18/11/2006

William STYRON - 01.11.2006

Décès de l'écrivain William Styron à l'âge de 81 ans

L'écrivain américain William Styron, qui dans son oeuvre a exploré les recoins les plus sombres de l'esprit et de la condition humaine, est décédé mercredi à l'âge de 81 ans à Martha's Vineyard, dans le Massachusetts.

Sa fille Alexandra a déclaré que l'auteur du "Choix de Sophie" était mort d'une pneumonie à l'Hôpital de Martha's Vineyard. Styron, qui possédait des domiciles à Martha's Vineyard et dans le Connecticut, souffrait depuis longtemps de problèmes de santé.

Natif de Virginie où son père était armateur, Styron a consacré l'essentiel de son oeuvre à son obsession des rapports entre les races, les classes sociales et le sentiment de culpabilité avec des romans tourmentés tels que "Les confessions de Nat Turner" pour lequel il s'était vu décerner le prix Pulitzer malgré la vague de protestation qu'il avait provoquée, ses détracteurs l'accusant de racisme et d'inexactitude.

Mais c'est incontestablement "Le Choix de Sophie" publié en 1979, l'histoire d'une survivante de l'Holocauste venue de Pologne, qui donnera à Styron une notoriété internationale grâce notamment à son adaptation au cinéma en 1982 et à l'interprétation de Meryl Streep qui lui vaudra l'Oscar du meilleur rôle féminin. AP

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Pieter WILLEM BOTHA - 28.10.2006

Mort de l'ancien président sud-africain P.W. Botha- 31.10.06

LE CAP (AP) - L'ancien président sud-africain Pieter Willem Botha est mort à l'âge de 90 ans, a annoncé mardi l'agence de presse sud-africaine SAPA. Le "grand crocodile" avait dirigé le pays de 1978 à 1989, pendant les années les plus dures de l'apartheid, au plus fort de l'isolement international et des violences raciales.

Le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, qui était interdit comme organisation terroriste sous le régime de Botha, a été l'une des premières organisations à présenter ses condoléances dans un communiqué.

Pieter Botha s'est éteint dans la soirée à son domicile à Wilderness, où il vivait reclus ces dernières années, loin des changements de l'Afrique du Sud de l'après-apartheid.

Surnommé "le grand crocodile" et connu pour son style autoritaire, Pieter Botha avait résisté aux pressions croissantes pour la libération du plus célèbre prisonnier politique du pays, le futur président Nelson Mandela, qui fut libéré en 1990 par son successeur, le dernier président blanc Frederik de Klerk. Ce dernier allait engager l'Afrique du Sud sur la voie des premières élections multiraciales en 1994, portant au pouvoir Nelson Mandela.

P.W. Botha aimait à se présenter comme le premier dirigeant sud-africain à avoir engagé des réformes de l'apartheid, mais il avait pourtant fermement défendu le cadre du régime, refusant d'accorder le droit de vote aux noirs, restreignant considérablement les activités des organisations politiques noires et faisant arrêter plus de 30.000 personnes.

Il avait cherché le soutien des métis et des indiens avec des mesures de libéralisation, levant notamment les restrictions sur les mariages interraciaux. Mais chaque avancée était suivie d'un contre-coup: en 1986, il décrétait l'état d'urgence et engageait la pire répressions en plus de quatre décennies d'apartheid.

La commission vérité et réconciliation, instituée par le gouvernement de Mandela pour enquêter sur les abus sous le régime de l'apartheid, avait conclu en 1998 que Pieter Botha avait commis des violations flagrantes des droits de l'Homme. Mais sa santé défaillante lui avait permis d'échapper à des poursuites.

Né le 12 janvier 1916, Pieter Botha, fils d'un agriculteur de l'Etat libre d'Orange, abandonne ses études universitaires en 1935 pour travailler à l'organisation du Parti national. Durant la Seconde guerre mondiale, il rejoint la Ossewabrandwag, une organisation favorable aux nazis.

