27/12/2008

RECAPITULATIF 2008

Un récapitulatif des décès célèbres sur Pure People pour cette année
http://www.purepeople.com/22015-FOCUS-Ils-nous-ont-quitte...

Eartha KITT - 25-12-2008

La chanteuse de jazz et actrice américaine Eartha Kitt est décédée le jour de Noël, à l'âge de 81 ans.

Également artiste de cabaret, celle qui avait quitté les champs de coton de sa Caroline du Sud natale pour faire carrière dans le show-business, est décédée des suites d'une longue bataille contre le cancer du côlon.

Elle est décédée au Columbia Presbyterian Hospital, à New York.

Véritable icône de sensualité et d'élégance, Kitt était considérée comme l'une des chanteuses américaine les plus versatiles, remportant au passage deux prix Emmys au cours de sa carrière. Elle a également été nominée aux prix Grammys.

Elle restera sans doute célèbre pour sa voix si particulière, qui prenait des airs de ronronnements félins langoureux et sensuels. Elle tenait d'ailleurs le rôle de la Femme-Chat dans la série télé des années 60, 'Batman', en plus d'avoir été la muse du cinéaste Orson Welles pendant plusieurs années.

Harold PINTER - 24-12-2008

L'écrivain et dramaturge britannique Harold Pinter, prix Nobel de littérature en 2005 réputé pour son opposition à la guerre en Irak, est décédé mercredi soir à l'âge de 78 ans après un long combat contre le cancer. "C'était un grand homme et ce fut un privilège de vivre avec lui pendant plus de 33 ans. Il restera à jamais dans nos mémoires", a déclaré son épouse Antonia Fraser en annonçant jeudi sa mort sur le site du quotidien The Guardian.

L'agent de l'artiste, Judy Daish, a confirmé à l'AFP le décès en précisant qu'il était dû à un cancer. Les médecins lui avaient diagnostiqué un cancer de l'oesophage en 2002.

Intellectuel connu pour ses prises de positions politiques tranchées, Harold Pinter a écrit plus de trente pièces de théâtre. Il était également poète, metteur en scène et auteur de scénarios de films, dont plusieurs adaptations de ses oeuvres.

Le président français Nicolas Sarkozy a salué la mémoire d'un "humaniste lucide, intranquille et intransigeant", et "tempérament frondeur et hétérodoxe".

"Le prix Nobel attribué en 2005 a été une consécration tardive de son oeuvre immense, mais aussi un hommage au courage et à l'engagement d'un homme contre toutes les formes de barbarie, un homme qui aura renoncé au confort de la notoriété pour marcher toujours +sur la corde raide+", souligne un communiqué de la présidence française.

L'ancien dramaturge, dissident et président tchèque Vaclav Havel a pour sa part déclaré que la "solidarité qu'il manifestait envers moi-même ainsi qu'envers mes amis à l'époque de notre résistance (au régime communiste disparu en 1989) était d'une grande importance".

Fils d'un tailleur juif, Harold Pinter était né le 10 octobre 1930 à Hackney, un quartier populaire de l'est londonien. Le succès lui était venu avec "The Caretaker" ("le Gardien"), filmé en 1963. Il collaborera à plusieurs reprises pour le cinéma, écrivant notamment les scénarios de "La Maîtresse du Lieutenant français" et de "L'Ami retrouvé".

Artiste engagé, Pinter passait pour un rebelle anti-impérialiste et un grand défenseur des droits de l'homme. Il avait notamment réclamé la comparution devant la Cour internationale de justice (CIJ) de l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair et du président américain George W. Bush, pour avoir déclenché la guerre en Irak.

Critique acerbe dans les années 1980 du président américain Ronald Reagan et de sa contemporaine britannique, l'ancien Premier ministre Margaret Thatcher, Pinter avait tourné plus récemment sa colère contre l'engagement de l'ONU au Kosovo (1999), l'invasion américaine de l'Afghanistan (2001) et la guerre en Irak (2003), comparant Tony Blair à "un idiot plein d'illusions" et qualifiant George W. Bush de "criminel de guerre".

"Harold était un personnage en politique, un polémiste qui a mené des luttes féroces contre la politique étrangère américaine et souvent britannique. Mais dans la vie privée, il était le plus fidèle des amis et le plus généreux des hommes. C'était un grand homme tout autant qu'un grand dramaturge", a dit de lui son ami et biographe Michael Billington, interrogé sur la chaîne de télévision britannique Sky News.

