23/08/2008

Levy MWANAWASA - 19.08.2008

LUSAKA (AFP) - Le président zambien Levy Mwanawasa, au pouvoir depuis 2002, est mort mardi à l'âge de 59 ans à Paris où il avait été hospitalisé après une attaque cérébrale fin juin

Loué pour sa politique de lutte contre la pauvreté et la corruption, le chef de l'Etat zambien était l'une des rares voix dans la région à avoir critiqué son homologue zimbabwéen Robert Mugabe et son décès pourrait déstabiliser l'équilibre régional.

Hospitalisé depuis sept semaines dans une unité de soins intensifs, son état de santé s'était brusquement détérioré ce week-end et il avait été opéré en urgence lundi. Il est finalement décédé mardi vers 08H30 GMT.

Sa mort a été annoncée sur les médias d'Etat par le vice-président Rupiah Banda, qui doit assurer l'interim jusqu'à l'organisation d'une élection présidentielle dans les 90 jours.

M. Banda a décrété sept jours de deuil national, durant lesquels les drapeaux resteront en berne, les radios et télévisions diffuseront de la musique funèbre et les loisirs seront suspendus.

Le Parlement a suspendu ses travaux "afin de se préparer pour les funérailles", a déclaré le président de l'Assemblée nationale, Amussa Mwanamwambwa. La date des obsèques n'a pas encore été fixée.

Le président Mwanawasa avait été hospitalisé après un malaise le 29 juin alors qu'il se trouvait en Egypte pour un sommet de l'Union africaine (UA). Il avait été transféré à l'hôpital militaire Percy de Clamart, dans la banlieue de Paris, où il est décédé.

Troisième chef d'Etat depuis l'indépendance en 1964 de la Zambie, M. Mwanawasa avait gagné le respect de la communauté internationale pour avoir réduit l'inflation et les dépenses publiques, même si le pays reste l'un des plus pauvres du monde.

La croissance économique en Zambie est aujourd'hui supérieure à 6% et les réserves en devises dépassent le milliard de dollars.

Il a aussi gagné le respect de l'Occident pour avoir osé critiquer, à contre-courant de la majorité des leaders régionaux, le président Mugabe, reconduit dans ses fonctions après un simulacre de présidentielle fin juin.

En 2007, il avait comparé le Zimbabwe à "un Titanic en train de sombrer" puis dénoncé en juin dernier "le silence" de ses voisins malgré les violences dans le pays.

Le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy, qui préside actuellement l'Union européenne (UE), a immédiatement estimé que sa mort représentait "une grande perte pour la démocratie, dont il fut un ardent défenseur tout au long de sa vie".

L'opposant zimbabwéen Morgan Tsvangirai a regretté la perte "d'un bon ami et camarade", d'"un champion de la démocratisation de la région (australe) et du continent africain en général".

Le premier président de la Zambie indépendante Kenneth Kaunda, à la tête du pays pendant 27 ans, a regretté la perte d'un "visionnaire, un leader, qui a transformé l'économie de ce pays" et a appelé les Zambiens à rester unis, tout comme son successeur, l'ex-président Frederick Chiluba.

Levy Mwanawasa avait succédé à ce dernier en 2002 sous les couleurs du Mouvement pour la démocratie multipartite (MMD) après un scrutin remporté de justesse dans des conditions contestées.

En octobre 2006, il s'était maintenu à son poste pour un nouveau mandat de cinq ans. Là encore, le scrutin avait été contesté et sa réélection avait entraîné des violences à Lusaka.

Une campagne anti-corruption, lancée au plus haut niveau, lui a surtout permis d'écarter de potentiels rivaux.

Le MMD de Levy Mwanawasa, qui ne pouvait briguer de troisième mandat selon la Constitution, devait l'année prochaine organiser une conférence pour lui choisir un successeur.