En 1948, Pieter Botha est élu au Parlement, l'année de l'arrivée au pouvoir du Parti national, qui commence à élaborer la législation de l'apartheid. Entré au gouvernement en 1961, il est nommé ministre de la Défense en 1966 puis Premier ministre en 1978 avant d'être élu président en 1984.

Victime d'une attaque en janvier 1989, Botha démissionne de la tête du parti National où lui succède De Klerk, alors ministre de l'Education. Mais il reste à la présidence et organise une rencontre secrète avec Mandela, dénoncée par ses critiques comme une tentative pour démontrer sa supériorité sur De Klerk.

"J'étais très nerveux de voir M. Botha", a raconté Mandela dans ses mémoires. "Il me semblait l'incarnation de l'Afrikaner à l'ancienne, raide et entêté, qui ne parlait pas avec les responsables noirs mais leur donnait des ordres. Je me suis promis que s'il se comportait sur ce ton autoritaire avec moi, je devrais l'informer que je trouvais ce type de comportement inacceptable".

Mais lors de cette rencontre, P. W. Botha se montre affable, courtois et respectueux, "désarmant complètement" Mandela, jusqu'à ce que ce dernier lui demande la libération de tous les prisonniers politiques, y compris lui-même, sans condition. "Ce fut le seul moment de tension de la rencontre et M. Botha m'a dit qu'il craignait de ne pas pouvoir faire ça".

Un mois plus tard, Botha provoque et perd, un affrontement politique avec Frederik de Clerk. Il est contraint de démissionner.

En 1997, il refusera de se présenter devant la Commission vérité et réconciliation présidée par l'archevêque Desmond Tutu, dénonçant un "cirque". Reconnu coupable d'outrage à la cour pour avoir refusé de témoigner sur son rôle en tant que président du redouté Conseil de sécurité sud-africain, il est condamné à un an de prison avec sursis, mais avait gagné en appel sur un point de procédure.

Dans son rapport final en 1998, la commission conclut que Botha a donné l'ordre de l'attentat à la bombe contre un immeuble de Johannesburg abritant un groupe anti-apartheid et est directement responsable de l'attentat perpétré en 1987 contre les locaux du Congrès national africain (ANC) à Londres. AP

Tina AUMONT - 28.10.2006

TINA AUMONT - 28.10.06

L'actrice franco-américaine Tina Aumont, décédée samedi en France d'une embolie pulmonaire à l'âge de 60 ans, a accompli en Italie la plus belle partie de sa carrière, qui aura souffert d'une vie mouvementée, entre déceptions sentimentales et ennuis judiciaires liés à la drogue.

Sa naissance décidera de son destin: Tina --de son vrai prénom Christina-- Aumont est née le 14 février 1946 à Hollywood de l'union de deux acteurs, le Français Jean-Pierre Aumont et l'actrice d'origine dominicaine Maria Montez.

Son enfance est endeuillée par le décès tragique, alors qu'elle n'a que 5 ans, de sa mère, découverte morte dans sa baignoire, probablement d'une crise cardiaque.

Tina Aumont n'a que 16 ans quand elle se marie avec l'acteur et réalisateur français Christian Marquand --elle joue d'ailleurs au début sous ce nom--, qui la recommande à son ami Roger Vadim pour un rôle dans "La Curée", en 1966.

La même année, elle est Nicole dans "Modesty Blaise" de Joseph Losey.

Elle divorce après seulement deux ans de mariage. Sa carrière, qui a trouvé en 1967 le chemin de l'Italie, est d'ores et déjà lancée. La belle brune aux grands yeux accumule les rôles de femme attirante et sensuelle dans des longs métrages signés Bolognini ("Metello", 1970), Fellini ("Casanova", rôle d'Henriette, 1976) ou Rosi ("Cadavres exquis", 1976).