Souffrant d'un cancer de l'oesophage diagnostiqué en 2002, Harold Pinter avait subi des séances de chimiothérapie, un "cauchemar personnel" selon ses propres mots.

Malgré la maladie, il avait continué de travailler. Son interprétation en 2006 à Londres du monologue de Beckett "La dernière bande" lui vaudra un succès critique. En 2007, il avait signé le scénario du film "Sleuth" (Le Limier), avec Jude Law et Michael Caine.

Mme Daish a précisé à l'AFP que des funérailles privées seront organisées à une date qui reste à déterminer.

AFP Loïc VENNIN

Robert MULLIGAN - 20-12-2008

Le réalisateur américain Robert Mulligan nous a quitté ce weekend à l'âge de 83 ans. Son film de 1962, Du silence et des ombres, tiré du roman d'Harper Lee Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, avait remporté trois Oscars et lui avait valu une nomination à l'Oscar du meilleur réalisateur. Après des débuts à la télévision, le cinéaste s'était spécialisé dans le drame et les questions liées à l'adolescence. Un été 42, réalisé en 1971, avait permis au français Michel Legrand de gagner l'Oscar de la meilleure bande originale. On retiendra également de l'homme, Un été en Louisiane(1991), son dernier film dans lequel il faisait débuter la jeune Reese Witherspoon.

Lansana CONTE - 22-12-2008

CONAKRY (AFP) - Le président de Guinée, le général Lansana Conté, est mort lundi soir à l'âge de 74 ans, après un long règne de 24 ans marqué par de sanglantes répressions et une gestion calamiteuse d'un pays classé parmi les plus pauvres du monde malgré un sous-sol très riche. Aussitôt après l'annonce du décès, dans la nuit de lundi à mardi, le Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré a lancé, via la télévision d'Etat, un appel "au calme et à la retenue" aux "braves populations guinéennes", demandant le concours de l'armée pour assurer cette tranquillité.  

Aucun incident n'avait été signalé plus de deux heures après l'annonce du décès.  

Militaire de carrière, Lansana Conté était arrivé au pouvoir le 3 avril 1984, à la faveur d'un coup d'Etat, une semaine après la mort du premier président de la Guinée indépendante, Ahmed Sékou Touré.  

Depuis, il avait toujours pris appui sur les dirigeants de l'armée pour avoir la haute main, avec son clan, sur la vie politique et économique de ce pays ouest-africain. Et il s'accrochait au pouvoir, malgré ses maladies (une forme aiguë de diabète, une leucémie...) et une contestation de plus en plus vive.  

Son décès a été annoncé dans la nuit de lundi à mardi par le président de l'Assemblée nationale, Aboubacar Somparé, aux côtés du chef d'état-major, le général Diarra Camara et du Premier ministre. Auparavant, tous les hauts responsables du régime s'étaient réunis au Palais du peuple (siège de l'Assemblée nationale), pour évoquer "la succession du président".  

"Nous avons le regret d'annoncer au peuple de Guinée le décès du général Lansana Conté, des suites d'une longue maladie, à 18H45" (locales et GMT), a déclaré M. Somparé, demandant officiellement au président de la Cour suprême de constater la vacance du pouvoir et de faire appliquer la Constitution. La gestion des affaires du pays doit alors revenir temporairement au président de l'Assemblée nationale, chargé d'organiser une élection présidentielle dans les 60 jours.  

Le chef du gouvernement, décrétant "un deuil national de 40 jours", a déclaré: "Les drapeaux seront mis en berne et le programme des obsèques nationales sera communiqués ultérieurement".  

"En cette douloureuse circonstance, j'invite les braves populations guinéennes - qui ont toujours fait preuve de dignité, chaque fois que nous affrontons ensemble de dures épreuves à travers notre histoire - au calme et à la retenue", a poursuivi M. Souaré, en poste depuis mai. Réputé proche du clan présidentiel, M. Souaré a ensuite appelé les forces de défense et de sécurité à "assurer la sécurité aux frontières et le calme à l'intérieur du territoire national".  

Début 2007, de grandes manifestations populaires hostiles au régime et aux "prédateurs de l'économie nationale" avaient été violemment réprimées: au moins 186 personnes avaient été tuées et 1.200 blessées.  

