Ses commentaires de l'exploit de Neil Armstrong ont été rediffusés à de nombreuses reprises, ces derniers jours, à l'occasion du quarantième anniversaire de l'événement.
"Il était l'incarnation parfaite de l'information télévisuelle. Il possédait toutes les qualités de journaliste, de rédacteur en chef et d'homme d'images. Cronkite était unique et le restera peut-être", a déclaré Don Hewitt, ancien responsable éditorial de CBS et créateur de l'émission "60 Minutes".
Le président Barack Obama a salué en Walter Cronkite "quelqu'un en qui nous pouvions avoir confiance pour nous guider à travers les événements les plus importants du jour, une voix sûre dans un monde incertain". Son prédécesseur George Bush a quant à lui rendu hommage à "une icône du journalisme américain".
Le "CBS Evening Show", qu'il présentait d'une voix profonde, est resté le journal télévisé le plus vu de 1969 jusqu'à ce qu'il cède sa place à Dan Rather, en 1981.
"AINSI VONT LES CHOSES"
Surnommé "Oncle Walter", il achevait chacune de ses prestations par la formule "Ainsi vont les choses!", qui ne laissait aucune place au doute. Les téléspectateurs l'ont d'ailleurs élu à plusieurs reprises personnalité américaine la plus digne de confiance.
"Je ne comprend pas mon succès", disait-il. "On peut certainement me reprocher mon style sobre, parfois terne. Mais j'ai bâti ma réputation sur un journalisme honnête et direct. Ce serait une imposture que de procéder différemment."
La formule qui clôturait ses journaux résumait, selon lui, les objectifs les plus nobles du journalisme, à savoir "rendre compte des faits tels qu'on les a vus soi-même, sans tenir compte des conséquences ou des controverses qu'ils pourraient susciter".
Né le 4 novembre 1916 à Saint-Joseph, dans le Missouri, Walter Leland Cronkite est devenu correspondant de United Press en 1939. Parmi les premiers journalistes accrédités auprès de l'armée américaine lors de son entrée en guerre, en 1941, il a notamment été parachuté avec la 101e division aéroportée lors du débarquement de Normandie, mais refusait d'être considéré comme un héros.
"Personnellement, je crois avoir été d'une lâcheté incroyable pendant cette guerre. J'étais toujours terrorisé. J'ai tout fait pour éviter les combats", disait-il.
Version française Jean-Philippe Lefief

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