22/03/2008

Hugo CLAUS - 19.03.2008

Hugo Claus, l'auteur belge le plus connu à l'international, est mort par euthanasie à l'hôpital d'Anvers à l'âge de 78 ans. Il souffrait de la maladie d'Alzheimer.Plusieurs fois pressenti pour le prix Nobel de littérature, il s'était récemment engagé contre le séparatisme flamand. En septembre dernier, en pleine crise politique belge, il avait signé une pétition avec 400 autres personnalités du pays pour défendre l'unité du royaume.

Né à Bruges le 5 avril 1929, Hugo Claus publie son premier roman à l'âge de 19 ans. Une centaine d'ouvrages suivront, dont une trentaine d'autres romans, tous en néerlandais comme le chagrin des Belges en 1983, une critique acerbe du nationalisme flamand pendant la seconde guerre mondiale.

Mais Hugo Claus s'illustrera aussi comme réalisateur au cinéma et metteur en scène au théâtre, où il affinera sa réputation de provocateur. Artiste complet, Hugo Claus était également un peintre de talent. Il avait participé dans les années 50 au mouvement artistique Cobra, un groupe d'avant garde expressionniste

Philip Jones GRIFFITHS - 19.03.2008

Le photographe d'origine galloise Philip Jones Griffiths, dont les clichés durant la guerre du Vietnam contribuèrent à semer le doute dans l'opinion publique sur l'engagement des Américains dans le conflit, est mort à l'âge de 71 ans, a annoncé mercredi l'agence Magnum.

Jones Griffiths avait rejoint l'agence Magnum en tant que membre associé en 1966 et en était devenu une quinzaine d'années plus tard son président. Il est décédé d'un cancer à son domicile de Londres, a précisé Rhiannon Davies, directeur commercial de l'agence.

Son ouvrage "Vietnam Inc.", décrit comme l'une des études les plus détaillées d'un conflit, est peut-être le travail pour lequel il était le plus connu. Le livre publié pour la première fois en 1971 et sa position anti-américaine sur la guerre ont fait de lui une icône parmi les photographes européens.

"Philip a enrichi toutes nos vies avec son courage, son empathie, sa passion, son intelligence et sa sagesse", a déclaré le président de Magnum Stuart Franklin.

Né à Rhuddlan, au Pays de Galles, il avait suivi des études de pharmacie à Liverpool. Sa carrière en tant que photojournaliste débuta par une collaboration à temps partiel avec "The Guardian". En 1961, il commença à se consacrer à la photo à plein temps comme free-lance pour le quotidien "The Observer".

Il prit ses premières photos de guerre en Algérie en 1962 avant de se rendre en Afrique centrale. Puis il partit en Asie où, cinq ans durant à partir de 1966, il se pencha sur la guerre du Vietnam.

Il couvrit également la guerre du Kippour en 1973 puis travailla au Cambodge de 1973 à 1975.

Philip Jones Griffiths, père de deux filles, s'installa à New York en 1980 pour devenir président de Magnum, un poste qu'il occupa pendant cinq ans. Ses travaux ultérieurs portèrent sur les relations entre l'humanité et la technologie. Il publia en 2003 un livre sur les victimes de l'Agent orange au Vietnam. AP

Anthony MINGHELLA - 18.03.2008

Anthony Minghella, le réalisateur, écrivain et dramaturge britannique, décédé aujourd'hui (voir news), a succombé à une hémorragie à la suite d'une intervention chirurgicale subie la semaine dernière.En 2007, il avait tourné au Botswana une adaptation des romans à succès d'Alexander McCall Smith, racontant les aventures d'une patronne d'agence de détectives privés. Le pilote de cette série, N.1 Ladies Detective Agency — qui restera sa dernière oeuvre audiovisuelle — sera diffusé à Pâques sur la chaîne BBC One.

La responsable de la fiction de la chaîne, Jane Tranter, réagit ainsi à cette perte : "C'est un choc énorme pour nous tous. Il était l'un des meilleurs talents d'écriture et de réalisation du Royaume-Uni".

Le Premier Ministre Gordon Brown s'est déclaré quant à lui "profondément attristé" par cette disparition soudaine : "Il était l'un des plus grands talents créatifs de Grande-Bretagne  l'un de nos plus grands scénaristes et réalisateurs, un grand défenseur de l'industrie britannique du film, et un expert en littérature et en opéra".