Les discours de condoléances des hauts dignitaires, évoquant le "regretté président", ne devraient pas beaucoup émouvoir les neuf millions d'habitants de la Guinée, dont 53% vivent au dessous du seuil de pauvreté.  

Les organisations non gouvernementales ont maintes fois dénoncé la "gestion calamiteuse" de la Guinée, minée par la corruption et classée parmi les pays les plus pauvres du monde malgré les richesses de son sous-sol (bauxite, fer, or, diamants...). Le mois dernier, plusieurs manifestations avaient eu lieu dans la capitale comme en province, notamment pour protester contre la cherté du carburant ou les coupures d'électricité.  

Selon l'organisation Human Rights Watch, la répression de ces manifestations avait abouti à la mort de "quatre" personnes "au moins", les forces armées ayant parfois tiré à balles réelles.

Olga LEPECHINSKAIA - 20-12-2008

MOSCOU - Olga Lepechinskaïa, étoile des ballets du Bolchoï pendant 30 ans du temps de l'Union soviétique, est morte samedi à l'âge de 92 ans, selon le ministère russe de la Culture. La porte-parole du ministère Natalia Ouvarova n'a pas précisé la cause du décès mais selon l'agence de presse russe ITAR-Tass la danseuse s'est éteinte pendant son sommeil, dans son appartement de Moscou. Née en 1916 dans une famille noble de Kyiv, Olga Lepechinskaïa avait été admise à l'école du Bolchoï en 1925 après un premier échec. une fois son diplôme obtenu en 1933, elle a immédiatement intégré les ballets. Celle que la rumeur considérait comme la ballerine favorite du dictateur soviétique Joseph Staline a reçu quatre fois le très convoité Prix Staline. Devenu première danseuse, Olga Lepechinskaïa a notamment interprété Kitri dans ôôDon Quichotte", Tao Hoa dans ôôLe Pavot rouge", Jeanne dans ôôLa Flamme de Paris", Aurore dans ôôLa Belle au bois dormant" et Macha dans ôôCasse-Noisette". Pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle a voyagé avec le Bolchoï pour se produire devant les soldats de l'Armée rouge.  

Elle a épousé en 1956 le général soviétique Alexeï Antonov, qui est mort en 1962. En 1963, elle a quitté le Bolchoï pour se tourner vers l'enseignement et a ainsi passé plusieurs années en Allemagne de l'Est avant de regagner l'URSS. Le président russe Dimitri Medvedev a présenté ses condoléances à la famille de la défunte samedi, selon le Kremlin. Olga Lepechinskaïa sera enterrée mardi au cimetière moscovite Vvedenski.

20/12/2008

Robert JONQUET - 19-12-2008

L'ancien arrière international français Robert Jonquet, qui faisait partie de la légendaire équipe du Stade de Reims dans les années 50, est décédé hier à l'âge de 83 ans, des suites d'une grave maladie.

Le légendaire défenseur avait été sélectionné 58 fois en équipe de France et avait été capitaine des Bleus à neuf reprises, entre 1947 et 1960. Il avait notamment terminé avec ses coéquipiers 3e de la Coupe du Monde en 1958, qui se déroulait en Suède, et avait porté 502 fois le maillot du Stade de Reims, atteignant deux fois la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions.

Robert Jonquet était de la génération des Just Fontaine et Raymond Kopa, également joueurs de la fameuse équipe du Stade de Reims, qui dominait le football français dans les années 50.

Lors de la Coupe du Monde 1958, Jonquet avait marqué les esprits en demi-finale contre le Brésil, au cours de laquelle il avait été obligé de rester sur le terrain alors qu'il s'était cassé la jambe, le réglement de l'époque ne prévoyant pas de remplacement de joueurs. Cette année-là, la France avait terminé troisième en battant l'Allemagne en petite finale sur le score de 6 buts à 3.

En 1956 et 1959, il avait également avec son club disputé deux finales de Coupe d'Europe, battu les deux fois par la meilleure équipe du monde à l'époque, le grand Real Madrid de Di Stefano.

Il avait remporté cinq titres de champion de France avec le Stade de Reims (1949, 1953, 1955, 1958 et 1960) et deux Coupes de France (1950 et 1958).

