13.03.2010
Alda ESPIRITO SANTO - 09-03-2010
Le gouvernement du Cap-Vert a décrété 24 heures de deuil national, en hommage à la poétesse et nationaliste santoméenne Alda Espirito Santo, décédée mardi à Luanda à 83 ans, des suites d'une maladie, a appris la PANA mercredi, de source officielle à Praia.
Le président capverdien, Pedro Pires, a déclaré dans un message, que Alda Espirito Santo, combattante pour les indépendances des ex-colonies portugaises, "a dépassé les frontières de l'archipel" et est "une référence" pour la nouvelle génération.
Pedro Pires exprime la "profonde tristesse" causée par la nouvelle de la mort de la poétesse santoméenne, en rappelant qu'en 2005, il l'avait décorée de la médaille de Premier degré de l'Ordre Amilcar Cabral, la plus haute distinction du Cap-Vert.
Le chef d'Etat capverdien a aussi envoyé un autre message à son homologue santoméen, Fradique de Menezes, lui exprimant ses condoléances pour la mort de la poétesse et "amie de longue date".
"Nationaliste et combattante de la lutte pour l'indépendance nationale de Sao Tomé et Principe, la poétesse Alda Graça Espirito Santo représente aussi une pierre pour le Cap-Vert, car elle a dépassé les frontières de l'archipel de Sao Tomé pour, avec justesse, faire partie de l'histoire des pays africains de langue officielle portugaise", souligne Pedro Pires.
Il a rappelé que la poétesse santoméenne a été de la même époque que lui, ainsi que les nationalistes Amilcar Cabral, Agostinho Neto, Mario Pinto de Andrade, Marcelino dos Santos, Francisco José Tenreiro et "d'autres figures du nationalisme africain", aux temps de la Maison des étudiants de l'Empire, à Lisbonne, au Portugal.
Quant au Premier ministre capverdien, José Maria Neves, dans un message de condoléances envoyé à son homologue santoméen, Rafael Branco, il souligne que le Cap-Vert "est aussi en deuil", du fait de la "grandeur de la contribution de Alda Espirito Santo à l'indépendance de l'archipel".
Pour José Maria Neves, la mort de la poétesse et nationaliste santoméenne est une "grande perte pour le Cap-Vert et toute la communauté des pays de langue portugaise (CPLP)".
"Malgré sa disparition physique, j'ai la certitude que la voix vibrante de Sao Tomé et Principe ne s'est pas éteinte ; elle restera éternellement dans nos coeurs et notre mémoire, à nous tous", a souligné José Maria Neves.
La mort de Alda Espirito Santo a aussi été déplorée par plusieurs figures capverdiennes des lettres, dont le président de l'Association des écrivains capverdiens (AEC), le poète Corsino Fortes, qui a envoyé un message de condléances à l'Union des écrivains et artistes santoméens (UNEAS), dirigée par la défunte.
Alda Espirito Santo, connue aussi par Alda Graça, est née à Sao Tomé en 1926 et a fait ses études au Portugal, où elle a fréquenté l'université, mais n'a pas terminé les études à cause de ses activités politiques.
En plus d'être une des poétesses africaines de langue portugaise, les plus connues, elle a occupé d'importants postes dans les gouvernements de Sao Tomé et Principe en tant que ministre de l'Education et de la Culture, ministre de l'Information et de la Culture, députée et présidente de l'Assemblée nationale populaire.
Elle a créé l'Union des écrivains et artistes santoméens (UNEAS), où jusqu'en février dernier, elle travaillait à la création de nouvelles valeurs et a été l'auteur de l'hymne national de l'archipel.
Ses poèmes se trouvent dans plusieurs anthologies lusophones, ainsi que des journaux et revues de Sao Tomé et Principe, d'Angola et du Mozambique.
Ses publications sont : "O Jogral das Ilhas", en 1976, et "É Nosso o Solo Sagrado da Terra", en 1978
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