalité qu'il avait instauré était omniprésent.

"Je n'ai pas dormi de la nuit (...) La question principale est de savoir ce qui va se passer pour moi, ma famille, le pays", s'inquiète Aïperi Biachimova, une retraitée de 60 ans.

Le parti républicain du Turkménistan, mouvement d'opposition exilé, s'interroge aussi sur l'avenir dans un communiqué diffusé par le site internet gundogar.org et appelle le peuple turkmène à le rejoindre après "la douleur et les souffrances" imposées par le régime de Niazov.

Sur les écrans de télévision vendredi matin, un orchestre jouait, comme la veille, de la musique funèbre, interrompue uniquement par de courts journaux télévisés rappelant les informations connues depuis jeudi.

Saparmourat Niazov, 66 ans, est mort dans la nuit de mercredi à jeudi d'un arrêt cardiaque, ont annoncé les autorités, après 21 ans à la tête du Turkménistan, d'abord république soviétique puis après l'indépendance du pays.

Il sera enterré dimanche dans le mausolée familial construit dans son village natal de Kiptchak, à une quinzaine de kilomètres d'Achkhabad.

En attendant l'organisation d'une élection présidentielle, la présidence par intérim a été confiée à un vice-Premier ministre et ministre de la Santé, Gourbangouly Berdymoukhammedov.

Il a convoqué pour le 26 décembre une session extraordinaire du Conseil populaire, une assemblée de 2.500 responsables turkmènes, qui devra déterminer la date du scrutin ainsi que les candidats à la succession de Saparmourat Niazov.

17/12/2006

Augusto PINOCHET - 10.12.2006

AUGUSTO PINOCHET - 10.12.2006

L'ancien dictateur chilien, le général est mort dimanche à Santiago à l'âge de 91 ans et son décès survenu, le jour où l'on célèbre internationalement les droits de l'Homme, tourne une page noire de l'histoire du Chili auquel il a imposé l'un des régimes militaires les plus répressifs d'Amérique latine.

Augusto Pinochet est décédé à 14H15 locale (17H15 GMT) à l'hôpital militaire de la capitale chilienne où il avait été hospitalisé il y a une semaine après avoir été victime d'un infarctus du myocarde et d'un oedème pulmonaire.

Sa dépouille mortelle a été transportée de l'hôpital à l'Ecole militaire où une chapelle ardente a été dressée pour l'hommage militaire prévu mardi.

L'ancien président de facto (1973-1990) et ancien commandant en chef de l'armée (1973-1998), dont la dépouillée sera incinérée, recevra les honneurs militaires mais ne fera pas l'objet d'obsèques nationales ni d'un deuil national, conformément à la décision prise par la présidente du Chili, Michelle Bachelet.

De violents incidents ont éclaté à Santiago dimanche soir entre des manifestants célébrant sa mort et la police, faisant au moins six blessés parmi les policiers et conduisant à plusieurs arrestations. Les violences ont gagné plusieurs quartiers périphériques de Santiago, où les manifestants ont mis le feu à des barricades et à au moins trois véhicules, selon des sources policières, qui ont fait état de coups de feu. Des violences ont également été enregistrées dans une dizaine de villes du pays, selon le sous-secrétaire du ministère de l'Intérieur, Felipe Harboe.

Pinochet, qui a gouverné le Chili de 1973 à 1990, est mort peu après avoir été transporté dans le service d'urgence à la suite de complications. Son état, qui évoluait favorablement, s'était brusquement dégradé dimanche matin. Selon le docteur Ignacio Vergara, le chef de l'équipe médicale, Pinochet a été frappé d'une crise cardiaque multiple à 13H30 et est mort à 14H15 en dépit des soins prodigués par les médecins. "Il était entouré par sa famille" au moment du décès, a précisé le médecin.

Les opposants du général, en apprenant son décès, sont descendus par milliers dans la rue pour célébrer sa mort. Des voitures se sont mises à klaxonner et une centaine de personnes se sont rassemblées sur la Place d'Italie à proximité du centre de Santiago, lieu traditionnel des rassemblements à Santiago. Agitant des drapeaux chiliens et sautant de joie, des milliers d'opposants - pour la plupart des jeunes - dansaient, chantaient et festoyaient au nom de la "libération du Chili", selon un reportage de la télévision nationale chilienne.