Davy GRAHAM - 15-12-2008

A l'âge de 19 ans, il composait l'instru de guitare acoustique solo Angi (du nom de sa petite amie d'alors), un morceau qui a puissamment inspiré toute une génération de guitaristes et a été repris de nombreuses fois, jusqu'à connaître une publicité énorme avec la version de Simon and Garfunkel (Anji) dans Sounds of Silence (1966). Davy Graham, figure de proue de la révolution folk des sixties (le folk revival) en Grande-Bretagne et maître du fingerstyle dont beaucoup de stars se sont par la suite réclamées, est mort lundi des suites d'un cancer. Il était âgé de 68 ans. Bert Jansch, Martin Carthy, Jimmy Page, Robert Plant, ou encore Paul Simon, qui disait de lui qu'il était "probablement le plus grand guitariste britannique", étaient au nombre de ses "débiteurs".

Gourou de la guitare acoustique mais aussi chantre des musiques du monde, il avait encore fait paraître un album en 2007, Broken Biscuits, puisant ses neuf morceaux dans des chansons traditionnelles des quatre coins du monde.

Mark FELT - 19-12-2008

Au moment du scandale qui aboutit à la démission de Richard Nixon en 1974, Felt était numéro deux dans la hiérarchie du FBI. En annonçant son décès, le New York Times salue "la plus célèbre source anonyme de l'histoire américaine". Pendant trois décennies, on spécula sur l'identité de l'informateur du Washington Post dont le surnom était emprunté à un fameux film pornographique de l'époque.

Mais en 2005, Felt a révélé qu'il était la source de Bob Woodward, un des deux journalistes du Post avec Carl Bernstein à avoir pointé l'implication de la Maison blanche dans l'espionnage des locaux du Parti démocrate dans le complexe immobilier du Watergate, à Washington. C'est par le détour d'un article de son avocat John O'Connor dans le magazine Vanity Fair que Felt divulgua son secret. "Je suis le type qu'ils appelaient Gorge profonde", déclara-t-il alors à O'Connor.

Woodward et Bernstein avaient promis d'attendre le décès de leur informateur pour révéler son identité mais après le scoop de Vanity Fair, aucun obstacle ne s'opposait plus à ce que Bob Woodward racontât son histoire avec Felt, ce qu'il fit dès le lendemain. Le journaliste raconta dans les colonnes du Post qu'il avait pris contact avec le responsable du FBI après un premier article qu'il avait écrit avec Bernstein sur un cambriolage au siège du Comité national démocrate, l'organe dirigeant du parti.

"C'est à ce moment qu'une source ou un ami au sein des agences d'investigation du gouvernement est très précieux. J'appelais Felt au FBI (...), ce serait notre première discussion à propos du Watergate." Felt lui déclara alors que l'affaire allait prendre de l'ampleur, avant de raccrocher brutalement. Il allait commencer ensuite à fournir des informations."Avec de nombreuses précautions, Felt et Woodward se rencontraient dans un parking souterrain où "Gorge profonde" corroborait des informations recueillies par les deux reporters du Post auprès d'autres sources, qui confirmaient l'hypothèse d'une conspiration au plus haut niveau."Felt estimait qu'il protégeait le FBI en trouvant un moyen, même clandestin, de faire connaître au public certains interrogatoires ou dossiers du FBI, pour contribuer à faire pression sur Nixon et son entourage afin qu'ils rendent des comptes", expliqua Bob Woodward. "Il n'avait que mépris pour la Maison blanche sous Nixon et ses efforts pour manipuler le bureau à des fins politiques."

Les articles du Post et de différents médias sur l'implication de la présidence dans le scandale du Watergate et d'autres coups bas politiques poussèrent Nixon à la démission.Une trentaine de responsables ont fini par plaider coupable ou par être reconnus coupables, dont l'Attorney General (ministre de la Justice) John Mitchell, condamné à 19 mois de prison pour conspiration, obstruction à la justice et parjure.Avant 2005, Mark Felt avait démenti plusieurs fois être "Gorge profonde" même si sa position au FBI lui donnait le profil idéal. Nixon lui-même le soupçonnait. Felt vivait à Santa Rosa, en Californie, où Woodward et Bernstein étaient venus lui rendre visite le mois dernier. C'était la première fois que Bernstein rencontrait son célèbre informateur, qui n'acceptait de ne traiter qu'avec son collègue à l'époque du Watergate.

