29/11/2008

Christian FECHNER - 26.11.2008

PARIS (AFP) - Producteur de cinéma aux doigts d'or, on lui doit des comédies populaires telles que "L'aile ou la cuisse" ou "Les Bronzés 3" : Christian Fechner, dont les films ont cumulé "500 millions d'entrées dans le monde", est mort d'un cancer, à l'âge de 64 ans.

"L'important, c'est de fabriquer des films avec le maximum de sincérité. Il n'y a pas de recette. S'il y en avait, on serait formidablement riches !", disait le producteur, mort dans la nuit de mardi à mercredi. "Même si finalement j'ai produit plus de films populaires que de films d'auteur, j'assume tous les choix que j'ai faits", ajoutait-il. Nombre de ses productions ont été de grands succès populaires : "Papy fait de la résistance" (1983) de Jean-Marie Poiré, "Marche à l'ombre" (1984) de Michel Blanc, "Chouchou" de Merzak Allouache (2003) et surtout "Les Bronzés 3" (2006) de Patrice Leconte et ses 10,3 millions de spectateurs.  Christian Fechner avait lancé ou conforté de nombreuses carrières, celle de Claude Zidi, de Patrice Leconte ("La fille sur le pont") Pierre Richard ("La moutarde me monte au nez"), Louis de Funès ("L'aile ou la cuisse") et Jean-Paul Belmondo ("L'animal). Il a aussi produit "Camille Claudel" de Bruno Nuytten (1988) ou "Les Amants du Pont-Neuf" de Leos Carax (1991), qui fut un retentissant échec commercial, prenant à défaut son flair légendaire. Le président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, a salué "l'un des grands producteurs de l'après-guerre, un prestidigitateur de grand talent, qui avait constitué l'une des plus belles collections d'affiches du cinéma français"."C'était un homme pudique, très discret et bienveillant". "Il a fait tourner les plus grands du rire", a dit le réalisateur Jean-Pierre Mocky. Le président Nicolas Sarkozy a rendu hommage à un "grand entrepreneur de cinéma", qui "aura produit les plus grands films pour le plus grand public". Ceux-ci ont apporté une "belle vitalité au cinéma français", a affirmé la ministre de la Culture Christine Albanel, tandis que la directrice générale du Centre national de la cinématographie, Véronique Cayla, évoquait un producteur "virtuose et visionnaire". Fechner, dont les productions ont cumulé "150 millions d'entrées en France, 500 millions dans le monde" selon sa société, avait pour devise de "faire des films plus jolis que la vie". Au fil d'une carrière à rebondissements, il avait été PDG de Gaumont Studio et directeur de la chaîne musicale TV6 lancée en 1986, avant de vendre sa société la même année -- celle de son cent millionième spectateur.  Né le 26 juillet 1944 à Agen (Lot-et-Garonne), ce fils d'un aristocrate autrichien en fuite après l'Anschluss avait débuté comme producteur du chanteur Antoine et des humoristes Les Problèmes, devenus Les Charlots, dont il avait produit les premiers films, "Les fous du stade" et "Les Bidasses en folie". En 1993 Fechner avait tourné un film de cape et d'épée à gros budget, "Justinien trouvé ou le Bâtard de Dieu", adapté d'un livre de Michel Folco. alentueux prestidigitateur, il avait été sacré deux fois champion du monde en 1979 au Congrès mondial de la magie, avant de créer des illusions pour Siegfried and Roy et David Copperfield, et d'écrire des livres sur le sujet. La date et le lieu de ses obsèques ne sont pas encore connus.

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Guy PELLAERT - 17.11.2008

PARIS (AFP) - Le peintre, graphiste et photographe belge Guy Peellaert, qui avait notamment illustré les légendes du rock et du cinéma américain, est décédé lundi à Paris à l'âge de 74 ans des suites d'une longue maladie, a-t-on appris mercredi auprès de l'un de ses agents, Noémie Mainguet. Né le 6 avril 1934 à Bruxelles, il s'était fait connaître dans les années 1960 avec des bandes dessinées à l'esthétique psychédélique avant de se consacrer à la peinture. Formé aux beaux arts de Bruxelles, Guy Peellaert, qui se qualifiait lui-même de "faiseur d'images", utilisait toutes les techniques, dessin, photo, peinture, dont il faisait une oeuvre mixte. 