Grièvement blessé dans un accident de voiture au début des années 90, ce père de six enfants avait eu une première attaque cérébrale en 2006.

15/08/2008

ISAAC HAYES - 10-08-2008

LOS ANGELES (Reuters) - Le chanteur américain Isaac Hayes, l'un des plus grands noms de la soul music, est décédé dimanche à Memphis à l'âge de 65 ans, apprend-on auprès de son ami et ancien manager Onzie Horne.

Le musicien a été trouvé inconscient à son domicile, puis transféré d'urgence à l'hôpital où son décès a été prononcé, a déclaré l'épouse de Hayes à Onzie Horne.

Avec James Brown, Al Green et Stevie Wonder, Isaac Hayes fut l'un des musiciens noirs les plus marquants du début des années 1970. Il aurait eu 66 ans le 20 août.

Sa carrière connut son apogée en 1972 avec un Oscar pour son "Theme from Shaft", tiré de l'un des films phares du genre "blaxploitation". Le morceau, mélange irrésistible de guitares wah-wah et d'un rythme enivrant, fut longtemps numéro un des ventes aux Etats-Unis.

Bien avant de se mettre à chanter, Hayes, ancien pianiste et organiste, fut aussi un compositeur de tubes pour le label soul de Memphis Stax Records.

Avec le parolier David Porter, il a composé des classiques de la soul pour Sam and Dave, comme "Soul Man" ou "Hold On! I'm A Comin".

Avec son crâne chauve, ses lunettes noires, ses vêtements extravagants et ses multiples bijoux, Hayes fut ensuite encouragé à poursuivre sa propre carrière de chanteur par les dirigeants de Stax.

Son premier album, "Presenting Isaac Hayes", ne connut guère de succès en 1968. Le deuxième, "Hot Buttered Soul" publié l'année suivante, ne contenait que quatre chansons mais se vendit à plus d'un million d'exemplaires.

Son travail sur "Shaft", un film policier réalisé par Gordon Parks où il espérait jouer, fut le premier d'une longue série d'oeuvres écrites pour le cinéma.

Il devint finalement acteur dans "Truck Turner" en 1974 et apparaissait encore récemment dans le drame hip-hop "Hustle & Flow".

Ces dernières années, il avait prêté sa voix à Chef, l'un des personnages du dessin animé "South Park". Mais il avait quitté la série parce qu'elle se moquait de la scientologie, mouvement religieux auquel il appartenait.

Dean Goodman, version française Jean-Stéphane Brosse

09/08/2008

Andrea PININFARINA - 07.08.2008

MILAN (AFP) — Andrea Pininfarina, PDG du célèbre carrossier italien du même nom, a été tué jeudi matin dans un accident de la circulation dans la banlieue de Turin (nord de l'Italie), a annoncé la société Pininfarina.

L'industriel, âgé de 51 ans, a été renversé par une voiture alors qu'il conduisait sa moto, selon la même source.

Andrea Pininfarina appartenait à la troisième génération de cette famille industrielle turinoise, qui avait transformé le petit atelier de carrosserie créé en 1930 par le grand-père Giovanni en une marque mondiale du design automobile industriel grâce au père, le célèbre carrossier et designer Sergio Pininfarina.

Ce dernier, âgé de 81 ans, est toujours président honoraire de la société.

Père de deux autres enfants, il avait cédé son poste de PDG à son fils Andrea, il y a six ans, selon la société.

Andrea Pininfarina, père de trois enfants, ingénieur mécanique de formation, était entré dans l'entreprise familiale en 1983, après avoir travaillé aux Etats-Unis. Il a été vice-président de Confindustria, l'organisation patronale italienne, de 2004 à 2008.

Spécialisé dans l'assemblage de modèles sportifs (coupés, cabriolets) pour le compte de grands constructeurs, le groupe Pininfarina s'était illustré en 2006 en dessinant la torche olympique des jeux Olympiques d'hiver de Turin.