En 1976 encore, elle apparaît en Valentina dans "Nina" de Vincente Minnelli, au sein d'une distribution impressionnante (Ingrid Bergman, Liza Minnelli, Isabella Rossellini...).

Tina Aumont rencontre le peintre dandy Frédéric Pardo et s'établit ensuite à Rome, où elle mène grand train et se lie avec le producteur et réalisateur Fabrizio Lori.

Elle est bientôt inquiétée par la justice pour avoir fait entrer en Italie, en mars 1978, près de 400 grammes d'opium dissimulés dans des statuettes orientales expédiées de Thaïlande. Tina Aumont sera condamnée pour ces faits au début des années 1980 à une peine de 3 ans de prison, ramenée en appel à 9 mois.

Evoquant en 1982 dans "France Soir" ce séjour italien tumultueux, qui aura duré une dizaine d'années, l'actrice parlera d'"une envie de saccager (sa) propre existence".

Tina Aumont décide alors de ne plus tourner qu'en France, mais sa carrière ralentit singulièrement, avec des apparitions au petit écran (un épisode de la série "Maigret" en 1982) et dans des rôles secondaires au cinéma, de "La Bande du Rex" (1980) de Jean-Henri Meunier à "La mécanique des femmes" de Jérôme de Missolz (2000) en passant par "Les Frères Pétard" de Hervé Palud.

Tina Aumont est décédée samedi matin dans les Pyrénées-Orientales, où elle résidait, et sera inhumée au cimetière du Montparnasse à Paris à une date qui n'a pas été précisée par ses proches.

07/10/2006

Rafaël PIVIDAL - 06.10.2006

Vendredi 06 octobre 2006


Le romancier d'origine argentine Rafaël Pividal, virtuose de l'absurde et de la dérision, est décédé lundi à Paris des suites d'un cancer à l'âge de 72 ans.

Né en 1934 près de Buenos Aires, Pividal est l'auteur d'une vingtaine de romans. Doté d'une ironie mordante, ennemi des idées reçues, il avait obtenu le prix Goncourt de la nouvelle en 1991 pour "Le goût de la catastrophe".

Orphelin de père à l'âge de 10 ans, sa jeunesse en Argentine est marquée par une grande pauvreté et il doit travailler dès 14 ans pour continuer ses études. Après le le bac au lycée français de Buenos Aires, il s'installe à Paris où il entreprend des études de mathématiques qu'il abandonne pour la philosophie. En 1961, il est reçu à l'agrégation, à l'âge de 25 ans.

Prof de philo à Alger, en pleine guerre d'Algérie (1961-62), puis au lycée Condorcet à Paris, il obtient en 1964 un poste à la Sorbonne, où il enseignera la sociologie et l'art comme maître de conférence jusqu'à la fin de sa carrière.

En 1963, son premier roman, "Une paix bien intéressante", paraît aux éditions du Seuil. Il publie ensuite régulièrement des livres souvent brefs, denses, farfelus, des fables insolites pour traduire l'absurdité du monde.

Parmi ses textes les plus connus : "Pays-Sages" (1977), "La découverte de l'Amérique" (1981), "Grotius" (1986 - Prix Sainte Beuve) et "Les aventures ordinaires de Jacques Lamare" (1992). "94", publié en 1993, est un conte philosophique sous le signe du fantastique et de la science-fiction.

Esprit mathématique et philosophe, cet homme robuste à l'abondante chevelure grise invite à percevoir le dérisoire de l'existence dans le sillage de Kafka, Boris Vian ou Raymond Queneau.

Dans "Le petit Marcel" (1989), véritable vade-mecum du parasite, Pividal raconte l'histoire d'un pique-assiette qui écume le Paris mondain et les dîners en ville : "Notre culture basique internationale actuelle faite de ketchup, de pizza, de lumière tournoyante, de spots publicitaires, de télé et de rengaines ringardes nous donne enfin le droit à l'imbécillité sans complexe", note alors cet observateur intransigeant des dérives modernes.

