28/05/2007

Edward BEHR - 26.05.2007

EDWARD BEHR -  26.05.2007

Le journaliste et écrivain britannique Edward Behr, qui a couvert de nombreux conflits dans le monde notamment pour le magazine américain Newsweek, est décédé samedi à Paris à l'âge de 81 ans, a-t-on appris dimanche auprès de sa famille

Né en 1926 à Paris, où il a été correspondant de l'agence Reuter au début des années 1950, Edward Behr a ensuite travaillé successivement pour les magazines Time et Life, le Saturday Evening Post, avant d'entrer à Newsweek.

Grande figure de la presse internationale, Edward Behr a notamment couvert la guerre d'Algérie, les conflits opposant l'Inde à la Chine et au Pakistan, la guerre du Vietnam et l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en 1968. Il est l'auteur de nombreux livres, parmi lesquels des biographies de l'empereur du Japon Hirohito et du dernier empereur de Chine, Pu Yi. Edward Behr a également mené une carrière de reporter-réalisateur de télévision, notamment pour la BBC et des chaînes françaises et suisses.

L'un de ses ouvrages les plus connus, "Y a-t-il ici quelqu'un qui a été violé et qui parle anglais?" (1978) - une question lancée par un journaliste à la recherche de témoignages en 1961 au Congo -, est à la fois l'éloge et la satire du journaliste tel qu'il l'a pratiqué pendant plus de 50 ans.

31/03/2007

Theo MATHY - 27.03.2007

Théo Mathy, le "Monsieur vélo" de la RTBF à la grande époque du cyclisme belge, est décédé dans la nuit de lundi à mardi chez lui à Sombreffe Né à Namur le 23 octobre 1924, Théo Mathy a débuté sa carrière de journaliste en presse écrite, au journal Les Sports, puis à La Cité. Il a ensuite participé à la naissance de la télévision en rejoignant la rédaction sportive de la RTBF. Il est d'ailleurs resté fidèle à la RTBF télévision jusqu'à l'âge de la pension. Théo Mathy avait une connaissance quasi-encyclopédique du sport belge et étranger. Il est d'ailleurs l'auteur d'un "Dictionnaire des sports et des sportifs belges", toujours très utilisé par ses confrères francophones et néerlandophones du pays.Théo Mathy a commenté son premier Tour de France à la RTBF en 1949, année de la première victoire de Fausto Coppi, au total il en a couvert 40 avant de prendre sa retraite et de revenir quelque peu sur le devant de la scène médiatique en 2004, l'année du grand départ du Tour de France en Wallonie et de son livre "Mémoire du Tour et des Wallons". Au total, Théo Mathy aura commenté plus de 1000 courses. La réaction d’Eddy Merckx à la mort de Théo Mathy : "C'est lui qui avait fait mon premier interview télévisé lorsque j'étais devenu champion de Belgique des débutants, en 1962. Il faut le faire, c'était le début de la télévision et il venait interviewer un jeune cycliste de 17 ans. Malheureusement ces archives là ont été perdues par la RTBF lors du déménagement de la Place Flagey au Boulevard Reyers. A l'époque nous habitions le même quartier à Woluwé-Saint-Pierre, il était aussi client de l'épicerie que tenaient mes parents. Il m'a accompagné durant toute ma carrière par la suite. Je l'avais encore vu il y a un bon mois et il m'avait dit qu'il n'allait pas bien. C'est triste de le perdre."

18/11/2006

Bertrand POIROT DELPECH - 14.11.2006

Décès du journaliste et académicien Bertrand Poirot-Delpech - 14.11.06
Par Claude CASTERAN

PARIS (AFP) - Le journaliste, romancier et essayiste Bertrand Poirot-Delpech, membre de l'Académie française, est décédé mardi à son domicile à Paris des suites d'une maladie, à l'âge de 77 ans, a indiqué sa famille à l'AFP.

Bertrand Poirot-Delpech, ce "contestataire élégant" qui plaçait l'écriture et la lecture au-dessus de tout, aura passé plus d'un demi-siècle au journal Le Monde où il a assuré les chroniques judiciaire, théâtrale puis littéraire.

"Quand auront sévi et sombré toutes les techniques imaginables de communication, vous verrez que livres et journaux resteront le recours suprême contre l'ignorance, la bêtise et la laideur", aimait dire cet inlassable défenseur de la langue française.

