28/07/2008

Youssef CHAHINE - 27.07.2008

LE CAIRE (AFP) - Le plus célèbre des cinéastes égyptiens, Youssef Chahine, est décédé dimanche à l'âge de 82 ans après avoir passé six semaines dans le coma à la suite d'une hémorragie cérébrale.

"Youssef Chahine est décédé à 03H30 ce matin à l'hôpital militaire de Maadi", dans la banlieue du Caire, a déclaré à l'AFP son ancien disciple, le réalisateur Khaled Youssef.

Les funérailles auront lieu lundi au Caire. Puis le cinéaste sera enterré dans le caveau familial à Alexandrie, la grande ville du nord où il est né, a précisé l'agence officielle Mena.

La télévision publique égyptienne avait peu auparavant annoncé le décès du dernier monstre sacré des cinéastes égyptiens, en diffusant des extraits de ses films et des images d'archives du cinéaste.

Youssef Chahine avait été hospitalisé à Paris pendant un mois à la suite d'une hémorragie cérébrale survenue en Egypte et qui l'avait plongé dans le coma le 16 juin.

Ceux qui ont tourné sous sa direction, ou à ses côtés, car sa vocation première était d'être acteur, le décrivent comme une "personnalité mythique du cinéma arabe", a dit à l'AFP l'actrice Yossra.

"C'était l'un des cinéastes les plus importants du monde, et pas seulement du monde arabe", a affirmé dimanche à l'AFP l'un des acteurs égyptiens les plus connus, Nour el-Chérif, en rendant hommage au cinéma "différent" de Youssef Chahine.

Toute la presse égyptienne, gouvernementale comme d'opposition, avait donné en une la nouvelle de l'attaque cérébrale qui avait frappé un réalisateur déjà entré dans la légende du cinéma égyptien.

Mais bien que ses relations avec le pouvoir aient été, du propre aveu du cinéaste, "très mauvaises", le président Hosni Moubarak avait fait annoncer que l'Etat égyptien prendrait à ses charges ses frais d'hospitalisation en France, à l'Hôpital américain de Neuilly, près de Paris.

Le réalisateur, scénariste et producteur, né en 1926, a obtenu en 1997 le Prix du cinquantième anniversaire du Festival de Cannes pour l'ensemble de son oeuvre.

Parmi ses films les plus connus figurent "Le Destin" (1987), une dénonciation du fanatisme, ainsi que "La Terre" (1969) et "Alexandrie, Pourquoi" (1978), premier volet d'une trilogie autobiographique.

C'est lui qui découvrit, au début des années cinquante, Omar Charif, l'autre grand monstre sacré du cinéma égyptien, et seul grand acteur arabe de stature internationale.

Eduqué en français et en anglais, Youssef Chahine était parti étudier à 21 ans le cinéma à Pasadena, en Californie, et reviendra sur son destin dans un cinéma égyptien alors phare du monde arabe, ce qu'il n'est plus.

Alors que l'islamisme se répand, Youssef Chahine s'insurgea contre ce phénomène, lui qui connut dans son enfance une Egypte tolérante et multi-ethnique, où les chrétiens, comme il l'est, et aussi les juifs vivaient en harmonie.

Critique du régime égyptien, son dernier long métrage "Le chaos", co-réalisé avec Khaled Youssef en 2007, ne remporta pas le succès qu'il escomptait en Egypte, ni à l'étranger

19/07/2008

Gyorgy KOLONICS - 15.07.2008

L'un des meilleurs canoéistes en ligne du monde, qui devait participer à ses cinquièmes Jeux Olympiques à Pékin, est décédé brutalement mardi à Budapest. Le Hongrois Gyorgy Kolonics  a succombé à une crise cardiaque durant un entraînement et les secours arrivés sur place n'ont pu que constater son décès.

A 36 ans, il laisse dans son sillage un palmarès considérable. Associé à Csaba Horvth, Kolonics a ramené de l'or (C2, 500 m) et du bronze (C2, 1000 m) d'Atlanta en 1996. Quatre ans plus tard, il réalisait une moisson similaire à Sydney en gagnant le titre seul sur 500 m et le bronze avec György Kozmann sur 1000 m. En seize ans de carrière, il a également cumulé quinze titres de champion du monde, le dernier en 2007 sur 500 m, toujours avec Kozmann

Bronislaw GEREMEK - 13.07.2008

VARSOVIE (Reuters) - L'intellectuel et eurodéputé polonais Bronislaw Geremek, figure du mouvement anticommuniste Solidarité dans les années 1980, a trouvé la mort dimanche dans un accident de voiture, rapporte la police. Il était âgé de 76 ans.