En France, son oeuvre a principalement été publiée au Seuil, chez Grasset et au Quai Voltaire. "J'ai fait un énorme effort d'intégration à la culture française, mais je ne me sens d'aucun pays, en réalité", disait-il.

Longtemps engagé à gauche, sans jamais dépasser le stade de simple militant, Rafaël Pividal avait cessé toute activité politique après mai 1968.

Il vivait depuis une trentaine d'années discrètement en Normandie et ne regagnait Paris que pour donner ses cours. "La France est plus douée à gauche qu'à droite. Elle est maladroite, résumait-il. Pour ma part, né en Argentine, je suis par essence un gaucho".

Claude LUTER - 06.10.2006

Vendredi 06 octobre 2006


capture413.jpgLe chef d'orchestre et clarinettiste de jazz Claude Luter, décédé vendredi après-midi à l'Hôpital de Poissy (Yvelines) à l'âge de 83 ans, aura été un des jazzmen français les plus populaires pour avoir propulsé la musique New Orleans sur le devant de la scène.

Claude Luter, baigné dans la musique par son père, avait découvert le jazz à 15 ans, en 1938, et allait connaître la révélation en rencontrant Sidney Bechet en 1949.

A ses débuts en effet, Luter était influencé par Jonny Dodds et particulièrement reconnu pour le jeu en improvisation collective. Son jeu allait évoluer au contact de Bechet dont il allait rester un fidèle.

Après avoir d'abord tenté le cornet, Luter, qui pensait devenir radio dans la marine marchande, avait définitivement choisi la clarinette dont il jouait dans les salons comme dans son éphémère petit club, ouvert à Paris rue de Rennes, sous l'Occupation.

Le vrai début de sa carrière allait cependant attendre la Libération et la mode des clubs du Quartier latin, avec son installation en mai 1946 dans une cave d'hôtel, le célèbre Lorientais, rue des Carmes (Paris Ve), où il se produisait en trio d'abord, puis dans une formation plus étoffée.

Le tout-Paris venait écouter la nuit cet orchestre d'amateurs dans lequel jouait aussi l'écrivain et trompettiste Boris Vian et autour duquel se rassemblaient notamment Jean-Paul Sartre, Raymond Queneau et Simone de Beauvoir. Le Lorientais lancera la mode et l'âge d'or des caves de Saint-Germain-des-Prés. Suivront le Tabou, le Club Saint-Germain ou la Rose Rouge.

Au festival de Nice, en 1948, Luter et ses Lorientais représentent le jazz français et rencontrent Baby Dodds, Earl Hines et Louis Armstrong, dont Luter, à l'époque, a fait son maître, mais dont il est devenu l'égal. Les plus grands du jazz mondial viennent alors au Lorientais, où les amateurs, devenus professionnels, enregistrent leurs premiers disques tout en sillonnant l'Europe.

En 1949, l'orchestre déménage et s'installe au Club du Vieux-Colombier. Luter tourne dans "Rendez-vous de Juillet", de Jacques Becker, triomphe au festival d'Antibes et accompagne Sidney Bechet au festival de Paris.

L'orchestre de Luter est alors considéré comme le meilleur du jazz New Orleans. Il connaît d'innombrables succès, vend un million d'exemplaires des "Oignons" et se produit partout dans le monde. En France, le jazz jouit alors d'une popularité jamais atteinte.

En 1970, Luter sera invité par Armstrong à Los Angeles pour son 70e anniversaire. En 1977, il improvisera avec son orchestre un concert "roulant" au festival de Juan-les-Pins, suivi dans les rues par des centaines de fans.

Il avait rendu hommage à Bechet (mort en 1959) en mai 1997 à la Nouvelle-Orléans et en 2000, lors du festival Jazz à Juan, dont il était un habitué. Il était déjà là pour la première édition en 1960.