L'ancien secrétaire général du gouvernement durant la dictature, Francisco Javier Cuadra a appelé les détracteurs de l'ex-général "à la modération". "Cela est lamentable, cela donne raison à ceux qui disent que la haine ne peut s'apaiser et que la société chilienne reste divisée au sujet de la figure de l'ex-dictateur", a ajouté M. Cuadra à la télévision nationale.

En revanche, ses sympathisants ont éclaté en sanglots en apprenant le décès du général. Très émus, les fidèles de l'ex-dictateur ont entonné l'hymne national chilien.

Des incidents ont éclaté dans la soirée à proximité du palais présidentiel lorsque la police a voulu arrêter une colonne d'un millier de manifestants qui célèbraient sa mort. La police a utilisé des canons à eau et des grenades lacrymogène tandis que les jeunes manifestants lancaient des bouteilles et des pierres sur les forces de l'ordre.

L'Eglise catholique a lancé dimanche soir un appel à la "sérénité et à la sagesse" aux partisans et détracteurs de Pinochet. Le président de la conférence episcopale, Mgr Alejandro Goic, a déclaré "nous ne pouvons vivre ancré dans le passé. Il est nécessaire d'affronter ce moment avec une profonde sérénité". Le général Pinochet s'était emparé du pouvoir à la suite d'un coup d'Etat le 11 septembre 1973 contre le président socialiste Salvador Allende et la répression sanglante qui s'ensuivit fit plus de 3.000 morts, selon les organisations de défense des droits de l'Homme.

Le dictateur, qui n'a jamais été condamné par la justice chilienne, a fait l'objet de nombreuses poursuites judiciaires pour violations des droits de l'Homme et corruptions après notamment la découverte de comptes secrets dans une banque aux Etats-Unis.

A Londres, l'ancien premier ministre britannique Margaret Thatcher, qui maintenait une relation suivie avec le général Pinochet, s'est dite "profondément triste".

La Maison Blanche a indiqué que "ses pensées allaient aujourd'hui aux victimes de son règne et à leur famille".

Des défenseurs des droits de l'Homme à Lima ont souligné l'ironie de ce décès survenu le jour où l'on célèbre internationalement les droits de l'Homme. "C'est une coïncidence ironique que lorsqu'on célèbre les valeurs de la vérité et de la justice dans le monde, un faiseur de crimes meurt", a déclaré l'avocat Francisco Soberon.

25/11/2006

Pierre GEMAYEL - 22.11.2006

Pierre Gemayel, ministre antisyrien, victime d'un nouvel assassinat au Liban

BEYROUTH (AP) - En pleine crise politique au Liban, le ministre antisyrien de l'Industrie Pierre Gemayel, fils de l'ancien président Amine Gemayel et étoile montante des chrétiens maronites, a été assassiné mardi dans la banlieue nord de Beyrouth. Damas est de nouveau montré du doigt et le Premier ministre libanais a appelé à l'unité nationale contre la "sédition".

Pierre Gemayel, 34 ans, également neveu du président Bachir Gemayel élu et assassiné en 1982, est la cinquième personnalité antisyrienne et le premier membre du gouvernement de Fouad Siniora tué au Liban depuis deux ans. Grièvement blessé lors de l'attentat, il est mort à l'hôpital. Ses funérailles auront lieu jeudi à Beyrouth. Le gouvernement, soucieux d'éviter des manifestations propices à la violence, a décrété trois jours de deuil et annulé les cérémonies prévues pour mercredi, jour de l'Indépendance.

Le ministre de la Phalange chrétienne roulait dans le quartier chrétien de Jdeidé, sa circonscription électorale, lorsqu'une ou deux voitures lui ont coupé la route et que trois individus l'ont abattu à l'arme automatique, selon les forces de sécurité et des témoins. Le chauffeur, blessé, l'a conduit à l'hôpital Saint-Joseph mais peu après, La Voix du Liban, la radio du parti phalangiste, annonçait son décès.