Né le 17 août 1913 à Twin Falls, dans l'Idaho, Felt était monté à Washington pour travailler au Congrès, avant de rejoindre le FBI en 1942. Membre de la section d'espionnage du Bureau fédéral d'investigation pendant la Seconde Guerre mondiale, il supervisa ensuite les premières enquêtes du FBI visant le crime organisé.

Il fut nommé numéro trois du Bureau en 1971 et ne cacha pas sa déception lorsque Nixon nomma L. Patrick Gray pour diriger l'agence après la mort de son chef J. Edgar Hoover en 1972. En 1980, Felt fut condamné pour avoir autorisé des effractions illégales dans le cadre de la traque par le FBI du groupuscule d'extrême gauche Weather Underground. Felt et son épouse Audrey, morte en 1984, ont eu deux enfants.

(Article de Deborah Zabarenko de REUTERS -Version française Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse)

Claude OLIEVENSTEIN - 14-12-2008

PARIS - Il était connu du grand public comme le "psy des toxicos". Spécialiste de la toxicomanie à la renommée mondiale, Claude Olievenstein est décédé dimanche à Paris à l'âge de 75 ans, a-t-on appris lundi auprès du centre médical Marmottan, la structure de soins qu'il avait fondée en 1971.

Psychiatre, le Pr Olievenstein a fait du centre Marmottan, lieu d'accueil expérimental, le premier observatoire des drogues au niveau mondial: l'anonymat et la gratuité des soins y sont assurés, et le sevrage est parfois supervisé par d'anciens "accros".

Il y a élaboré une approche qui différencie ceux qui peuvent avoir un usage récréatif des drogues de ceux qui plongent dans la dépendance. Selon lui, "la toxicomanie, c'est la rencontre entre un individu, un contexte social et un produit".

"Il a ouvert le champ de l'intervention en toxicomanie, il a inauguré une approche clinique basée sur le respect de la demande des patients et l'alliance thérapeutique entre les patients et les soignants", lui a rendu hommage Marc Valleur, médecin-chef du centre Marmottan de Paris, qui a succédé à Claude Olievenstein après son départ à la retraite, en 2000.

"Jusqu'aux travaux d'Olievenstein, la toxicomanie était considérée comme une perversion, une déviance, un vice, comme une maladie organique à laquelle on ne pouvait pas grand-chose; il en a fait quelque chose de plus ouvert aux interrogations des sciences humaines et sociales", a-t-il souligné.

Selon le site Internet du centre Marmottan, plus de 40 000 toxicomanes ont consulté l'établissement depuis sa création.

Au milieu des années 1990, le Pr Olievenstein s'était insurgé contre l'utilisation de la méthadone et du Subutex, comme produits de substitution chez les personnes dépendantes à l'héroïne.

"Ce modèle ancien de traitement par substitution, proposé comme une nouveauté extraordinaire, a toujours eu une visée sécuritaire; avec lui, on ne s'interroge plus, ni sur les motivations de la toxicomanie, ni sur les problèmes familiaux, ni sur les problèmes culturels", écrivait-il par exemple dans le Monde diplomatique en novembre 1997.

En dépit des réticences de son fondateur, le centre Marmottan utilise les traitements de substitution, sans que cela ait remis en question ses principes éthiques ou son originalité clinique.

Claude Olievenstein s'est aussi mobilisé dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de sida, dans les années 1980, en réclamant l'accès au matériel d'injection pour les toxicomanes. En 1991, s'est mise en place dans le centre Marmottan une consultation gratuite et anonyme de médecine générale, avec dépistage du VIH et mise à disposition de seringues et de préservatifs.

Selon la biographie diffusée par le centre Marmottan sur son site Internet, Claude Olievenstein, né le 11 juin 1933 à Berlin, a été très tôt confronté aux problèmes du racisme et de la persécution des minorités. Sa famille s'est réfugiée en France pour fuir le nazisme. Après un passage aux Jeunesses communistes, dont il a été exclu, il est devenu un des dirigeants de l'Union des étudiants juifs de France.

Pendant ses études de médecine, il s'est intéressé aux groupuscules et à la marginalité. La création du centre Marmottan en 1971 a été rapidement suivie par l'apparition de tout un appareil institutionnel qui, travaillant selon la même éthique, a contribué à constituer l'école "française" des toxicomanies.