En septembre 2005, il donnait l'un de ses derniers concerts publics au Petit Journal Saint-Michel, dans le Quartier latin, à la tête de l'Orchestre de Claude Luter, et aux côtés de son fils, le trompetiste Eric Luter, 53 ans, qui a accompagné ses derniers instants.

09/09/2006

Steve IRWIN -04.09.2006

L'Australie appelée à se parer de kaki en hommage à Steve Irwin

BEERWAH (AFP) - Les fans du "chasseur de crocodile" australien Steve Irwin, qui a succombé lundi à une piqûre de raie, ont appelé l'Australie à honorer sa mémoire en revêtant sa couleur fétiche: le kaki.

L'initiative est partie d'internet où les fans de l'animateur de documentaires animaliers ont fait circuler des courriels appelant tous les aficionados à porter, vendredi, "quelque chose de kaki à la mémoire d'un grand homme".

Irwin, 44 ans, était en train de tourner dans la Grande Barrière de corail un documentaire intitulé "Mortel Océan" quand il a été attaqué par une raie pastenague. Il a été piqué par le dard de l'animal en pleine poitrine.

L'animateur et aventurier était une véritable icône en Australie où son décès brutal a provoqué une onde de choc.

Le journal Sydney's Daily Telegraph a rapporté que plusieurs hommes politiques du pays allaient observer la consigne, dont le leader de l'opposition travailliste, Kim Beazley, qui portera vendredi un pantalon kaki tandis que le Premier ministre de la Nouvelles-Galles-du-sud Morris, Iemma envisageait d'arborer, une cravate kaki.

Un réseau de radio australien (ARN) s'est également joint à l'intiative en organisant une opération "vendredi kaki" pour récolter des fonds pour la fondation de Steve Irwin dédiée à la protection des animaux sauvages.

Le gouvernement du Queensland (nord-est) avait proposé d'organiser des funérailles d'Etat pour l'aventurier mais sa famille a décliné l'offre, affirmant que "c'était quelqu'un comme les autres".

John Stainton, producteur et ami de long date du "Crocodile Hunter" (chasseur de crocodile) , a indiqué à la presse qu'un office privé se tiendrait dans la semaine mais qu'une cérémonie publique, où entre 5.000 et 50.000 personnes sont attendues, aurait lieu d'ici deux semaines.

03/09/2006

Nellie CONNALLY - 02.09.2006

Mort de Nellie Connally, dernière passagère survivante de la limousine dans laquelle a été tué John Fitzgerald Kennedy

AUSTIN, Texas (AP) - Nellie Connally, la dernière survivante parmi les passagers de la limousine à bord de laquelle le président américain John Fitzgerald Kennedy a été assassiné, est morte à l'âge de 87 ans, a annoncé samedi sa famille. Nellie Connally, veuve du gouverneur John Connally, est s'est éteinte vendredi dans son sommeil à Austin, au Texas, a précisé Julian Read, ancien attaché de presse du gouverneur, dans les années 1960.

Elle avait déclaré que l'image la plus dure qu'elle gardait du 22 novembre 1963, jour de l'assassinat de JFK à Dallas, était un mélange de sang et de roses.

"C'est l'image de roses jaunes et rouges et du sang partout sur la voiture... sur nous", avait-elle déclaré en 2003, dans un entretien à l'Associated Press. "je ne l'oublierai jamais. ...Cela a été si rapide et si court, si fort."

Alors que la limousine conduisait les couples Connally et Kennedy à travers la foule de Dallas, Nellie Connally se tournait vers le président américain, qui était assis derrière elle, et lui déclarait : "M. le président, vous ne pouvez pas dire que Dallas ne vous aime pas".