Le chef de la majorité antisyrienne au Parlement libanais, Saad Hariri, a imputé l'attentat à Damas. "Ça ne peut être que la Syrie. (...) C'est un régime d'assassins, (...) qui a tué Rafic Hariri (... et) toutes les personnes qui luttaient pour la démocratie", a-t-il déclaré à France-2.

Saad Hariri est lui-même le fils de l'ancien Premier ministre et homme d'affaires Rafic Hariri, dont l'assassinat le 14 février 2005 à Beyrouth a entraîné dès avril le retrait syrien du pays du Cèdre après 29 ans de présence militaire. L'enquête des Nations unies a conclu à l'implication inévitable des services de renseignement syrien et libanais dans la mort d'Hariri.

Le Premier ministre Fouad Siniora a établi un lien direct entre l'assassinat de mardi et ce qui a déclenché la crise politique actuelle entre son gouvernement soutenu par Washington et le Hezbollah proche de Damas et Téhéran: la formation d'un tribunal international chargé de juger les suspects dans le meurtre d'Hariri. Le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert dans la soirée au projet d'accord avec le gouvernement de Beyrouth.

"Nous ne laisserons pas les meurtriers prendre le contrôle du sort du Liban et de l'avenir de ses enfants. Il est temps que tous les Libanais se rassemblent autour du tribunal international", a lancé Fouad Siniora à la télévision nationale. "J'appelle tous les Libanais (...) à être conscients de la sédition fomentée contre eux."

Le président américain George Bush a de son côté réitéré son "soutien au gouvernement Siniora" ainsi qu'"aux efforts (des Libanais) pour défendre leur démocratie contre les tentatives de la Syrie, de l'Iran et de leurs alliés de fomenter l'instabilité et la violence".

La France, architecte avec les Etats-Unis de la résolution de l'ONU de 2004 exigeant le retrait syrien et de celles qui ont suivi sur l'enquête Hariri, a condamné l'assassinat de Pierre Gemayel: le président Jacques Chirac s'est déclaré certain que "la volonté d'indépendance, de liberté et de démocratie des Libanais en sortira encore renforcée". Il a appelé à l'application des résolutions et la création du tribunal international.

Montré du doigt à mots plus ou moins couverts, Damas a également dénoncé "cet acte méprisable (qui) a pour objectif de détruire la stabilité et la paix au Liban", selon un responsable syrien cité par l'agence de presse officielle SANA sous le couvert de l'anonymat.

Pierre Gemayel, issu de l'une des plus influentes familles libanaises, était considéré comme l'espoir des phalangistes. Leur chef actuel, son père Amine Gemayel, a été président de 1982 à 1988, et feu son grand-père, Pierre Gemayel, a dirigé le parti dont était issue la plus importante milice chrétienne, alliée d'Israël pendant la guerre civile de 1975-90 au pays du Cèdre.

Devant l'hôpital, Amine Gemayel, hébété, a déclaré que son fils était "mort en martyr de sa cause" et a exhorté ses partisans à ne pas chercher la vengeance. Des centaines de personnes s'y étaient rassemblées, scandant des slogans contre le Hezbollah et contre son allié et rival de la Phalange, le leader chrétien Michel Aoun. Des incidents ont éclaté dans les quartiers chrétiens mais l'armée libanaise y a mis fin et a installé des postes de contrôle pour éviter des manifestations dans les prochains jours, notamment à l'occasion des funérailles.

Le jeune ministre de l'Industrie, élu député en 2000 et réélu en 2005, critiquait ouvertement le président pro-syrien Emile Lahoud et le Hezbollah, dans la crise qui oppose actuellement le gouvernement Siniora, dominé par les anti-syriens, au mouvement chiite. Six ministres du Parti de Dieu et de ses alliés ont démissionné faute d'obtenir davantage de pouvoir, et le Hezbollah menace de faire descendre ses sympathisants dans les rues si un gouvernement d'unité nationale n'est pas formé.