Il était notamment l'auteur en 1972 d'une série de 25 tableaux intitulés "Rock Dreams", et de nombreuses pochettes de disques pour les stars du rock, de David Bowie ("Diamond dogs") aux Rolling Stones ("It's only Rock and roll").

 Affichiste de renommée mondiale, il a également créé les affiches de films du cinéaste allemand Wim Wenders ("Paris Texas", "Les ailes du désir"), de Martin Scorsese ("Taxi driver") ou Robert Altman ("Short Cuts"). Selon Noémie Mainguet, son oeuvre avait fait depuis le début des années 2000 l'objet de plusieurs expositions internationales, notamment au Brésil, à Cuba et au Japon. Guy Peellaert avait collaboré récemment au supplément artistique du quotidien Libération, qui a annoncé mercredi son décès.

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11/11/2008

Miriam MAKEBA - 09-11-2008

capture409La chanteuse sud-africaine Miriam Makeba, symbole de la lutte anti-apartheid, est décédée d'une crise cardiaque, dimanche soir. Elle avait 76 ans et toujours l'envie de lutter contre l'injustice, les inégalités, le racisme. Elle venait de chanter pour soutenir Roberto Saviano, l'auteur du film Gomorra, menacé de mort par la Mafia napolitaine. Le concert se déroulait dans la commune italienne où six immigrés africains et un Italien avaient été abattus, en septembre, dans des conditions encore obscures.

 

Miriam Makeba est née à Johannesburg, le 4 mars 1932, d'une mère Swazi et d'un père Xhosa. Elle se chauffe déjà la voix quand l'Afrique du Sud bascule aux mains des nationalistes afrikaners en 1947. Le pouvoir la déchoit de sa nationalité pour avoir participé, en 1959, au film-documentaire Come Back Africa sur la ségrégation, réalisé clandestinement par le Sud-Africain Lionel Rogosin. Elle a 27 ans et entame alors trente et un ans d'exil et de tournées, de joies et de souffrances.

Voix convoitée du groupe The Manhattan Brothers, Miriam Makeba décroche le succès avec Pata Pata, en 1962, une chanson reprise notamment par Sylvie Vartan sous le titre Tape Tape. En 1965, elle est la première femme noire à obtenir un Grammy Award, partagé avec le chanteur Harry Belafonte pour leur disque commun, An Evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba. Quatre ans plus tard, elle épouse Stokely Carmichael (divorce en 1973), l'un des chefs des Black Panters américains, figure controversée de la lutte pour les droits civiques. Cela vaudra à la chanteuse des ennuis avec la justice américaine.

Elle doit s'exiler, encore, vers des terres amies. Elle obtiendra un titre de citoyenneté honoraire dans dix pays, dont la France. Et c'est avec un passeport français qu'elle est retournée en Afrique du Sud en 1991, à la demande de Nelson Mandela. Dans son album Homeland (2000), elle chante la joie d'être rentrée. « J'ai conservé ma culture, j'ai conservé la musique de mes racines. Grâce à elle, je suis devenue cette voix et cette image de l'Afrique et de son peuple sans même en être consciente », avait écrit, dans son autobiographie, celle que tout le monde surnommait « Mama Africa ».
(© Christelle GUIBERT -  )

Regis GENAUX - 08-11-2008

L'ancien international du Standard de Liège, Regis Genaux est décédé d'une embolie pulmonaire (d'un arrêt cardiaque) à l'âge de 35 ans à son domicile à Chaudfontaine, samedi en début de soirée. Joueur du RFC Sérésien, du Standard, de Coventry (Ang) et d'Udinese (Ita), Regis Genaux avait été international à 27 reprises (21 capes).

Né à Charleroi le 31 août 1973, Régis Genaux, l'un des "Trois mousquetaires" du Standard avec Philippe Léonard et Michael Goossens, avait débuté en équipe première du Standard à 17 ans à l'occasion d'un match contre le CS Bruges en mars 1991. Il quittait Sclessin pour l'Angleterre et Coventry en 1996, après avoir remporté la Coupe de Belgique avec les Liégeois en 1993 et terminé 2e du championnat de Belgique en 1993 et 1995. Après un an en Angleterre, le défenseur liégeois était transféré à l'Udinese. Il restait cinq ans en Italie, avant de revenir au Standard en 2001, et de retourner un an plus tard à Udine, où il mit un terme à sa carrière de joueur en 2003 à l'âge de 29 ans.