Presque immédiatement, elle entendait le premier de ce qu'elle avait estimé plus tard être trois coups de feu rapprochés. AP

19/08/2006

Alfredo STROESSNER - 16.08.2006

Lex-dictateur paraguayen Stroessner est mort en exil au Brésil- 16.08.06

BRASILIA (AFP) - L'ex-dictateur paraguayen Alfredo Stroessner est décédé mercredi de specticémie grave à l'âge de 93 ans à Brasilia, où il s'était réfugié en 1989 pour échapper à la justice de son pays.

Stroessner est mort "vers 11H20" (16H20 GMT) de "septicémie grave" à la suite d'une pneumonie qu'il avait attrappée après avoir été opéré d'une hernie le 29 juillet dernier, selon un bulletin médical de l'hôpital Santa Luzia de Brasilia où Stroessner était interné.

Ses médecins avaient indiqué mardi, veille de son décès, que l'ex-dictateur, un colosse d'1,90 m, ne pesait plus que 45 kilos. Le week-end dernier, son état s'était aggravé en raison d'une pneumonie. Il était en soins intensifs à l'hôpital Santa Luzia de Brasilia.

Il y a quelques années il avait eu un cancer de la peau et depuis lors, il vivait reclus dans une maison de deux étages au bord du lac de Brasilia en compagnie de l'un de ses fils (expulsé de l'armée paraguayenne) le colonel Gustavo Stroessner et de six domestiques et agents de sécurité, tous Paraguayens, selon des membres de la communauté paraguayenne à Brasilia.

Alfredo Stroessner s'était réfugié au Brésil depuis qu'il avait été chassé du pouvoir en février 1989 par un coup d'Etat dirigé par le chef de l'armée, le général Andres Rodriguez.

Stroessner avait lui aussi conquis le pouvoir par un putsch le 4 mai 1954 et s'était fait réélire huit fois, face à des candidats d'opposition fantoches, parvenant à se maintenir à la tête du Paraguay pendant presque 35 ans.

La justice brésilienne avait rejeté deux demandes d'extradition présentées par la justice paraguayenne qui voulait le juger pour l'assassinat d'opposants à son régime.

"Le rendre aurait causé de grands troubles au Paraguay", pays qui a une frontière commune de 1.290 km avec le Brésil, a expliqué à l'AFP Ricardo Seitenfus, spécialiste en relations internationales et professeur à l'université Santa Maria (Rio Grande do Sul, sud du Brésil).

On estime qu'il y a eu, entre 1954 à 1989, au moins un millier d'assassinats et de disparitions pour des motifs politiques (3.000 selon l'opposition) et que deux millions de Paraguayens (un tiers de la population) choisirent le chemin de l'exil politique ou économique sous son régime.

Dans les années 1970, le général Stroessner avait participé au Plan Condor, une opération concertée d'élimination des opposants des dictatures militaires argentine, chilienne, brésilienne, bolivienne, uruguayenne et paraguayenne.

Le général Alfredo Stroessner fut un "dictateur cruel" qui ne s'est jamais repenti de ses crimes, a déclaré à l'AFP Martin Almada, un avocat défenseur des droits de l'homme qui a révélé l'existence des dénommées "Archives de la terreur".

Stroessner était né le 3 novembre 1912 à Encarnación, à 370 km au sud-est d'Asuncion.

De son mariage avec Eligia Mora, une humble institutrice qui est morte en février 2006 à Asuncion, il a eu trois enfants: Gustavo, Graciela Concepción et Hugo Alfredo.

Ce dernier est décédé en 1993 à 46 ans après avoir pris des barbituriques.

Le dictateur avait aussi donné l'asile à d'autres dictateurs comme le nicaraguayen Anastasio Somoza, qui fut assassiné par un commando de guerrilleros argentins en 1980, en pleine Asuncion. La recherche des auteurs de l'attentat est considéré comme l'un des moments les plus durs du régime.

Mais Stroessner eut aussi des admirateurs qui baptisèrent des places, des rues, des hôpitaux, écoles, villages et des villes de son nom ou de celui de ses proches.