L'organisation chiite a néanmoins condamné l'assassinat de Pierre Gemayel, déclarant que ses auteurs voulaient "pousser le Liban vers le chaos, le désespoir et la guerre civile".

Environ 35% des 4 millions de Libanais sont chrétiens, contre 55% à 60% selon les estimations avant la guerre civile. Les musulmans chiites constitueraient la communauté religieuse la plus importante, avec 1,2 million de fidèles, légèrement plus que de sunnites. Le dernier recensement officiel remonte à 1932. AP

18/11/2006

Jean-Jacques SERVAN SCHREIBER - 06.11.2006

Décès de Jean-Jacques Servan-Schreiber à 82 ans

PARIS (AP) -- Il avait fondé "L'Express" avec Françoise Giroud dans les années 1950. Jean-Jacques Servan-Schreiber, à la fois patron de presse, écrivain et homme politique est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'hôpital de Fécamp (Seine-Maritime).
Atteint d'une forme de dégénérescence qui affectait sa mémoire, "JJSS", 82 ans, vivait dans sa résidence secondaire de Veulettes-sur-Mer (Seine-Maritime). Il avait été hospitalisé dimanche à la suite d'une bronchite.
Jean-Jacques Servan-Schreiber était né le 13 février 1924 à Paris. Fils aîné d'Emile Servan-Schreiber, co-directeur du journal "Les Echos", c'est un élève excellent, doué et travailleur. Il intègre Polytechnique mais n'exercera jamais le métier d'ingénieur: il préfère faire ses débuts au "Monde", engagé par Hubert Beuve-Méry comme éditorialiste en politique étrangère.
En 1951, Jean-Jacques Servan-Schreiber rencontre la journaliste Françoise Giroud, avec qui il ouvre la grande aventure de "L'Express". Avec ce journal, fondé en 1953, ils marquent profondément l'histoire de la presse française.
Les débuts sont difficiles. Mais François Mauriac, en disgrâce avec "Le Figaro", rejoint l'équipe, avant que Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux n'apportent eux aussi leur talent. Dans les colonnes de "L'Express", JJSS soutient ouvertement la politique de Pierre Mendès-France, dénonce les "événements" d'Algérie et leur cortège de tortures et d'exactions, ce qui lui vaut plusieurs saisies.
Les années 1960 sont un tournant pour le fondateur de "L'Express". Opposé au retour du général de Gaulle, l'hebdo voit son audience diminuer, tandis qu'à la même époque, la famille Servan-Schreiber perd le contrôle des "Echos" et JJSS se fâche avec son mentor Mendès-France.
Il divorce aussi de sa première épouse, l'écrivain Madeleine Chapsal, quitte sa maîtresse François Giroud et épouse Sabine Becq de Fouquières avec laquelle il aura quatre fils (David, Emile, Franklin et Edouard).
Admirateur du modèle américain, il publie alors "Le Défi américain", paru en 1967, qui reste aujourd'hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre, traduit en 15 langues, s'est vendu à des millions d'exemplaires dans le monde. Sa bonne connaissance des Etats-Unis et ses prises de position avait amené Jean-Jacques Servan-Schreiber à être contacté par le président américain John Fitzgerald Kennedy, alors sénateur, qui s'intéressait aux problèmes de la décolonisation.
Proche de François Mitterrand comme de Valéry Giscard d'Estaing, qu'il a connu à Polytechnique, l'homme de presse est aussi attiré par la politique et décide finalement de s'y engager. Il devient député de Nancy en 1970, après avoir mené une campagne à l'américaine. Il est président du Conseil régional de Lorraine et président du Parti radical entre 1971 et 1979.
Orateur brillant ayant une vraie capacité à convaincre, il inspire Valéry Giscard d'Estaing pour sa campagne présidentielle victorieuse de 1974. Mauvais négociateur, Jean-Jacques Servan-Schreiber ne parvient à s'imposer: éphémère ministre des Réformes de VGE du 27 mai au 9 juin 1974, il sera écarté par Jacques Chirac, Premier ministre, qui le surnomme le "turlupin".
L'homme de presse vend son journal en 1977, privé de cet important soutien financier, sa carrière politique sombre. Il reste toutefois le père fondateur de l'UDF qui aider Giscard à contenir la montée en puissance du RPR de Jacques Chirac aux élections législatives de 1978. Après un nouvel échec aux élections européennes, où il présente une liste "Emploi, Egalité, Europe" avec Françoise Giroud, Jean-Jacques Servan-Schreiber abandonne définitivement sa carrière politique.
Ruiné, il s'envole pour les Etats-Unis avec ses quatre fils qui seront formés à la prestigieuse université de Pittsburgh. Jean-Jacques Servan-Schreiber revient en France dans les années 1990. Souffrant d'une forme de dégénérescence affectant sa mémoire, il écrit son dernier article en 1996.
Réfugié depuis dans sa maison de campagne de Veulettes (Seine-Maritime) avec son épouse, JJSS avait fait une dernière apparition en public lors des obsèques de celle qu'il avait tant aimée, Françoise Giroud. AP