Tony Blair a lui aussi tenu à lui rendre hommage : "Il était "un être merveilleux, créatif et brillant, mais toujours humble, gentil et adorable".

Anthony Minghella s'est donc éteint à 54 ans, laissant une trace indélébile dans l'histoire du cinéma. Il était marié à la chorégraphe hongkongaise Carolyn Choa. Il laisse deux enfants.

Arthur C. CLARKE - 12.03.2008

COLOMBO (AFP) - L'écrivain de science-fiction britannique Arthur C. Clarke est mort mercredi dans un hôpital au Sri Lanka, à l'âge de 90 ans, a déclaré à l'AFP son secrétaire Rohan de Silva. Auteur du livre qui a inspiré Stanley Kubrick pour "2001, Odyssée de l'espace", Clarke avait été plusieurs fois admis à l'hôpital pour insuffisance respiratoire depuis son 90ème anniversaire en décembre.

 

"Sir Arthur vient de mourir à l'hôpital Apollo" de Colombo, a indiqué da Silva.

 

Clarke qui avait, dès 1945, prévu l'essor des communications par satellite, a écrit plus de 80 ouvrages. Il était le plus célèbre des résidents étrangers au Sri lanka où une académie scientifique porte son nom.

 

Son domestique, W. K. M. Dharmawardena, a déclaré que ses funérailles seraient organisées dès l'arrivée de membres de sa famille qui vivent en Australie.

 

La santé de l'écrivain s'était brusquement détériorée au cours des dernières semaines et il avait été admis à l'hôpital il y a quatre jours.

 

Clarke avait fêté son 90ème anniversaire le 16 décembre en souhaitant la paix pour son pays d'adoption, le Sri lanka où il s'était établi il y a une cinquantaine d'années. Il y avait créé une école de plongée qui avait été durement touchée par le tsunami de décembre 2004.

 

Il avait soufflé une seule bougie sur son gâteau d'anniversaire au cours d'une fête organisée par le gouvernement et à laquelle avait participé le chef de l'Etat Mahinda Rajapakse.

 

Il avait alors souhaité pour le Sri Lanka la fin du conflit ethnique qui déchire le pays. "Mon désir profond serait de voir l'instauration, le plus vite possible, de la paix au Sri Lanka", avait-il dit faisant allusion au conflit qui oppose Colombo à la guérilla tamoule et qui a fait des dizaines de milliers de morts.

 

"Je suis conscient qu'il ne suffit pas de souhaiter la paix et qu'il faut du travail acharné, du courage et de la ténacité" pour y parvenir, avait-il ajouté.

 

L'écrivain de science-fiction, qui avait également souhaité pouvoir obtenir la preuve de l'existence des extra-terrestres et qui prônait l'adoption de combustibles moins polluants, vivait depuis 30 ans sur une chaise roulante, conséquence d'une poliomyélite qu'il avait contractée dans son enfance.

 

"Je n'ai pas de regrets et n'ai plus d'ambitions personnelles", avait-il dit dans un enregistrement remis à la presse peu avant son dernier anniversaire.

Lazare PONTICELLI - 12.03.2008

PARIS - La France a perdu son dernier direct de la "der des der". Lazare Ponticelli, seul "poilu" français de la Première Guerre mondiale encore en vie, est mort mercredi à l'âge de 110 ans, à son domicile du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne). Des obsèques nationales devraient être organisées dans les prochains jours.

 

"J'exprime aujourd'hui la profonde émotion et l'infinie tristesse de l'ensemble de la Nation alors que disparaît Lazare Ponticelli, dernier survivant des combattants français de la Première Guerre mondiale", a réagi le président de la République, Nicolas Sarkozy, dans un communiqué.

 

Un hommage national à l'ensemble des Français mobilisés durant la Première Guerre mondiale sera rendu "dans les prochains jours", précise le communiqué de l'Elysée.

 

Exprimant "sa profonde émotion", le secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, Alain Marleix, a assuré sur France-Info que les dernières volontés de M. Ponticelli seraient "respectées à la lettre". L'hommage national aura lieu aux Invalides et consistera en "une cérémonie d'hommage pour lui et aussi pour l'ensemble des anciens combattants", a-t-il précisé. "A ma connaissance, c'est sans précédent." Lazare Ponticelli sera ensuite enterré, selon son souhait, dans le caveau familial à Paris.