La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin, a souligné lundi "l'engagement de ce praticien visionnaire dans la lutte contre la toxicomanie, pour la reconnaissance du statut de malade et le respect de la personne". Claude Olievenstein "a posé les bases du dispositif spécialisé de soins aux toxicomanes dont s'est inspiré le législateur pour élaborer la loi du 31 décembre 1970", rappelle-t-elle dans un communiqué.

Claude Olievenstein était l'auteur de nombreux ouvrages dont "Il n'y a pas de drogués heureux" (1977) et "La drogue ou la vie" (1983), "Le non-dit des émotions" (1988), "L'homme parano" (1992), "Naissance de la vieillesse" (1977), "Toxicomanie et devenir de l'humanité" (2001) parus chez Odile Jacob. Il était chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Ordre national du mérite, et avait reçu la Croix de la Valeur militaire - (Crédit: image Ouest France - article Associated Press)

Horst TAPPERT - 13-12-2008

Horst Tappert était devenu célèbre dans le monde entier grâce à Stefan Derrick, un inspecteur sage et mesuré créé en 1973 pour la chaîne ZDF, dont les enquêtes ont donné lieu à 281 épisodes, traduits en 12 langues et diffusés dans 108 pays.

Né en 1923, Horst Tappert avait débuté sa carrière au théâtre et joué dans une quarantaine de films avant de devenir une vedette en traquant les criminels.

Derrick, que Tappert avait abandonné en 1998, est particulièrement populaire au Japon, en Chine ou en Italie. Le pape Jean-Paul II était lui-même un fan de la série et les deux hommes s'étaient rencontrés en 1999.

Betty PAGE - 11-12-2008

LOS ANGELES - Bettie Page, une célèbre pin-up américaine des années 1950, est décédée jeudi à Los Angeles à l'âge de 85 ans. Ses photographies dénudées et controversées avaient préparé le terrain de la révolution sexuelle des années 1960. Bettie Page était hospitalisée depuis trois semaines pour une pneumonie. Elle avait souffert d'une crise cardiaque la semaine dernière. Jeune, elle avait travaillé comme secrétaire à New York. Un jour d'octobre 1950, elle avait pris une pause pour se promener le long de la plage de Coney Island. C'est là qu'un photographe amateur l'avait repérée et lui avait demandé de poser. 

Ses clichés en bikini ou lingerie transparente ont vite conquis les cimaises des baraquements militaires et des garages, où ils sont restés exposés des années. 

Betty Page a fait la double page centrale de "Playboy" en janvier 1955. Sur d'autres clichés célèbres, la jeune femme à la frange brune pose en version sado-maso, fouet à la main, ou encore saucissonnée. Sur une photographie, elle est suspendue entre deux arbres les bras en croix, les pieds pendant. Ce qui en avait choqué certains. Le sénateur du Tennessee Estes Kefauver avait même lancé une enquête parlementaire. 

Betty Page s'est rapprochée de la foi chrétienne en 1959. Après avoir suivi des cours à l'école biblique, elle a voulu servir comme missionnaire, ce qui lui a été refusé car elle était divorcée. A la place, elle a travaillé à plein temps pour le ministère de l'évangéliste Billy Graham. 

Elle a disparu de la sphère publique pendant des décennies, combattant une dépression nerveuse puis une schizophrénie. Elle a été internée 20 mois en hôpital psychiatrique. 

Elle avait refait surface dans les années 1990, accordant des interviews mais refusant de se laisser prendre en photo.

François Xavier LALANNE - 07-12-2008

PARIS (AFP) - Le sculpteur François-Xavier Lalanne, qui s'est consacré à la sculpture animalière, est mort dimanche soir à l'âge de 81 ans à son domicile et atelier de Ury (Seine-et-Marne), a annoncé lundi son gd.aleriste à Paris Jean-Gabriel Mitterrand.

Né à Agen en 1927, François-Xavier Lalanne est connu pour ses sculptures de moutons, rhinocéros, hippopotames, oies ou autruches qu'il déclinait en grand ou petit format, en bronze, tôle, ciment, résine ou porcelaine pour la Manufacture de Sèvres.

Il avait également, avec son épouse Claude, signé le "Jardin Lalanne", le jardin des Halles dont la suppression dans le cadre du futur projet des Halles à Paris fait l'objet de contestations.