Bulent ECEVIT - 05.11.2006

Les Turcs rendent un dernier hommage à l'ancien Premier ministre Ecevit

ANKARA (AFP) - Une foule nombreuse s'est rassemblée dès les premières heures de samedi matin dans le centre d'Ankara pour rendre un dernier hommage à l'ancien Premier ministre turc Bulent Ecevit, mort dimanche dernier à l'âge de 81 ans.

La dépouille de M. Ecevit a été transporté d'abord de la clinique militaire où il s'est éteint au siège du parti de la gauche démocratique (DSP) qu'il a dirigé jusqu'en 2002.

Une office religieux s'est tenu dans cette clinique avec la participation de plusieurs hauts dignitaires politiques et militaires.

De nombreux sympathisants de sa cause politique l'ont attendu dans le froid devant le siège du DSP, brandissant ses effigies et des drapeaux turcs et ceux du parti aux couleurs bleu et blanc.

Puis le corbillard, accompagné d'un cortège, est arrivé au parlement où M. Ecevit avait été pour la première fois élus député en 1957. Le chef de l'Etat Ahmet Necdet Sezer, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ainsi que son principal rival politique, l'ancien Premier ministre et président de la République Süleyman Demirel, ont assisté à une courte cérémonie.

Kenan Evren, l'ex-homme fort du coup d'Etat militaire de 1980, après lequel M. Ecevit avait été brièvement emprisonné, était également présent.

M. Ecevit, Premier ministre à cinq reprises et retiré de la vie politique en 2002, est décédé des suites d'une insuffisance respiratoire et circulatoire à l'hôpital militaire d'Ankara où il avait été admis le 18 mai après une hémorragie cérébrale.

Il était très respecté surtout pour sa probité dans une classe politique minée par des affaires de corruption. Il était également considéré par les Turcs comme l'homme de Chypre, ayant ordonné en 1974 aux troupes turques d'intervenir contre l'île en riposte à un coup d'Etat d'ultranationalistes chypriotes grecs soutenus par la junte alors au pouvoir à Athènes, qui voulaient rattacher l'île à la Grèce.

Des obsèques nationales seront organisées en fin de matinée après une prière dans la plus grande mosquée d'Ankara, Kocatepe, où des dizaines de milliers de personnes étaient attendues.

M. Ecevit sera inhumé dans un cimetière national où sont enterrés les anciens présidents turcs. Une loi spéciale a été adoptée à l'initiative du gouvernement pour que M. Ecevit puisse y être enterré.

La police a pris d'importantes mesures de sécurité pour assurer l'ordre pendant les obsèques qui coïncide avec un grand congrès du parti de la Justice et du Développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir, et pas moins de 10.000 policiers seront déployés, selon les médias.

Pieter WILLEM BOTHA - 28.10.2006

Mort de l'ancien président sud-africain P.W. Botha- 31.10.06

LE CAP (AP) - L'ancien président sud-africain Pieter Willem Botha est mort à l'âge de 90 ans, a annoncé mardi l'agence de presse sud-africaine SAPA. Le "grand crocodile" avait dirigé le pays de 1978 à 1989, pendant les années les plus dures de l'apartheid, au plus fort de l'isolement international et des violences raciales.

Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, qui était interdit comme organisation terroriste sous le régime de Botha, a été l'une des premières organisations à présenter ses condoléances dans un communiqué.

Pieter Botha s'est éteint dans la soirée à son domicile à Wilderness, où il vivait reclus ces dernières années, loin des changements de l'Afrique du Sud de l'après-apartheid.

Surnommé "le grand crocodile" et connu pour son style autoritaire, Pieter Botha avait résisté aux pressions croissantes pour la libération du plus célèbre prisonnier politique du pays, le futur président Nelson Mandela, qui fut libéré en 1990 par son successeur, le dernier président blanc Frederik de Klerk. Ce dernier allait engager l'Afrique du Sud sur la voie des premières élections multiraciales en 1994, portant au pouvoir Nelson Mandela.

P.W. Botha aimait à se présenter comme le premier dirigeant sud-africain à avoir engagé des réformes de l'apartheid, mais il avait pourtant fermement défendu le cadre du régime, refusant d'accorder le droit de vote aux noirs, restreignant considérablement les activités des organisations politiques noires et faisant arrêter plus de 30.000 personnes.

Il avait cherché le soutien des métis et des indiens avec des mesures de libéralisation, levant notamment les restrictions sur les mariages interraciaux. Mais chaque avancée était suivie d'un contre-coup: en 1986, il décrétait l'état d'urgence et engageait la pire répressions en plus de quatre décennies d'apartheid.

La commission vérité et réconciliation, instituée par le gouvernement de Mandela pour enquêter sur les abus sous le régime de l'apartheid, avait conclu en 1998 que Pieter Botha avait commis des violations flagrantes des droits de l'Homme. Mais sa santé défaillante lui avait permis d'échapper à des poursuites.

Né le 12 janvier 1916, Pieter Botha, fils d'un agriculteur de l'Etat libre d'Orange, abandonne ses études universitaires en 1935 pour travailler à l'organisation du Parti national. Durant la Seconde guerre mondiale, il rejoint la Ossewabrandwag, une organisation favorable aux nazis.

En 1948, Pieter Botha est élu au Parlement, l'année de l'arrivée au pouvoir du Parti national, qui commence à élaborer la législation de l'apartheid. Entré au gouvernement en 1961, il est nommé ministre de la Défense en 1966 puis Premier ministre en 1978 avant d'être élu président en 1984.

Victime d'une attaque en janvier 1989, Botha démissionne de la tête du parti National où lui succède De Klerk, alors ministre de l'Education. Mais il reste à la présidence et organise une rencontre secrète avec Mandela, dénoncée par ses critiques comme une tentative pour démontrer sa supériorité sur De Klerk.

"J'étais très nerveux de voir M. Botha", a raconté Mandela dans ses mémoires. "Il me semblait l'incarnation de l'Afrikaner à l'ancienne, raide et entêté, qui ne parlait pas avec les responsables noirs mais leur donnait des ordres. Je me suis promis que s'il se comportait sur ce ton autoritaire avec moi, je devrais l'informer que je trouvais ce type de comportement inacceptable".

Mais lors de cette rencontre, P. W. Botha se montre affable, courtois et respectueux, "désarmant complètement" Mandela, jusqu'à ce que ce dernier lui demande la libération de tous les prisonniers politiques, y compris lui-même, sans condition. "Ce fut le seul moment de tension de la rencontre et M. Botha m'a dit qu'il craignait de ne pas pouvoir faire ça".

Un mois plus tard, Botha provoque et perd, un affrontement politique avec Frederik de Clerk. Il est contraint de démissionner.

En 1997, il refusera de se présenter devant la Commission vérité et réconciliation présidée par l'archevêque Desmond Tutu, dénonçant un "cirque". Reconnu coupable d'outrage à la cour pour avoir refusé de témoigner sur son rôle en tant que président du redouté Conseil de sécurité sud-africain, il est condamné à un an de prison avec sursis, mais avait gagné en appel sur un point de procédure.