Sa Mercedes est entrée en collision avec une camionnette après avoir quitté sa file sur une route des environs de Lubien, dans l'ouest de la Pologne, a déclaré à Reuters un porte-parole de la police.

Historien de formation, Geremek avait été ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2000 et avait comme tel supervisé le processus d'intégration de la Pologne dans l'Otan.

Le président polonais Lech Kaczynski, adversaire politique de Geremek, s'est dit "profondément attristé" par sa mort.

La Commission européenne et la France, qui exerce la présidence tournante de l'UE, ont réagi en évoquant un homme de conscience qui s'était fait le champion de la démocratie sous le régime communiste polonais, puis de l'unité européenne.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a salué en Geremek un "Européen d'une grandeur exceptionnelle, un Polonais de convictions inébranlables".

"J'aimerais que les générations futures se souviennent de Bronislaw Geremek comme un exemple d'esprit libre et qu'il reste dans notre mémoire comme un des symboles les plus puissants de la libération vis-à-vis de toute oppression", a-t-il ajouté.

Le président français Nicolas Sarkozy a célébré en cet ancien diplomate, connu pour sa francophilie, une "grande figure de la construction européenne et de la réunification du continent".

Geremek était l'auteur de nombreux ouvrages, notamment sur l'histoire de l'Europe au Moyen Age, l'histoire sociale de la France et l'histoire culturelle de la Pologne. Parmi ses oeuvres figurent "Les Marginaux parisiens aux XIVe et XVe siècles" (1976) et "La Potence et la pitié" (1987).

CONSCIENCE DE LA POLOGNE, DÉFENSEUR DE L'EUROPE

Il siégeait au Parlement européen au sein du groupe libéral.

"C'était un ami de toujours, une grande conscience de la Pologne, l'un des grands intellectuels d'Europe centrale", dit un communiqué publié par le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, qui saluent "un immense Européen".

Pour le Premier ministre François Fillon Geremek "restera certainement comme l'un des hommes politiques qui ont le plus directement contribué à la réunification politique de l'Europe".

Dans un communiqué publié par son bureau, l'ex-président Jacques Chirac déclare quant à lui: "L'Europe perd l'un de ses plus grands ardents défenseurs, et je perds un ami."

Geremek était entré en 1950 au parti communiste au pouvoir, le Parti ouvrier unifié polonais (Poup), dont il avait épousé la mouvance réformiste. Mais il l'avait quitté en 1968 pour protester contre l'invasion soviétique de la Tchécoslovaquie et l'écrasement du mouvement démocratique du Printemps de Prague.

En 1980, il était devenu conseiller du comité de grève aux chantiers navals de Gdansk, puis membre du comité national du syndicat indépendant "Solidarité" et conseiller de son leader Lech Walesa. Il avait été emprisonné un an (1981-1982) lors de la proclamation de la loi martiale.

Plus tard, il avait animé les "tables rondes" qui aboutirent aux premières élections partiellement libres de Pologne et à la fin du régime de parti unique.

Né le 6 mars 1932 dans une famille juive de la capitale polonaise, Geremek avait réussi à quitter le ghetto de Varsovie en 1943 avec sa mère, alors que son père devait mourir au camp de concentration d'Auschwitz.

Après la guerre, il avait étudié à l'Université de Varsovie puis à l'Ecole des Hautes Etudes de Paris.

Parmi ses fonctions universitaires successives, il fut chercheur à l'Institut d'histoire de l'Académie polonaise des sciences, chargé de cours et organisateur du Centre de civilisation polonaise à la Sorbonne (Paris), et responsable du Centre de recherche sur la culture médiévale (Varsovie).

Geremek avait aussi occupé une chaire internationale d'histoire sociale au Collège de France (1993), et reçu en 2002 le Grand Prix de la Francophonie.

Il était entré en conflit avec l'ex-gouvernement conservateur de Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau de l'actuel président, en refusant de se plier à une loi exigeant des figures publiques qu'elles déclarent leurs liens éventuels avec l'ancienne police secrète communiste. La Cour constitutionnelle de Pologne avait par la suite dilué une grande partie de la loi.

Michael DEBAKEY - 13.07.2008

WASHINGTON (AFP) - Le chirurgien du coeur Michael DeBakey, qui a compté parmi ses patients des célébrités d'Hollywood comme Marlene Dietrich ou encore le défunt président russe Boris Eltsine, est décédé à Houston (Texas, sud) à l'âge de 99 ans, a rapporté la presse locale.