Sélectionné à 27 reprises chez les Diables Rouges, Régis Genaux compte 21 capes en équipe nationale. Il avait porté le maillot des Diables Rouges pour la première fois le 16 février 1992 dans un match amical contre la Tunisie. Il avait disputé son dernier match international le 26 avril 2000 contre la Norvège.

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Michael CRICHTON - 04-11-2008

Le type était étonnant : cinq mariages, huit romans à succès sous le pseudo de John Lange, deux douzaines de romans best-sellers sous son propre nom, cinq films comme metteur en scène, des scénarios décisifs pour Coma (1978), Rising Sun (Soleil Levant, 1993), Michael Crichton n’avait pas besoin de Jurassic Park, ni que des paléontologues donnent son nom à un dinosaure, pour imprimer sa marque dans la culture pop de ce dernier demi-siècle. Crichton est mort mardi d’un cancer, à Santa Monica. Il avait 66 ans. Incroyablement versatile, on lui doit aussi l’impérissable feuilleton Urgences.

Il devait peut-être son adaptabilité et sa productivité au milieu dans lequel il a grandi : celui de la publicité, à Chicago et New York. Son père éditait la plus grande revue professionnelle du métier, Advertising Age. Etudiant en littérature à Harvard, il changea de matière quand un professeur critiqua son style.

Spielberg. Diplômé en anthropologie, Michael Crichton fit ensuite sa médecine, toujours à Harvard. Ces deux matières devaient bien le servir plus tard pour ses livres. Il s’était mis à écrire sous pseudo - les thrillers de John Lange, mais aussi sous le nom de Jeffery Hudson - pour financer des études prolongées : A Case of Need, sur l’avortement, qui lui valut un Edgar en 1966. Mais c’est The Andromeda Strain qui l’a lancé, en 1969, lorsqu’il résidait en Californie, faisant un doctorat au Salk Institute de biologie. Robert Wise fera de ce roman sur un virus venu d’ailleurs un succès à l’écran en 1971. D’autres suivirent, comme The Terminal Man en 1972, dans lequel Crichton glosait déjà sur les ordinateurs. La même année, il avait adapté un de ses romans, signé John Lange, Pursuit, et c’est sur un plateau de Universal qu’un certain Steven Spielberg fit sa connaissance. Ils devaient faire Jurassic Park ensemble vingt ans plus tard.

Mais l’écrivain avait aussi chopé le virus : il dirigera plusieurs films, dont l’excellent Coma (1978), avec Geneviève Bujold, un film terrifiant situé dans un hôpital ; le bizarre Westworld (1973), avec Yul Brynner, et un film sur la chirurgie esthétique chez les mannequins, Looker (1981). A deux ans d’intervalle, Crichton pouvait passer de The Great Train Robbery (1979) - avec Sean Connery - à une biographie du peintre Jasper Johns.

Parano. Mais il finit par lasser ses lecteurs, qui rechignaient tantôt sur son style (encore !), tantôt sur ses opinions controversées à propos du réchauffement planétaire. Il a néanmoins trouvé son second souffle, et un succès fantastique, avec son histoire de dinosaures recréés par le génie génétique dans un parc thématique en folie, Jurassic Park. Version relookée techno de la pépite de Conan Doyle le Monde perdu, sa «séquelle» portera justement ce titre.

Comme le lapin mécanique des publicités des piles Duracell, Crichton «kept coming, and coming, and coming» : Rising Sun (1992) était un réjouissant film parano et revanchard sur le danger économique nippon. En 1994, l’ancien carabin retournait à ses amours, créant le pilote de ER (Urgences), la série qui lança George Clooney et qui devint l’une des plus populaires de la fin du siècle dernier.

Comme ses savants fous, Crichton semblait indestructible et trempé dans l’eau de jouvence. Pour faire bonne mesure, il s’était arrangé pour que Jeff Goldblum joue son rôle de paléontologue dans Jurassic Park, l’acteur ayant sensiblement la même taille - un alarmant mètre quatre-vingt-quinze. Il n’avait peut-être pas de style, mais était en prise directe avec notre parano sur la médecine et la technologie, qui évidemment était presque entièrement justifiée. Et, plus rare encore, il racontait de bonnes histoires.