Dans son rapport final en 1998, la commission conclut que Botha a donné l'ordre de l'attentat à la bombe contre un immeuble de Johannesburg abritant un groupe anti-apartheid et est directement responsable de l'attentat perpétré en 1987 contre les locaux du Congrès national africain (ANC) à Londres. AP

24/09/2006

Jean-Claude CARPENTIER - 18.09.2006

Le cancer a finalement eu raison du courage de Jean-Claude Carpentier, bourgmestre ff de Mons

MONS C'est avec une tristesse immense, la voix tremblante, qu'Elio Di Rupo, bourgmestre en titre de Mons, a annoncé, hier matin, le décès de Jean-Claude Carpentier, l'homme à qui il avait confié les clés de la ville le temps de sa mission à la tête de la Région wallonne.

Très affaibli par un cancer contre lequel il a lutté pendant dix ans, le bourgmestre faisant fonction de Mons, âgé de 64 ans, a fini par baisser sa garde face à la maladie qui a eu raison de lui au cours de la nuit de dimanche à lundi, à 2 h 30. "Il s'est éteint cette nuit à l'hôpital Ambroise Paré, après avoir reçu la visite de son fils qui était à l'étranger et qui a juste eu le temps de revenir pour voir son père, une dernière fois . Vendredi soir, il a dû malheureusement être à nouveau hospitalisé, sa maladie s'étant subitement aggravée, a expliqué, hier midi, Elio Di Rupo, visiblement très affecté par la disparition d'un ami. Cela fait une dizaine d'années qu'il vivait avec cette maladie qu'il a gérée avec un courage exceptionnel. Il savait que l'issue serait fatale. Mais, même sachant cela, il avait la volonté d'arriver aux élections communales."

Et de reprendre, une fois le scrutin passé, du moins s'il en avait encore la force, son rôle de bourgmestre ff. Une position qu'il a occupée pendant un peu moins d'un an, depuis le 5 octobre 2005. "Quand je lui ai demandé de me remplacer à la ville, il m'a dit qu'il se sentait apte à assurer sa tâche et depuis un an, il a travaillé comme peu de personnes le peuvent. Quelques heures avant d'entrer à l'hôpital, vendredi, il travaillait encore."

Échevin pendant 18 ans, bourgmestre ff pendant 1 an, président du CPAS pendant 10 ans, ancien collaborateur de 10 ministres, Jean-Claude Carpentier était un dinosaure de la politique montoise. Ce qu'on retiendra de ce municipaliste convaincu, c'est une intégrité absolue et une humilité incomparable dans le monde politique. Bien qu'ayant occupé d'importantes fonctions, il n'a jamais quitté sa petite maison de cité à Hyon où il partageait un bonheur sans ombre depuis quarante ans avec son épouse Jeanine, jusqu'au jour où cette maudite maladie en a décidé autrement.

03/09/2006

Nellie CONNALLY - 02.09.2006

Mort de Nellie Connally, dernière passagère survivante de la limousine dans laquelle a été tué John Fitzgerald Kennedy

AUSTIN, Texas (AP) - Nellie Connally, la dernière survivante parmi les passagers de la limousine à bord de laquelle le président américain John Fitzgerald Kennedy a été assassiné, est morte à l'âge de 87 ans, a annoncé samedi sa famille. Nellie Connally, veuve du gouverneur John Connally, est s'est éteinte vendredi dans son sommeil à Austin, au Texas, a précisé Julian Read, ancien attaché de presse du gouverneur, dans les années 1960.

Elle avait déclaré que l'image la plus dure qu'elle gardait du 22 novembre 1963, jour de l'assassinat de JFK à Dallas, était un mélange de sang et de roses.

"C'est l'image de roses jaunes et rouges et du sang partout sur la voiture... sur nous", avait-elle déclaré en 2003, dans un entretien à l'Associated Press. "je ne l'oublierai jamais. ...Cela a été si rapide et si court, si fort."

Alors que la limousine conduisait les couples Connally et Kennedy à travers la foule de Dallas, Nellie Connally se tournait vers le président américain, qui était assis derrière elle, et lui déclarait : "M. le président, vous ne pouvez pas dire que Dallas ne vous aime pas".

