04.07.2009

Karel VAN MIERT - 22-06-2009

Karel Van Miert est décédé lundi soir à Beersel, chez lui. L'ancien homme politique du sp.a, âgé de 67 ans, est vraisemblablement décédé après être tombé d'une échelle, a-t-on appris de Hugo Casaer, bourgmestre de Beersel où Karel Van Miert était citoyen d'honneur. Le moment exact du décès n'est pas encore connu.

M. Van Miert, un socialiste flamand, avait d'abord été commissaire aux Transports dans la Commission Jacques Delors, de 1989 à 1993, avant de prendre le puissant portefeuille de la Concurrence, qu'il conservera dans la Commission du Luxembourgeois Jacques Santer, jusqu'en 1999. 

"Un commissaire très remarqué" selon Di Rupo

Le président du PS, Elio Di Rupo, salue, dans un communiqué de presse, la mémoire de son collègue. La mort de Karel Van Miert représente un choc terrible pour le bourgmestre de Saint-Nicolas Freddy Willockx, ainsi que pour les anciens socialistes flamands Willy Claes et Louis Tobback.

Soulignant que M. Van Miert a consacré une grande partie de sa carrière au service de son pays et de l'Union européenne, Elio Di Rupo adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. "Il fut un commissaire européen très remarqué, et un responsable politique respecté", indique encore le président socialiste.

"Le décès de Karel Van Miert est un choc terrible", selon M. Willockx, qui était depuis bon nombre d'années l'ami de Karel Van Miert. Dans la passé, il a également été son secrétaire politique. "Le décès de Karel est avant tout une catastrophe énorme pour sa famille et ses amis. Le mouvement socialiste déplore également la perte d'un grand homme".

M. Van Miert a siégé durant de nombreuses années au Parlement européen. "Il était apprécié de tous". Freddy Willockx entretenait encore des contacts réguliers avec Van Miert. "Je l'ai encore eu au téléphone le week-end dernier. Avec d'autres seniors du sp.a, nous avions prévu de rencontrer la semaine prochaine la présidente du parti Caroline Gennez. Nous voulions parvenir à une remobilisation au sein du sp.a.".

Pour Willy Claes, le décès de Karel Miert représente la perte d'un bon ami. "Nous avons travaillé durant de nombreuses années ensemble. Karel Van Miert était également un Européen convaincu, selon Willy Claes. "Au cours des dernières années, nous avions moins de contacts, étant donné que Karel était souvent à l'étranger. Mais nous nous appelions régulièrement."

Le socialiste louvaniste Louis Tobback est également sous le choc du décès de Karel Van Miert. "Je perds un très bon ami, même si nous nous voyions moins ces dernières années". Tobback admire la passion dont faisait preuve Van Miert pour l'Europe. "Dans des interviews récentes, il pouvait encore s'énerver si l'Union européenne faisait l'objet de critiques." 

 

Biographie

En 1966, Karel Van Miert obtient une licence en sciences diplomatiques à l'Université de Gand, avec grande distinction. A cette occasion, il rédige une thèse ayant pour sujet le "caractère supranational de la Commission Européenne".

Il décroche un an plus tard avec le même brio le Diplôme d'Etudes Supérieures Européennes au Centre Européen Universitaire de Nancy, avec l'aide d'une bourse du Gouvernement français.

En 1967-68 il effectue un stage à la Commission Européenne et en 1969 il suit les cours d'été à Oxford. En même temps, il devient chercheur au Fonds National de la Recherche Scientifique (1971) et dans ce cadre il collabore avec Sicco Mansholt, membre de la Commission européenne.

De 1971 à 1973, Karel Van Miert travaille comme assistant à la VUB, puis devient de 1973 à 1975 un des principaux membres du cabinet de Henri Simonet, alors vice-président de la Commission européenne. Par la suite, il est chef de cabinet du ministre des affaires économiques, Willy Claes (1977). A partir de 1978, il donne des cours à la VUB concernant "La naissance et le développement de la Communauté Européenne).

Pendant ce temps, sur le plan politique, il milite dans les rangs socialistes et devient bientôt, entre 1970 et 1973, vice-président national, puis secrétaire politique national chez les "Jeunes Socialistes". Cette dernière fonction lui donne automatiquement une place au sein du bureau du parti (PSB-BSP, parti socialiste belge, à l'époque). Il s'emploie par ailleurs à créer les "Rode Leeuwen", les socialistes flamands de l'agglomération bruxelloise.

En 1976, il est nommé secrétaire national adjoint du PSB-BSP, chargé des affaires internationales: un an et demi plus tard, il succède à Willy Claes à la co-présidence du parti.

En 1978, alors que les socialistes belges se divisent en PS et SP désormais autonomes, il est dans la foulée le premier président du parti flamand, une fonction qu'il occupera jusqu'en janvier 1989. Pendant quelques années, Karel Van Miert est d'autre part vice-président de l'Union des Partis Socialistes de la Communauté Européenne. De 1986 à 1992, il exerce aussi la fonction de vice-président de l'Internationale Socialiste.          

Sur un plan beaucoup plus local, il est conseiller communal à Kortenberg de 1983 à la mi-88.           Mais sa carrière européenne se confirme entre-temps par son élection comme député européen, de 1979 à 1985. Par deux fois, il est tête de liste du SP et obtient en 1984 un nombre remarquable de voix de préférence (496.063), contribuant à faire progresser son parti de 20 à 28 pc.          

En octobre 1985, il troque son mandat européen pour celui de député belge de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et reste à la Chambre jusqu'en 1988.

A l'Europe en 1989

Le 6 janvier 1989, en effet, il est désigné comme membre belge de la Commission européenne, chargé des transports, des consommateurs, des crédits et des investissements. Quatre ans plus tard, il voit son mandat reconduit et reçoit cette fois les secteurs de la concurrence, du personnel et de l'administration.

Début 1995, il réembarque pour quatre ans dans l'esquif européen mené désormais par le luxembourgeois Jacques Santer, qui succède à Jacques Delors. Il conserve ses compétences en matière de concurrence, mais cède l'administration et le personnel au finlandais Erkki Liikanen.

Les remous de l'affaire Agusta l'épargnent relativement par rapport à ses amis politiques que sont Willy Claes, ministre des Affaires économiques au moment de la conclusion du contrat d'achat des hélicoptères, et Frank Vandenbroucke, son successeur à la tête du SP. Ce dernier sera du reste contraint de démissionner en mars 1995 de son poste de ministre des Affaires étrangères.

Karel Van Miert a été nommé Ministre d'Etat par le Roi le 26 mai 1992. Père d'un garçon, il a par ailleurs publié plusieurs études traitant pour la plupart du processus d'unification européenne et de l'Union Européenne.

(source RTL INFO)

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