En difficulté financière, Pininfarina, dont le chiffre d'affaires s'élève à 670,4 millions d'euros, avait obtenu en avril dernier le soutien de trois industriels italiens et du français Vincent Bolloré pour appuyer son plan de relance et participer à une augmentation de capital de 100 millions d'euros.

A cette occasion, Andrea Pininfarina avait annoncé l'intention de la famille, actionnaire à 55% de la société, de descendre dans le capital pour laisser de la place aux nouveaux investisseurs, tout en gardant une participation de 30%.

Le carrossier a subi l'an dernier une lourde perte nette de 114,9 millions d'euros, contre 22 millions un an plus tôt.

Pour réduire ses pertes, le groupe italien a mis en place un plan industriel.

Il a par ailleurs renforcé son activité de design automobile et d'ingénierie, plus rentable, et a accentué ses efforts sur la voiture électrique.

Avec le groupe Bolloré, Pininfarina a notamment mis au point une voiture 100% électrique, qui doit être disponible à partir de juin 2009.

Le titre a été suspendu à la bourse de Milan pour excès de hausse

Alexandre SOLJENITSYNE -04.08.2008

 

L’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne s’est éteint à 89 ans dans la nuit de dimanche à lundi à Moscou des suites d’une crise cardiaque. Paria devenu héros, prix Nobel de littérature, grand historien, dissident, son histoire retrace les grands bouleversements de la Russie du XXe siècle. « J’ai en moi le sentiment, la conviction, que je reviendrai vivant dans ma patrie », avait prédit Alexandre Soljenitsyne en 1974, alors exilé aux Etats-Unis.  Et c’est bien à Moscou que s’est éteint le grand historien russe, tour à tour détesté, craint et célébré dans son pays.

Avec son physique de penseur du XIXe, Alexandre Soljenitsyne fut une grande figure du XXe. L’écrivain russe a dévoilé au monde la réalité du système concentrationnaire soviétique. Cet esprit libre symbolise la révolte contre le stalinisme. L’historien a marqué le siècle dernier en écrivant Une journée d’Ivan Denissovitch, le témoignage qui a dévoilé au monde l’horreur des goulags.

 

Né dans le Caucase en 1918, un an après la révolution russe, il commence par adhérer aux idéaux bolchéviques. Mobilisé en 1941, il se bat courageusement sur le front contre les troupes d’Hitler. Mais il commence déjà à inquiéter le pouvoir. En effet, il écrit des lettres à un ami, dans lesquelles il critique Staline. Dès la fin de la guerre, il est condamné à huit ans de détention comme traître dans un « camp de redressement par le travail ». A sa sortie, en 1953, il est exilé dans un village du sud du Kazakhstan, où il commence à écrire. L’écrivain est atteint à 35 ans d’un cancer de l’estomac, dont il guérit miraculeusement.

L’exil prend fin en 1956, début de la déstalinisation. Un an plus tard, il est réhabilité. Il arrive même à faire paraître son premier roman en 1962, Une journée d’Ivan Denissovitch, qui dévoile l’horreur des camps staliniens. Une onde de choc pour l’URSS mais aussi pour l’occident, qui découvre la réalité d’un régime tyrannique.

Brejnev remplace Khrouchtchev. Le dissident inquiète… Soljenitsyne continue à écrire, mais Le pavillon des Cancéreux et Le premier cercle ne sortent qu’en éditions clandestines et à l’étranger. Lorsqu’en 1970, l’écrivain reçoit le prix Nobel de littérature, le Kremlin voit d’un mauvais œil cette reconnaissance internationale. L’historien décide de ne pas aller à Stockholm chercher sa récompense car il craint de ne pouvoir revenir dans sa patrie.