BPD, comme disait son entourage, laisse aussi le souvenir d'un écrivain humaniste, tendre et ironique, observateur critique de la bourgeoisie, auteur d'une vingtaine de livres, surtout des romans, comme "Le Grand Dadais" (prix Interallié 58), "La Folle de Lituanie" (Grand prix du roman de l'Académie française 70), "L'été 36", "La légende du siècle", "Bonjour Sagan", "Monsieur Barbie n'a rien à dire", "Traversées" ou "J'écris Paludes".

Il avait coécrit en 2002 le livre d'Ida Grinspan "J'ai pas pleuré", récit d'une jeune juive déportée à Auschwitz.

Pour la fondatrice du Monde des Livres, aujourd'hui décédée, Jacqueline Piatier, BPD était un "contestataire élégant", pourvu d'une chevelure blonde "de pâtre grec et de yeux bleus perdus dans le vague ou pétillants de malice".

Bertrand Poirot-Delpech est né en février 1929 à Paris, d'une famille de médecins et universitaires. Comme son nom, ses ascendants se partagent entre les Vosges et Montpellier où il compte plusieurs ancêtres chirurgiens.

Il entre au Monde en 1951 où il couvre les grands procès qui, dit-il, lui "coupent davantage le souffle que les pièces de Shakespeare". Il devient ensuite critique théâtral, puis feuilletoniste du Monde des Livres en 1972. BPD occupera cette fonction pendant 17 ans, exerçant toujours élégamment son "art du trait", avec sa manière si sûre de restituer un climat.

Malgré une étiquette d'homme de gauche et un âge relativement tendre --ce qui en fera alors le benjamin de l'Académie française--, il est élu sous la Coupole en 1986, au fauteuil de Jacques de Lacretelle.

Dans son discours de bienvenue, Alain Decaux lui lance : "même quand vous sortez de chez vous, un accordéon attaché à l'épaule, vêtu d'un chandail que vos amis ont parfois vu troué aux coudes, vous restez le descendant de cette dynastie bourgeoise (...), vous le demeurez lorsque vous enfourchez votre moto. On peut tout attendre de votre goût de la farce. Gare aux bustes de marbre qui ornent nos antichambres!".

En 1989, après avoir lu des milliers et des milliers de pages, animé par un désir "d'école buissonnière", il se voit attribuer, toujours au Monde, une libre chronique hebdomadaire intitulée "Diagonales".

Il y fait partager son goût pour la mer, dénonce les "faux-semblants" de la politique ou "les dérives d'une société où la prime à l'émotionnel brouille toute raison", évoque le drame de l'ex-Yougoslavie...

En juillet 2002, il consacre son dernier billet aux rencontres "intellectuelles" de Pontigny (1910-1939) et de Cerisy (depuis 1952). "Avec les récitals et les lavoirs illuminés", elles "attestent la survie d'un luxe bien français, d'une coquetterie nationale : savoir deviser sous l'arbre sur un peu tout, refaire le monde à la fraîche, causer un brin", écrivait-il.

Bon joueur de tennis et grand amateur de voile, BPD était père de trois enfants. Il était président d'honneur du Syndicat professionnel de la critique dramatique et musicale, président du conseil d'administration du Musée-mémorial des enfants d'Izieu (Ain) et avait collaboré à diverses adaptations pour le cinéma et la télévision.