Article: Philippe GARNIER

 

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Larry JAMES - 06-11-2008

George Lawrence "Larry" James, né le 6 novembre 1947 et mort d'un cancer le 6 novembre 2008, était un athlète américain et champion olympique.

Double médaillé des Jeux olympiques d'été de 1968 de Mexico, Larry James a aussi établi plusieurs records du monde durant sa carrière. James a remporté l'argent à Mexico avec un temps de 43 s 97, améliorant le record existant mais étant encore battu par son compatriote Lee Evans (43 s 86). Il remporta également l'or avec le relais 4 x 400 m qui améliora le record du monde en 2 min 56 s 16. Ce record dura jusqu'en 1992. Lors de ces Jeux de Mexico, il protesta avec les deux autres athlètes présents sur le podium du 400 m contre la ségrégation persistance dans la société américaine, en levant son poing en l'air (symbole de lutte du Black Power).

James a aussi établi le record du 400 m en 44 s 1 en se plaçant deuxième derrière Evans lors des trials en 1968. Mais le temps d'Evans qui courait avec des pointes non homologuées n'avait pas été reconnu par l'IAAF.

Rosella HIGHTOWER - 04-11-2008

La danseuse étoile franco-américaine Rosella Hightower, qui a dirigé le Ballet de l'Opéra de Paris et celui de la Scala de Milan dans les années 1980, est décédée cette nuit à Cannes à l'âge de 88 ans, a annoncé à l'AFP sa fille Dominique Monet Robier.

Née en janvier 1920 à Ardmore (Oklahoma), Rosella Hightower, qui fut l'une des grandes ballerines de son temps, avait épousé le Français Jean Robier. Elle est décédée à son domicile des suites de plusieurs attaques cérébrales.

Elle avait débuté sa carrière professionnelle en 1938 au Ballet russe de Monte-Carlo, avant de rejoindre comme soliste le Ballet Theatre aux Etats-Unis. Son premier rôle d'étoile lui avait été offert au Métropolitan Opera de New York dans "Giselle".

"Danseuse du mouvement", Rosella Hightower avait rejoint en 1947 le Grand ballet du marquis de Cuevas, où elle travailla jusqu'en 1962 avec de grands noms de la danse comme Rudolf Noureev. Elle fut également directrice de la danse de l'Opéra de Marseille (1969-1972), de l'Opéra de Nancy (1973-1974), de l'Opéra de Paris (1981-1983) et de la Scala de Milan (1983-1986). En 1962, elle a fondé l'Ecole supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower où elle a enseigné jusqu'en 2000.

Rosella Hightower avait reçu en 2005 l'insigne de commandeur de la Légion d'honneur.

 

Yma SUMAC - 01-11-2008

Diva capricieuse pour les uns, chanteuse mythique et icône intouchable pour d'autres, Yma Sumac, phénomène vocal aux quasi-cinq octaves, est morte, samedi 1er novembre à Los Angeles (Californie), des suites d'un cancer. La soprano péruvienne était âgée de 86 ans.Elle naît sous le nom de Zoila Augusta Emperatriz Chavarri del Castillo le 13 septembre 1922 à Callao, premier port du Pérou, près de Lima, la capitale, et passe les premières années de son enfance à Ichocan, dans la région de hauts plateaux de Cajamarca, au nord du pays.

Au sommet de sa carrière, Yma Sumac avait eu des millions d'admirateurs à travers le monde, notamment en Amérique latine.

Son premier plébiscite public, elle le connaît à l'âge de 13 ans, dans son village natal. Elle chante à la fête de l'Inty Raymi (Festival du Soleil) devant plus de 20 000 personnes. Yma Sumac commence sa carrière de chanteuse à Lima, dans une troupe dirigée par Moises Vivanco, un musicien ayacuchano, qui deviendra son époux et compositeur.

Sa carrière internationale débute en 1942, à la radio argentine, avec la troupe de Vivanco, sous le nom d'Imma Sumack ("Jolie Fleur" ou "Jolie Fille" en langue quechua). Elle réalise ses premiers enregistrements en 1943, en Argentine. Au cours des années 1940, elle commence à tisser sa légende, donnant des concerts en Amérique latine et aux Etats-Unis.