 

L'idée d'organiser des obsèques de portée nationale avait été annoncée en 2005 par Jacques Chirac. "Nous avons le devoir de marquer notre gratitude envers l'ensemble des combattants, de tous grades, de toutes origines, de toutes confessions, qui ont offert la victoire à la France", explique M. Sarkozy dans son communiqué.

 

Dernier des 8,41 millions d'hommes mobilisés pendant la Grande Guerre encore en vie, Lazare Ponticelli avait finalement accepté en janvier dernier le principe d'une telle cérémonie "au nom de tous ceux qui sont morts, hommes et femmes". Après avoir longtemps refusé cette perspective, il avait donné son accord "si c'est dans la dignité". "Pas de tapage important ni de grand défilé. Mais une messe aux Invalides en hommage à mes camarades morts dans cette horreur de la guerre et auxquels j'ai promis de ne jamais les oublier", avait-il précisé.

 

Lazare Ponticelli, immigré italien arrivé à 5 ans à Paris, s'était engagé en août 1914 dans la Légion étrangère en "trichant sur son âge". Il avait alors 16 ans.

 

Il fut envoyé au front à Soissons, dans l'Argonne, puis à Douaumont. D'abord affecté à creuser des fosses pour enterrer les morts, il dut ensuite construire des tranchées. A l'entrée en guerre de l'Italie en 1915, Lazare Ponticelli fut enrôlé dans le 3e régiment de chasseurs alpins italiens. Refusant de se plier à cette décision, il se cacha mais fut ramené à Turin de force et envoyé dans le Tyrol pour combattre les Autrichiens.

 

"Notre pays lui est redevable, car il lui a donné le meilleur de lui-même, dans les heures les plus sombres comme dans les jours heureux", a salué M. Sarkozy, qui a présenté les condoléances de la Nation à la fille et à toute la famille de l'ancien soldat.

 

A son retour en France en 1921, Lazare Ponticelli créa avec ses deux frères une entreprise de chauffage et tuyauterie qui prit une envergure nationale.

 

Pour Hervé Morin, ministre de la Défense, "Lazare Ponticelli a été tout au long de sa vie un semeur d'espoir qui refusait la fatalité". "Chaque combattant qui s'éteint emporte avec lui une part de notre histoire. Mais, en nous quittant, il laisse le témoignage de ses sacrifices comme autant de graines d'espérance", a-t-il déclaré dans un communiqué.

 

"Il est vrai que c'est une génération qui s'éteint, mais la pire des choses serait de penser qu'avec la mort du dernier poilu, c'est toute la mémoire de la Première Guerre mondiale qui disparaît, alors qu'elle marque encore la politique actuelle", a expliqué à l'Associated Press Georges Doussin, président d'honneur de l'Association républicaine des anciens combattants, créée en 1917.

 

Le décès de M. Ponticelli intervient moins de deux mois après celui de l'avant-dernier "poilu" français, Louis de Cazenave, qui s'est éteint le 20 janvier à Brioude (Haute-Loire), lui aussi à l'âge de 110 ans. Le dernier combattant allemand de la "Grande Guerre" est mort le 1er janvier dans une maison de retraite de Cologne, à l'âge de 107 ans

02/03/2008

Michel BATAILLE - 28.02.2008

PARIS (AFP) - L'écrivain français Michel Bataille, auteur d'une vingtaine de livres et lauréat de nombreux prix littéraires, est mort jeudi à Clamart, en région parisienne, à l'âge de 81 ans, a-t-on appris auprès de sa famille. Né en 1926 à Paris, Michel Bataille avait obtenu le prix Stendhal en 1947 pour "Patrick", son premier roman. Architecte de formation, son métier lui avait notamment inspiré "Une pyramide sur la mer", Prix des Deux magots 1965, et "La ville des fous" (1966). "L'arbre de Noël", paru un an plus tard, a été adapté au cinéma, avec Bourvil dans le rôle principal.

Ecrivain populaire, Michel Bataille avait aussi obtenu le Prix des Quatre jurys en 1969 pour "Une colère blanche" et le Prix Jean-Cocteau pour "Le cri dans le mur" (1970). Il était également l'auteur d'ouvrages à caractère historique, sur Jean Jaurès ou Gilles de Rais.