En 1973, L’Archipel du goulag, une fresque sur les camps, est publié à Paris. Il reçoit à nouveau un grand écho dans le monde. Pour Soljenitsyne, cette fois c’est l’expulsion. Déchu de sa citoyenneté soviétique, il part pour Francfort, puis pour la Suisse. L’écrivain finit par s’installer aux Etats-Unis dans le Vermont. Il se consacre alors à un cycle historique : La roue rouge. Mais aux Etats-Unis, l’écrivain dénonce, toujours sans complaisance, le mode de vie matérialiste de l’occident. Dans sa propriété de Cavendish, Soljenitsyne reprend toutes ses œuvres publiées pour les fignoler.

Retour en Russie post-soviétique

En 1991, c’est la fin de l’URSS. Après 20 ans d’exil, Alexandre Soljenitsyne revient en Russie en mai 1994. Il anime une émission télévisée et voyage à travers le pays. A partir de 1998, il vit retiré près de Moscou entouré de sa famille.                                                

Qualifié par certains de rétrograde, de nationaliste, d’antisémite aussi, l’éternel dissident a été à plusieurs reprises critiqué. Il fut targué notamment d’antisémitisme suite à la parution de son ouvrage, Deux siècles ensemble, qui abordait les relations entre les Juifs et les Russes de 1795 à 1995. Autres sujets de controverse pour ce libre penseur : à son retour en Russie, il défend la peine de mort pour les terroristes et approuve l’intervention de l’armée en Tchétchénie. Au fil des ans, le dissident s’est rapproché de Vladimir Poutine, mais ce dernier l’a déçu : il ne suivait pas ses conseils.

Quelques dates
1918 : naissance à Kislovodsk dans le Caucase
1941 : mobilisé contre les troupes d’Hitler, il est décoré deux fois pour son courage sur le front
1945 : condamné à huit ans de détention dans un camp de travail de la steppe kazakhe
1953 : exilé dans un village du sud du Kazakhstan, où il est atteint d’un cancer à l’estomac
1956 : fin de son exil, il est réhabilité
1962 : publie Une journée dans la vie d’Ivan Denissovitch sur la réalité des goulags
1963 : publie dans la revue Novyi Mir plusieurs textes dont La Maison de Matriona
1964 : Khrouchtchev est écarté du pouvoir, les livres de Soljenitsyne sont interdits
1970 : reçoit le prix Nobel de littérature
1973 : parution en France de L’archipel du goulag
1974 : Soljenitsyne est expulsé d’URSS et se retrouve en RFA
1976 : installation aux Etats-Unis, dans le Vermont
1994 : retour en Russie, où il est réhabilité
1998 : l’écrivain se retire de la vie publique

03/08/2008

Mate PARLOV - 29.07.2008

ZAGREB (AP) - L'ancien champion du monde et champion olympique de boxe Mate Parlov est décédé à l'âge de 59 ans.

Selon la presse croate, Parlov est mort mardi soir, cinq mois après avoir découvert qu'il souffrait d'un cancer du poumon. Le Croate est décédé à l'hôpital, dans sa ville natale de Pula.

Parlov était considéré comme l'un des plus grands sportifs de l'ex-Yougoslavie.

Il avait remporté la médaille d'or dans la catégorie des lourds-léger aux Jeux de Munich en 1972. Il avait aussi été sacré champion d'Europe chez les amateurs à deux reprises et champion du monde en 1974.

En tant que professionnel, il avait conquis le titre WBC des lourds-léger. AP

Hiram BULLOCK - 25.07.2008

Un cancer a emporté le guitariste de jazz américain Hiram Bullock à New York, a le site du journal "Jazz Times". Le musicien avait 52 ans. Il avait travaillé notamment avec Barbra Streisand, Sting et Eric Clapton.

Il a accompagné sur scène Miles Davis, James Brown ou Al Green et fut longtemps à la télévision membre de l'orchestre de l'animateur et humoriste David Letterman. Le guitariste laisse une douzaine d'albums dont le dernier, "Too Funky 2 Ignore" date de 2006.