En 1950, elle signe un contrat avec la firme phonographique américaine Capitol Records, sous un nom réorthographié. Imma Sumack n'est plus, vive désormais Yma Sumac ! Celle qui va enchaîner les enregistrements, chanter devant des stades remplis d'un public fervent, laisser son souvenir à travers des films tournés à Hollywood, dont Le Secret des Incas, avec Charlton Heston, réalisé par Jerry Hopper (1954). Dans les années 1960, elle se rend en URSS, invitée par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, et y enregistre un album en public.

Puis elle se produit en Asie, en Europe, en Amérique latine. Le retour aux Etats-Unis, en 1965, est rude : on ne fait plus guère attention à elle. Yma Sumac regagne temporairement la terre de ses ancêtres. Elle vit au Pérou jusqu'au milieu des années 1980, avant de retourner aux Etats-Unis, où sa carrière va redémarrer sans atteindre les sommets passés.

En 1946, le consul général du Pérou aux Etats-Unis avait émis un document reconnaissant en Yma Sumac, "en accord avec les autorités de l'histoire des Incas et de l'histoire péruvienne", la qualité de descendante du dernier empereur inca du Pérou, Atahualpa, assassiné par les conquérants espagnols en 1533. Cette reconnaissance, dont elle tirait une grande fierté, a probablement contribué à forger ou à renforcer le caractère capricieux et exigeant sous lequel elle aimait à se montrer.

"Il fallait avoir en permanence un tapis rouge portatif", explique Francis Falceto, le programmateur qui fut à l'origine de sa venue en France, au Printemps de Bourges, en 1992, avec la complicité de la chanteuse Annick Hemon, du groupe français Dora Lou.

Après un récital à Bruxelles durant l'hiver 1988 et un passage à Berlin, ce concert en France de la castafiore kitsch péruvienne, dont le parolier Etienne Roda-Gil faisait chanter le nom à Vanessa Paradis dans Joe le Taxi (1987), est attendu comme un événement. Pour écouter ses mambos et chants incantatoires en quechua, entendre cette extravagance sonore, des gens sont venus à Bourges de toute l'Europe, se souvient Francis Falceto.

Ce jour-là, sa dernière apparition en France, la puissance de la voix, toujours capable de passer de profondeurs abyssales à des aigus vertigineux, époustoufle encore. Au-delà des anecdotes, des histoires vraies ou fausses (on la disait adoratrice du soleil, juive née à Brooklyn, princesse inca...), Yma Sumac était une chanteuse aux capacités vocales exceptionnelles, une voix tellement singulière qu'elle pouvait déclencher des terreurs enfantines. "Quand mon père passait ses disques, j'allais me cacher", raconte Rémy Kolpa Kopoul, animateur vedette de Radio Nova, à Paris.

Celle qui avait été surnommée, au temps de sa gloire, "l'oiseau-chanteur péruvien", ou "le rossignol des Andes", aimait, dit-on, vivre entourée, à la fin de sa vie, de fleurs ou de photos évoquant sa gloire passée des années 1950 et suivantes. Car au sommet de sa carrière, Yma Sumac avait eu des millions d'admirateurs, en Amérique latine, mais aussi à travers le monde.

13 septembre 1922
Naissance à Callao (Pérou)

1942
Début de sa carrière internationale

1946
Officialisée descendante du dernier empereur du Pérou

1965
Fin de ses années de gloire

1er novembre 2008
Mort à Los Angeles (Californie)

(source LE Monde © Patrick Labesse)

Jacques PICCARD - 01-11-2008

L'inventeur et explorateur suisse des grands fonds, fils du célèbre physicien Auguste Piccard, le professeur Jacques Piccard s'est éteint le 1er novembre 2008 en Suisse à l'âge de 86 ans. Il était descendu à plus de 10 000 mètres de profondeur en 1960 à bord du sous-marin le Trieste. La découverte de traces de vie à de telles profondeurs conduit à l'interdiction de l'enfouissement des déchets nucléaires dans les fosses marines.
Décédé à 86 ans, Jacques Piccard faisait partie d’une étonnante famille d’aventuriers, de savants et de grands explorateurs. Il avait fait ses premières armes dans la stratosphère en compagnie de son père, Auguste Piccard, qui inventa les premiers ballons et bathyscaphes pour explorer les plus hautes altitudes et les grandes profondeurs.Hergé allait d’ailleurs immortaliser la famille en s’inspirant d’Auguste pour créer le personnage du « Professeur Tournesol » dans les Aventures de Tintin.