Jean-Jacques SERVAN SCHREIBER - 06.11.2006

Décès de Jean-Jacques Servan-Schreiber à 82 ans

PARIS (AP) -- Il avait fondé "L'Express" avec Françoise Giroud dans les années 1950. Jean-Jacques Servan-Schreiber, à la fois patron de presse, écrivain et homme politique est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'hôpital de Fécamp (Seine-Maritime).
Atteint d'une forme de dégénérescence qui affectait sa mémoire, "JJSS", 82 ans, vivait dans sa résidence secondaire de Veulettes-sur-Mer (Seine-Maritime). Il avait été hospitalisé dimanche à la suite d'une bronchite.
Jean-Jacques Servan-Schreiber était né le 13 février 1924 à Paris. Fils aîné d'Emile Servan-Schreiber, co-directeur du journal "Les Echos", c'est un élève excellent, doué et travailleur. Il intègre Polytechnique mais n'exercera jamais le métier d'ingénieur: il préfère faire ses débuts au "Monde", engagé par Hubert Beuve-Méry comme éditorialiste en politique étrangère.
En 1951, Jean-Jacques Servan-Schreiber rencontre la journaliste Françoise Giroud, avec qui il ouvre la grande aventure de "L'Express". Avec ce journal, fondé en 1953, ils marquent profondément l'histoire de la presse française.
Les débuts sont difficiles. Mais François Mauriac, en disgrâce avec "Le Figaro", rejoint l'équipe, avant que Jean-Paul Sartre, Albert Camus, André Malraux n'apportent eux aussi leur talent. Dans les colonnes de "L'Express", JJSS soutient ouvertement la politique de Pierre Mendès-France, dénonce les "événements" d'Algérie et leur cortège de tortures et d'exactions, ce qui lui vaut plusieurs saisies.
Les années 1960 sont un tournant pour le fondateur de "L'Express". Opposé au retour du général de Gaulle, l'hebdo voit son audience diminuer, tandis qu'à la même époque, la famille Servan-Schreiber perd le contrôle des "Echos" et JJSS se fâche avec son mentor Mendès-France.
Il divorce aussi de sa première épouse, l'écrivain Madeleine Chapsal, quitte sa maîtresse François Giroud et épouse Sabine Becq de Fouquières avec laquelle il aura quatre fils (David, Emile, Franklin et Edouard).
Admirateur du modèle américain, il publie alors "Le Défi américain", paru en 1967, qui reste aujourd'hui le plus gros succès de librairie pour un essai politique. Le livre, traduit en 15 langues, s'est vendu à des millions d'exemplaires dans le monde. Sa bonne connaissance des Etats-Unis et ses prises de position avait amené Jean-Jacques Servan-Schreiber à être contacté par le président américain John Fitzgerald Kennedy, alors sénateur, qui s'intéressait aux problèmes de la décolonisation.
Proche de François Mitterrand comme de Valéry Giscard d'Estaing, qu'il a connu à Polytechnique, l'homme de presse est aussi attiré par la politique et décide finalement de s'y engager. Il devient député de Nancy en 1970, après avoir mené une campagne à l'américaine. Il est président du Conseil régional de Lorraine et président du Parti radical entre 1971 et 1979.
Orateur brillant ayant une vraie capacité à convaincre, il inspire Valéry Giscard d'Estaing pour sa campagne présidentielle victorieuse de 1974. Mauvais négociateur, Jean-Jacques Servan-Schreiber ne parvient à s'imposer: éphémère ministre des Réformes de VGE du 27 mai au 9 juin 1974, il sera écarté par Jacques Chirac, Premier ministre, qui le surnomme le "turlupin".
L'homme de presse vend son journal en 1977, privé de cet important soutien financier, sa carrière politique sombre. Il reste toutefois le père fondateur de l'UDF qui aider Giscard à contenir la montée en puissance du RPR de Jacques Chirac aux élections législatives de 1978. Après un nouvel échec aux élections européennes, où il présente une liste "Emploi, Egalité, Europe" avec Françoise Giroud, Jean-Jacques Servan-Schreiber abandonne définitivement sa carrière politique.
Ruiné, il s'envole pour les Etats-Unis avec ses quatre fils qui seront formés à la prestigieuse université de Pittsburgh. Jean-Jacques Servan-Schreiber revient en France dans les années 1990. Souffrant d'une forme de dégénérescence affectant sa mémoire, il écrit son dernier article en 1996.
Réfugié depuis dans sa maison de campagne de Veulettes (Seine-Maritime) avec son épouse, JJSS avait fait une dernière apparition en public lors des obsèques de celle qu'il avait tant aimée, Françoise Giroud. AP

21/10/2006

Jean GUY - 19.10.2006

capture142Décès du journaliste Jean Guy- 19.10.06

 
Jean Guily, dit Jean Guy, figure marquante du journalisme carolorégien, est décédé ce jeudi 19 octobre dans la soirée. Agé de 67 ans, il s'est éteint au terme d'une longue et pénible maladie.

Professeur, puis préfet de l'Athénée Jules Destrée à Marcinelle, il a d'emblée été mordu par le virus du journalisme. Jean Guy est ainsi devenu chroniqueur politique. Son trait féroce fut remarqué, tout d'abord, au Journal de Charleroi, puis à La Nouvelle Gazette, où il créa la rubrique des "Indiscrétions de Jean Guy", dans laquelle il passait en revue les petits et grands événements de la vie politique carolorégienne.