Le sculpteur avait étudié le dessin et la sculpture à Paris, côtoyant notamment Constantin Brancusi à Montparnasse. Il avait également fréquenté Ernst, Magritte ou Dali, et se considérait comme l'héritier des Surréalistes et un proche des Nouveaux réalistes, selon le galeriste.

Lalanne avait réinventé la sculpture animalière à laquelle il donnait un usage. De son "imagination incroyable", selon M. Mitterrand, naissaient un rhinocéros-bureau, un hippopotame-baignoire ou un mouton-siège, dans un style naturaliste et épuré.

Un de ses bars aux formes abstraites sera en vente en février prochain lors de la grande vente aux enchères de la Collection Yves Saint Laurent - Pierre Bergé.

Ses oeuvres, qui se comptent par milliers, ont été collectionnées par de nombreux amateurs privés, notamment américains. Un de ses "moutons" est au Centre Pompidou.

Lalanne, qui a exposé quasiment chaque année en France et à l'étranger, dont les Etats-Unis et le Japon, travaillait depuis 1956 avec Claude, également sculptrice, épousée en 1967.

Robert PROTSKY - 08.12.2008

Lundi soir, Robert Prosky, un acteur que l'on a vu dans 'Mrs. Doubtfire', 'The Practice' et 'Hill Street Blues', est décédé à l'âge de 77 ans dans un hôpital de Washington. Il serait mort de complications liées à une chirurgie cardiaque.

Prosky a joué dans plus de 200 pièces à Broadway, près de 40 films et plusieurs émissions de télévision.

Dans 'Mrs. Doubtfire', il campait le propriétaire d'une station de télé qui embauchait le personnage de Robin Williams.

Il a également tourné dans 'Dead Man Walking', 'The Natural' et 'The Scarlet Letter', entre autres.

Le comédien laisse dans le deuil sa femme Ida et trois fils.

07/12/2008

ALEXIS II - 05-12-2008

Le patriarche de Moscou, Alexis II, artisan de la renaissance de l'Eglise orthodoxe en Russie après la chute de l'URSS, est mort vendredi à l'âge de 79 ans.

"Le saint patriarche est décédé dans sa résidence de Peredelkino (près de Moscou, ndlr) dans la matinée", a annoncé le chef du service de presse du patriarcat, le père Vladimir Viguilianski.

Aucune précision n'a été donnée sur les circonstances de sa mort. Alexis II souffrait de problèmes cardiaques, selon la presse russe, mais avait encore célébré une liturgie à Moscou la veille de sa mort.

Un membre du service de presse, Alexandre Volkov, a démenti qu'il ait succombé à un accident de route, comme l'a affirmé le site russe spécialisé portal-credo.ru.

"Une commission médicale travaille à établir les causes de sa mort", a déclaré Vladimir Viguilianski, refusant de préciser à quelle heure Alexis II était décédé et qui l'avait trouvé mort.

A l'annonce de son décès, les cloches des 600 églises de Moscou ont sonné. Des offices funèbres ont été célébrés dans tout le pays, les fidèles allumant des cierges et embrassant les icônes.

Samedi, son cercueil sera transporté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou où les fidèles pourront se recueillir toute la nuit. Un synode aura lieu dans la journée à Peredelkino pour arrêter la date des funérailles. Celles-ci devraient avoir lieu mardi, a précisé Vladimir Viguilianski à l'AFP.

Un nouveau patriarche doit être élu d'ici à six mois par un concile composé d'évêques, prêtres, moines et simples fidèles. Deux successeurs potentiels sont cités : le métropolite Kirill de Smolensk, habitué au dialogue avec le Vatican et le métropolite Kliment de Kalouga, considéré comme conservateur.

Alexis II, chef depuis 1990 de la plus grande Eglise orthodoxe du monde, a rétabli, avec l'appui du Kremlin, son influence politique et morale après 70 ans d'athéisme soviétique.

La religion a retrouvé sa place dans les écoles, les prisons, l'armée et au sommet de l'Etat, les dirigeants russes affichant leur foi, de Boris Eltsine à Vladimir Poutine.

Alexis II était très respecté des Russes, malgré les rumeurs de collaboration avec le KGB, à laquelle prêtres et évêques étaient souvent contraints à l'époque soviétique, selon les historiens.