Presque immédiatement, elle entendait le premier de ce qu'elle avait estimé plus tard être trois coups de feu rapprochés. AP

19/08/2006

Alfredo STROESSNER - 16.08.2006

Lex-dictateur paraguayen Stroessner est mort en exil au Brésil- 16.08.06

BRASILIA (AFP) - L'ex-dictateur paraguayen Alfredo Stroessner est décédé mercredi de specticémie grave à l'âge de 93 ans à Brasilia, où il s'était réfugié en 1989 pour échapper à la justice de son pays.

Stroessner est mort "vers 11H20" (16H20 GMT) de "septicémie grave" à la suite d'une pneumonie qu'il avait attrappée après avoir été opéré d'une hernie le 29 juillet dernier, selon un bulletin médical de l'hôpital Santa Luzia de Brasilia où Stroessner était interné.

Ses médecins avaient indiqué mardi, veille de son décès, que l'ex-dictateur, un colosse d'1,90 m, ne pesait plus que 45 kilos. Le week-end dernier, son état s'était aggravé en raison d'une pneumonie. Il était en soins intensifs à l'hôpital Santa Luzia de Brasilia.

Il y a quelques années il avait eu un cancer de la peau et depuis lors, il vivait reclus dans une maison de deux étages au bord du lac de Brasilia en compagnie de l'un de ses fils (expulsé de l'armée paraguayenne) le colonel Gustavo Stroessner et de six domestiques et agents de sécurité, tous Paraguayens, selon des membres de la communauté paraguayenne à Brasilia.

Alfredo Stroessner s'était réfugié au Brésil depuis qu'il avait été chassé du pouvoir en février 1989 par un coup d'Etat dirigé par le chef de l'armée, le général Andres Rodriguez.

Stroessner avait lui aussi conquis le pouvoir par un putsch le 4 mai 1954 et s'était fait réélire huit fois, face à des candidats d'opposition fantoches, parvenant à se maintenir à la tête du Paraguay pendant presque 35 ans.

La justice brésilienne avait rejeté deux demandes d'extradition présentées par la justice paraguayenne qui voulait le juger pour l'assassinat d'opposants à son régime.

"Le rendre aurait causé de grands troubles au Paraguay", pays qui a une frontière commune de 1.290 km avec le Brésil, a expliqué à l'AFP Ricardo Seitenfus, spécialiste en relations internationales et professeur à l'université Santa Maria (Rio Grande do Sul, sud du Brésil).

On estime qu'il y a eu, entre 1954 à 1989, au moins un millier d'assassinats et de disparitions pour des motifs politiques (3.000 selon l'opposition) et que deux millions de Paraguayens (un tiers de la population) choisirent le chemin de l'exil politique ou économique sous son régime.

Dans les années 1970, le général Stroessner avait participé au Plan Condor, une opération concertée d'élimination des opposants des dictatures militaires argentine, chilienne, brésilienne, bolivienne, uruguayenne et paraguayenne.

Le général Alfredo Stroessner fut un "dictateur cruel" qui ne s'est jamais repenti de ses crimes, a déclaré à l'AFP Martin Almada, un avocat défenseur des droits de l'homme qui a révélé l'existence des dénommées "Archives de la terreur".

Stroessner était né le 3 novembre 1912 à Encarnación, à 370 km au sud-est d'Asuncion.

De son mariage avec Eligia Mora, une humble institutrice qui est morte en février 2006 à Asuncion, il a eu trois enfants: Gustavo, Graciela Concepción et Hugo Alfredo.

Ce dernier est décédé en 1993 à 46 ans après avoir pris des barbituriques.

Le dictateur avait aussi donné l'asile à d'autres dictateurs comme le nicaraguayen Anastasio Somoza, qui fut assassiné par un commando de guerrilleros argentins en 1980, en pleine Asuncion. La recherche des auteurs de l'attentat est considéré comme l'un des moments les plus durs du régime.

Mais Stroessner eut aussi des admirateurs qui baptisèrent des places, des rues, des hôpitaux, écoles, villages et des villes de son nom ou de celui de ses proches.