Il avait aussi collaboré à l'hebdomadaire Métro, à Charleroi, créé dans les années septante par René-Pierre Hasquin avant que la revue n'entre dans le giron du "Vif l'Express. En 1985, Jean Guy avait quitté La Nouvelle Gazette pour devenir le rédacteur en chef du quotidien Le Peuple et du Journal.

La situation financière précaire des deux journaux socialistes avaient d'ailleurs contraint les deux quotidiens à fusionner. Jean Guy y est resté jusqu'à la disparition de ces deux titres qui laissèrent place au Matin. (belga)

14/10/2006

Anna POLITKOVSKAIA - 08-10-2006

Russie: Anna Politkovskaïa, rare journaliste à couvrir la Tchétchénie, tuée à Moscou
Par Delphine THOUVENOT

MOSCOU (AFP) - La journaliste russe Anna Politkovskaïa, célèbre jusqu'en Occident pour sa couverture très critique de la guerre en Tchétchénie et l'une des rares à couvrir ce conflit oublié, a été tuée par balles samedi à Moscou.

Son corps a été découvert en fin d'après-midi par une voisine dans l'ascenseur de son immeuble. Le Parquet a ouvert une enquête pour "meurtre avec préméditation".

Primée à l'étranger, notamment par le Pen Club International et en 2003 par le prix du Journalisme et de la Démocratie de l'OSCE, elle avait publié plusieurs livres, dont "Voyage en enfer. Journal de Tchétchénie", qui avait eu un large écho lors de sa sortie en 2000 en France.

Rare journaliste russe à couvrir encore la deuxième guerre de Tchétchénie, lancée par Moscou en octobre 1999, elle écrivait régulièrement dans le bi-hebdomadaire Novaïa Gazeta de longs articles dénonçant les assurances de normalisation en Tchétchénie du président Vladimir Poutine.

Très critique de la politique de Moscou dans le Caucase mais aussi plus largement du tournant autoritaire pris par le régime de M. Poutine, cette quadragénaire aux cheveux poivre et sel et au verbe acéré venait de publier "La Russie selon Poutine", paru au printemps en France.

"Il est évident que la première version qui vienne à l'esprit est celle d'un meurtre lié à ses activités professionnelles", a commenté Vitali Tretiakov, rédacteur en chef du journal Moskovskie Novosti.

"Elle a écrit tant de choses la mettant en danger, elle était devenue si célèbre ces dernières années, qu'il semblait qu'elle était intouchable", a réagi Tatiana Lokchina, directrice de l'ONG Demos et auteur de nombreux rapports sur les violations des droits de l'Homme en Tchétchénie.

"Elle ne disait pas se sentir menacée", a ajouté Mme Lokchina, qui venait de participer à une conférence sur la Tchétchénie à Stockholm avec Mme Politkovskaïa, fréquente invitée de colloques sur la Tchétchénie à l'étranger.

Alors qu'elle se rendait en avion à Beslan pour couvrir la prise d'otages en septembre 2004 dans une école de cette petite ville du Caucase par un commando pro-tchétchène, la journaliste avait été victime d'une intoxication. Elle avait accusé les autorités d'avoir empoisonné le thé qui lui avait été servi à bord.

En février 2001, cette lauréate de la Plume d'or (prix de l'Union des journalistes de Russie) avait été détenue plusieurs jours par les forces russes en Tchétchénie, une arrestation qu'elle avait alors liée à son enquête sur un centre de détention de l'armée.

"Pour la Tchétchénie, c'est une grande tragédie, c'était une des dernières journalistes à couvrir la guerre, à rapporter avec constance les violations des droits de l'Homme", ajoute Mme Lokchina, évoquant ses articles sur les abus commis par les forces fédérales mais aussi, de plus en plus ces dernières années, par les milices redoutées du Premier ministre tchétchène pro-russe, Ramzan Kadyrov, l'homme fort de Moscou dans la république du Caucase.

"Elle critiquait beaucoup Kadyrov, elle était l'une des rares à se le permettre", relève la défenseuse des droits de l'Homme.