Le patriarche a aussi contribué à la réunification historique de son Eglise avec l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger le 17 mai 2007, mettant fin à 80 ans de schisme datant de la révolution bolchevique de 1917.

Du Kremlin au Vatican, les hommages ont immédiatement afflué, saluant un "leader spirituel", un "grand citoyen" et son "combat pour la défense des valeurs humaines et évangéliques".

Le Premier ministre et ex-président Vladimir Poutine, lui-même issu du KGB et proche d'Alexis II, a déploré un "événement tragique" pour le pays. "C'était une belle âme. C'est une grande perte", a-t-il déclaré.

Le président russe Dmitri Medvedev a rendu hommage depuis New Delhi à un "grand citoyen de Russie" dont le "destin reflète les plus grandes épreuves du XXe siècle". Il a reporté une visite en Italie, prévue pour samedi, et devait rentrer dès vendredi soir à Moscou.

Le pape Benoît XVI s'est dit "profondément attristé" par la mort d'Alexis II et a salué son engagement "sur la voie de la compréhension mutuelle et de la collaboration entre orthodoxes et catholiques".

Le patriarche avait connu pourtant une longue période de froid avec les catholiques, qu'il accusait de "prosélytisme" en Russie, refusant de recevoir le pape Jean Paul II. Une amorce de rapprochement s'était toutefois esquissée avec l'avènement de Benoît XVI.

Alexis II n'hésitait pas à soutenir le pouvoir au Kremlin et à défendre des valeurs conservatrices.

"Il est arrivé à la tête de l'Eglise à un moment de grands changements. Il était certes conservateur. Mais c'était justifié dans le but de préserver l'Eglise comme institution", a estimé Alexandre Verkhovski, expert des questions religieuses au centre Sova.

Joern UTZON - 29-11-2008

COPENHAGUE (AFP) - Le célèbre architecte danois Joern Utzon, qui a réalisé notamment l'opéra mondialement connu de Sydney en Australie, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 90 ans, a indiqué samedi à l'AFP le directeur du centre Utzon au Danemark.

"Il est mort dans un centre de soins au nord de Copenhague à la suite d'un arrêt cardiaque" a déclaré Adrian Carter, directeur du centre Utzon d'architecture et d'art à Aalborg (nord), la ville où il a grandi.

Il "avait subi cet été une grande opération qui l'avait affaibli", a-t-il ajouté.

Né le 9 avril 1918 à Copenhague, diplomé d'architecture en 1942 de l'Académie des Beaux-Arts de la capitale danoise, il se réfugie en Suède neutre pendant la Seconde guerre mondiale, puis rejoint la Finlande pour travailler auprès de l'architecte finlandais de réputation internationale Alvar Aalto.

En 1957, encore inconnu, il est choisi, lors d'un concours international, pour concevoir l'opéra de Sydney, célèbre par ses toits mi-voiles, mi-coquilles, situé sur la partie orientale du port.

Suite à des différends avec les autorités australiennes, il est contraint d'abandonner ce projet à moitié chemin en 1966, et qui sera achevé en 1973 par Peter Halln David Littlemore et Lionel Todd.

Architecte novateur, entre autres du parlement au Koweït en 1985, il a obtenu plusieurs récompenses internationales comme la médaille Alvar Alto, la Légion d'honneur, le Pritzker Price, considéré comme le Prix Nobel d'architecture, le prix danois Sonning et "La Grande médaille d'Or" de l'Académie française d'architecture

06/12/2008

Beatrix BECK - 30-11-2008

PARIS - La romancière Béatrix Beck, qui avait reçu le prix Goncourt en 1952 pour "Léon Morin, prêtre", est morte dimanche à l'âge de 94 ans, a-t-on appris auprès de sa petite-fille Béatrice Szapiro.

Elle est décédée vers 1h30 à la maison de retraite de Saint-Clair-sur-Epte (Val-d'Oise) où elle résidait.

Elle avait été secrétaire de l'écrivain André Gide, puis journaliste. Parmi ses nombreux livres, figurent "Une mort irrégulière", "La prunelle des yeux" et "Stella Corfou".

"Léon Morin, prêtre" avait été adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville, avec Jean-Paul Belmondo dans le rôle titre.

Née le 30 juillet 1914 à Villard-sur-Ollon (Suisse), Béatrix Beck avait reçu en 1997 le grand prix de littérature de l'Académie française pour l'ensemble de son oeuvre