Selon le quotidien Houston Chronicle, il est décédé de "causes naturelles" non spécifiées vendredi soir à l'hôpital Methodist de Houston, là même où il exerçait. Michael DeBakey était notamment un chirurgien pionnier des pontages coronariens.

Durant sa carrière, il a estimé avoir réalisé plus de 60.000 opérations, ajoute le journal.

M. DeBakey a également opéré les anciens présidents américains John Kennedy, Lyndon Johnson et Richard Nixon, ainsi que le shah d'Iran et le roi Hussein de Jordanie

Breno MELLO - 11.07.2008

RIO DE JANEIRO (AFP) - L'acteur brésilien Breno Mello, vedette du film "Orfeu Negro" du metteur en scène français Marcel Camus, est mort à l'âge de 77 ans vendredi soir à Porto Alegre, dans le sud du Brésil, a annoncé samedi le journal Zero Hora.

Les causes du décès de Breno Mello, ancien joueur de football venu au cinéma, n'ont pas été précisées. "Orfeu Negro", transposition du mythe d'Orphée pendant le carnaval de Rio, avait obtenu la palme d'or au festival de Cannes en 1959.

Alors qu'il jouait dans le club de football de Fluminense, à Rio de Janeiro, sa silhouette élancée avait attiré l'attention des producteurs d'"Orfeu Negro" et le role principal du film lui avait été offert.

"Je me promenais et un monsieur m'a demandé si je voulais faire du cinéma. J'ai répondu +oui+", avait raconté Breno Mello à l'AFP en 2005.

Marcel Camus avait validé le choix de Breno dès qu'il l'avait rencontré, fasciné par la perfection de sa plastique, un point essentiel pour le film qu'il voulait réaliser.

La palme d'or du festival de Cannes a, un temps, propulsé la nouvelle carrière de Breno Mello, avec huit autres films. "Le cinéma brésilien n'était pas riche. Je ne pouvais pas vivre de mes rôles alors j'ai repris le football, avant de vendre pendant toute ma vie des encarts publicitaires à Porto Alegre", avait-il dit à l'AFP.

Depuis cinq ans, Breno Mello vivait seul dans sa maison de Porto Alegre où il écrivait son autobiographie.

Charles JOFFE - 09.07.2008

LOS ANGELES - Charles Joffe, le producteur de longue date de Woody Allen, qui avait obtenu un Oscar pour "Annie Hall", est mort. Il avait 78 ans. 

Joffe est mort au centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles après un long combat contre une maladie pulmonaire, a annoncé à l'Associated Press Carol Joffe, son épouse dont le producteur était séparé. 

"Quand il était au sommet de son art, personne n'était meilleur", a souligné Woody Allen dans un courriel adressé à l'Associated Press. 

Joffe était né le 16 juillet 1929 dans le quartier de Brooklyn à New York. Après des études de journaliste, il se lance dans le cinéma au côté d'un autre géant de la production, Jack Rollins. Ensemble, ils créent Rollins et Joffe Productions dans les années 1960. On leur doit notamment le lancement des carrières de Robin Williams, Billy Crystal, Dick Cavett et Woody Allen.

 

En 1972, Joffe s'installe à Los Angeles et prend un autre chemin mais Joffe et Rollins n'ont jamais cessé de produire les films de Woody Allen depuis "Take the Money and Run". En 1977, Charles Joffe a décroché un Oscar pour "Annie Hall", qui en raflera quatre.

Guy LARDREAU - 06.07.2008

PARIS (AFP) - Le philosophe Guy Lardreau, l'un des chefs de file des "nouveaux philosophes" dans les années 70 après avoir été l'un des penseurs les plus influents du courant maoïste en France, est décédé dimanche à l'âge de 61 ans, a-t-on appris mardi auprès de sa famille et d'un de ses éditeurs.

Guy Lardreau avait poussé plus avant sa réflexion sur le marxisme et le maoïsme dans "Le Singe d'or", publié en 1973 (Editions Mercure de France).

Mais il avait ensuite marqué une rupture, et l'acte de naissance du courant des nouveaux philosophes, avec la publication de "L'Ange: Pour une cynégétique du semblant" (1976), puis d'"Ontologie de la révolution II, Le Monde: Réponse à la question: qu'est-ce que les droits de l'homme?" (1978), en collaboration à chaque fois avec Christian Jambet.

Les deux livres avaient été publiés chez Grasset, dans la collection "Figures", dirigée par Bernard-Henri Lévy.