Son dernier article dans Novaïa Gazeta, au début du mois, intitulé "Entente punitive", évoquait la terreur menée par les milices de Ramzan Kadyrov, officiellement intégrées aux forces fédérales.

Le dernier meurtre retentissant d'un journaliste en Russie est celui du journaliste américain Paul Klebnikov, rédacteur en chef de l'édition russe du magazine américain Forbes, tué à Moscou en juillet 2004.

La chaîne de télévision privée NTV ouvrait son journal sur le meurtre de Mme Politkovskaïa, rappelant que la journaliste avait accepté en octobre 2002 de servir de négociatrice lors de la prise d'otages dans un théâtre de Moscou par un commando pro-tchétchène.

16/09/2006

Oriana FALLACI - 15-09-2006

ROME (AFP) - La journaliste italienne mondialement connue, Oriana Fallaci, dont les essais au vitriol contre l'islam ont suscité d'énormes polémiques, est morte dans la nuit de jeudi à vendredi à Florence à l'âge de 77 ans.

Au-delà des controverses, "La Fallaci" comme l'appelaient les Italiens, a aussi été une grande intervieweuse des puissants du monde et un écrivain reconnu avec des romans comme "Lettre à un enfant jamais né (1975), "Un homme" (1979) ou "Inchallah" (1990).

Cette passionaria du journalisme - visage fin encadré de cheveux bruns, une cigarette le plus souvent au bout des doigts - se battait depuis plusieurs années contre un cancer. Elle est décédée dans une clinique privée de Florence, la ville où elle était née le 29 juin 1929.

Vivant la plupart du temps à New York, elle avait été hospitalisée il y a quelques jours, selon l'agence Ansa.

Cette ancienne reporter de guerre avait fait scandale avec "La rage et l'orgueil", un brûlot antimusulman qui lui a valu des poursuites en justice, en France notamment par des associations antiracistes qui avaient perdu leur procès.

Cet ouvrage, écrit sous le choc des attentats du 11 septembre qu'elle avait vécus sur place, le plus vendu de l'année 2002 en Italie, était devenu un best-seller mondial.

Cette fille de résistant antifasciste y dénonçait violemment la culture musulmane, considérée comme inférieure à la culture occidentale et y alignait les phrases à connotation raciste comme "les fils d'Allah se multiplient comme des rats".

Elle affirmait que les imams sont "d'une manière ou d'une autre les guides spirituels du terrorisme" et que les mosquées "surtout en Italie (...) grouillent jusqu'à la nausée de terroristes ou aspirants terroristes".

Dans la même veine scandaleuse, elle avait ensuite publié "La force de la raison" (2004) où elle dénonçait la démission de l'Occident face à l'islam puis une "auto-interview" tout autant controversée ("Orianna Fallaci interviewe Oriana Fallaci", 2004), écrite parce qu'elle avait "la mort sur elle" et encore tant de choses à dire.

Passée de la gauche, qui se déchaînera contre elle, à la droite où elle a été soutenue par le parti populiste de la Ligue du Nord, Oriana Fallaci se définissait comme une "athée chrétienne", une non croyante attachée à l'identité chrétienne.

Déjà très malade, elle avait été discrètement reçue par le pape Benoît XVI le 30 août 2005. Elle avait pourtant dans ses essais vivement critiqué l'Eglise catholique qui manquait à ses yeux de vigilance contre l'islam.

Entrée adolescente dans la résistance antifasciste, elle avait commencé sa carrière de journaliste à l'âge de 17 ans et couru tous les champs de bataille - de la guerre du Vietnam au Proche-Orient - notamment pour le Corriere della Sera, collaborant aussi à de nombreuses publications étrangères.

Elle s'est rendue célèbre pour ses interviews sans concession des puissants - Yasser Arafat, Indira Gandhi, Golda Meir, Deng Xiaoping - et a été l'une des rares femmes à interviewer Khomeiny en 1979.

La seule histoire d'amour connue de cette célibataire est sa liaison avec l'opposant au régime des colonels grecs assassiné, Alekos Panagoulis.

Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a rappelé qu'il n'avait pas été d'accord avec les derniers livres de la journaliste tout en reconnaissant que ses analyses "obligeaient à réfléchir", tandis que le chef de l'opposition Silvio Berlusconi
saluait "une grande journaliste qui n'avait jamais renoncé à sa liberté de penser.