L’homme le plus profond du monde

Jacques Piccard poursuivit dans la voie tracée. En 1960 il battait un record du monde en s’enfonçant jusqu’à 10 900 mètres dans la fosse des Mariannes, au nord-ouest de l’océan Pacifique.

Il mit au point différents submersibles pour la recherche et le tourisme. Il mena campagne, avec succès, pour obtenir l’interdiction d’entreposage des déchets nucléaires dans les fonds marins.

Son fils Bertrand a pris la relève. Après avoir effectué le tour du monde en ballon, il travaille actuellement à la mise au point d’un avion solaire.

10/11/2008

Tony HILLERMAN - 26.10.2008

capture401PHOENIX - Tony Hillerman, l'un des maîtres incontestés du polar américain et père des policiers navajos Joe Leaphorn et Jim Chee, est mort dimanche dans un hôpital d'Albuquerque (Nouveau-Mexique) d'une défaillance pulmonaire. Il était âgé de 83 ans. 

La fille de Hillerman qui a fait cette annonce a expliqué que la santé de son père avait décliné au cours des deux dernières années et le romancier avait subi deux attaques cardiaques. 

Il avait également subi plusieurs opérations et avait un cancer de la prostate. Il avait commencé à perdre l'audition et la vue et l'arthrite lui avait déformé les mains mais il continuait néanmoins à taper sur son clavier de machine à écrire. En 2002, il reconnaissait qu'il avait été rejoint par la vieillesse mais ajoutait-il aussitôt "j'adore toujours écrire". Né le 27 mai 1925 à Sacred Heart (Oklahoma), Tony Hillerman a d'abord exercé la profession de journaliste avant de l'enseigner pendant plus de 20 ans tout en s'adonnant à son autre passion: le roman policier ethnologique auquel il donnera ses lettres de noblesse. En une douzaine d'ouvrages, Hillerman aura présenté au monde les "Four Corners", une région indienne située aux frontières entre les quatre Etats du Colorado, de l'Utah, du Nouveau-Mexique et de l'Arizona. 

C'est là qu'évolueront Joe Leaphorn et Jim Chee de la police tribale Navajo dans des romans tels que "La Voie de l'ennemi" en 1970 ou encore "Là où dansent les morts" en 1973. Cette même année, Hillerman publiera "Le Grand Vol de la banque de Taos", Suivront notamment "Le peuple de l'ombre" en 1980 ou encore "Le Vent sombre" en 1982. 

Plusieurs de ses oeuvres avaient été adaptées au cinéma dont "Le Vent sombre" (The Dark Wind), produit en 1991 par Robert Redford et réalisé par Errol Morris. Dans ce film renié par Tony Hillerman, le lecteur retrouve toutefois ce qui fait le sel des romans.

02/11/2008

John DALY - 31-10-2008

capture380Daly, qui présidait la compagnie Film and Music Entertainements, est mort dans son sommeil au centre médical Cedar-Sinai de Los Angeles, des suites d'un cancer, a précisé sa fille Jenny Daly.

Sur quarante ans de carrière, la société de Daly a remporté 13 fois l'Oscar du meilleur film, et 21 nominations, ainsi que des Golden Globe.

Daly a favorisé la carrière de cinéaste réputés comme Oliver Stone (Platoon), Bernardo Bertolluci (Le Dernier Empereur), et Robert Altman (Images) ainsi que celle d'acteurs comme Denzel Washington, Keanu Reevers et Julia Roberts.

"John était vraiment un géant de l'industrie du cinéma, qui a changé la manière dont on fait les films pour le meilleur" a estimé Lawrence Lotman, responsable des finances et directeur de la compagnie Film and Music Entertainements.

Né à Londres, Daly avait commencé dans le show business en 1967 avec l'acteur britannique David Hemmings, formant avec lui Hemdale, une société qui produisait des groupes musicaux comme Yes et Black Sabbath.

Hemdale est devenu ensuite producteur de films indépendants, distribuant des films comme "Tommy", d'après la biographie communiquée par Film and Music Entertainements. La compagnie a réalisé une centaine de films qui ont rapporté plus de 1,5 milliard de dollars (1,18 milliard d'euros).

Arrivée en 2003 à la tête de Film and Music Entertainements, Daly avait produit, co-écrit et dirigé "The Aryan Couple", avec Martin Landau. AP