Encore lycéen, Guy Lardreau avait décroché en 1964 le premier prix de philosophie au concours général. Agrégé de philosophie, il a ensuite été professeur de philosophie à Auxerre de 1973 à 1983, puis, de 1983 à 2007, à Dijon, ville où il est décédé dimanche.

Dans un communiqué transmis à l'AFP, Bernard-Henri Lévy a salué "un des rois secrets de l'époque" à qui il a reconnu devoir beaucoup.

"Je ne voyais plus Guy Lardreau depuis des années", a-t-il confié en rappelant que leurs chemins avaient "divergé". "Mais je suis bouleversé par sa mort", a ajouté Bernard Henri-Lévy, dont le livre "La barbarie à visage humain" avait mis en lumière en 1977 le mouvement des nouveaux philosophes.

Guy Lardreau "reste ce rebelle, doublé d'un aristocrate de l'esprit, qui donna, avec Le Singe d'or, sa formulation philosophique la plus fine, et la plus radicale, à ce qu'on appela le maoïsme français", a poursuivi M. Lévy.

"En publiant, avec Christian Jambet, dans la collection que je dirigeais chez Grasset, L'Ange puis Le Monde, il devint, à la fin des années 70, l'homme de la rupture avec ce maoïsme et le véritable inventeur, alors, de ce qu'on appela la +nouvelle philosophie+", a-t-il rappelé.

05/07/2008

Larry HARMON - 04-07-2008

Larry Harmon, l'acteur américain qui a fait du personnage de Bozo le clown un incontournable du monde du spectacle, vient de s'éteindre à 83 ans. Son agent précise que le décès a eu lieu au domicile de l'acteur et qu'il serait lié à une défaillance cardiaque. Larry Harmon n'est pas techniquement le père du personnage, mais il a incarné le clown à la chevelure frisée au fil des ans. Puis, il a créé une marque à son nom, à destination notamment de dizaines de chaînes de télévision américaines, ainsi autorisées à embaucher leur propre Bozo.Il avait racheté les droits sur le personnage, qui avait été interprété dans un premier temps par Pinto Colvig, pour le transformer et le rendre identifiable entre tous: cheveux roux, teint blanc et costume bleu à pompons blancs et rouges.Ce personnage a fait la richesse de Larry Harmon. Il avait en effet donné naissance à plus de 200 Bozos, d'autres acteurs qu'il formait lui-même et qui lui ont rapporté des millions de dollars

Georges FOLGOAS - 03-07-2008

Georges Folgoas, célèbre réalisateur de télévision, qui avait tourné de nombreuses émissions comme Au Théâtre ce soir (qui retransmettait des pièces de théâtre entre 1966 et 1988) ou Rue de la Gaité. Né en 1927, l'homme est décédé ce matin, dans sa maison de Saint-Lubin de la Haye (Eure-et-loir), suite à un malaise. Georges Folgoas aura dirigé les grands noms du théâtre français comme Jacqueline Maillan ou Danielle Darrieux. Il avait 81 ans.

Klaus Michael GRUBER - 23-06-2008

QUIMPER, France - L'Allemand Klaus Michael Gruber, metteur en scène de théâtre et d'opéra, est décédé à Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), où il possédait une résidence secondaire, a-t-on appris lundi auprès de la mairie de la commune du Palais située sur l'île. Il avait 67 ans.

Dans un communiqué, la ministre française de la Culture, Christine Albanel, a rendu hommage à cet "énigmatique et légendaire metteur en scène de théâtre et d'opéra". "C'était l'un des artistes les plus impressionnants de notre temps, celui dont chaque spectacle a forcé le respect, celui avec qui chaque acteur a rêvé de jouer", a-t-elle souligné.

 

"Créateur nomade et secret, il a travaillé en France, en Italie ou en Allemagne, son pays d'origine, tout en restant fidèle à ses collaborateurs: les peintres Arroyo et Aillaud, le dramaturge Pautrat", a observé Mme Albanel, rappelant que Klaus Michael Gruber avait "fait ses débuts de metteur en scène chez Giorgio Strehler au Piccolo Teatro de Milan".

 

C'est en 1975 que la France l'avait découvert "avec un Faust-Salpêtrière présenté dans la chapelle de l'hôpital Saint-Louis", a ajouté la ministre, précisant que cet "explorateur des marges et des limites du théâtre" a "souvent choisi de mettre en scène des poètes comme Holderlin".

 

Et de conclure: Klaus Michael Gruber était "un artiste et un homme d'une élégance rare, dont l'humanité faisait de chaque mise en scène une rencontre, une histoire d'amour".