Ivan REBROFF - 27.02.2008

BERLIN (AFP) - Le chanteur allemand d'opéra Ivan Rebroff, interprète célèbre d'airs russes, est mort mercredi à l'âge de 76 ans des suites d'une longue maladie, a annoncé son agence Richard Weber Konzert jeudi.

D'origine russe, Hans-Rolf Rippert, né le 31 juillet 1931 à Berlin, a interprété des chansons traditionnelles russes, des opérettes et des airs d'opéra. Il a également joué dans des pièces de théâtre et des films.

Ivan Rebroff, coiffé d'une toque russe et portant une barbe drue, disposait d'un registre vocal étendu, avec quatre octaves et demie.

Géant de quasiment 2 mètres pour quelque 120 kilos, le baryton-basse a été initié par sa mère russe au chant. Dans les années 50, il entame des études de chant à Hambourg (nord) et décide en 1953 de prendre le pseudonyme de Rebroff.

Il obtient la reconnaissance internationale en 1968 à Paris avec la comédie musicale "Un violon sur le toit", dans laquelle il tient le rôle du laitier Tevje et interprète notamment "Ah! Si j'étais riche".

Selon son impresario, il s'est produit à 1.476 reprises dans le rôle de Tevje.

Son premier rôle à l'opéra fut celui de Don Basilio dans "Le Barbier de Séville" de Rossini.

Ivan Rebroff est particulièrement célèbre auprès du grand public pour son interprétation de chansons folkloriques russes comme "Kalinka", "Les Nuits de Moscou" ou "Les Yeux Noirs".

Il a donné son dernier concert le 9 décembre à Vienne avant de décider d'un arrêt jusqu'à l'été pour raisons de santé. Ivan Rebroff, qui vivait depuis longtemps sur l'île grecque de Sporades, a reçu dans sa carrière 49 disques d'or.

"Je veux chanter la beauté de vivre et dénoncer toutes les espèces de brutalité du monde", affirmait-il.

01/03/2008

Buddy MILES - 26.02.2008

 

Buddy Miles (à droite sur la photo), le batteur qui a fondé le Band of Gypsys, groupe qui a accompagné Jimi Hendrix jusqu'à son dernier concert, est décédé le 26 février, à Austin, au Texas, à l'âge de 60 ans.
Après le décès prématuré du guitariste, Buddy Miles était redevenu un musicien de studio, accompagnant les plus grandes pointures du Rock.

Katioucha NIAME - février 2008

Née en 1960 à Conakry, en Guinée, Katoucha Niane est la fille du brillant historien Djibril Tamsir Niane, qui, lorsqu'elle a 9 ans, ordonne qu'elle soit excisée. L'année suivante, elle est exfiltrée de son pays, alors sous le régime du dictateur Sékou Touré, et placée chez un oncle au Mali qui en fait son objet sexuel. Elle rejoint ensuite sa famille à Dakar où son père s'est exilé. En 1977, elle est enceinte et se voit mariée de force. Elle décide alors de quitter l'Afrique avec sa petite fille et de s'installer à Paris. Sa mère lui dit alors, « Tu finiras pute, rue Saint-Denis ». Très vite, elle signe un contrat de mannequin avec l'agence Glamour et devient l'égérie black d'illustres couturiers comme AllaIa, Lacroix et Saint-Laurent. Surnommée la princesse Peuhle, invitée de marque dans tous les endroits branchés, elle mène alors une vie de noctambule agrémentée de coke et de champagne. Elle reconnaîtra plus tard, qu'à l'époque, elle menait une vie « borderline ».
En 1994, elle sort sa propre ligne de vêtements, Katoucha, qu'elle développe avec succès. Elle se retire des podiums en 2001 et se consacre à ses activités de styliste. En 2006, elle retourne en Afrique, à Dakar, et crée un concours de beauté, Miss Ebene Top Model, qui vise à détecter les futures Katoucha du continent noir.
En septembre 2007, Katoucha publie Dans ma chair, un livre témoignage où elle raconte son excision et les souffrances pyschologiques que cette mutilation a entraînées.
Mariée trois fois, mère de trois enfants, Katoucha disparaît à Paris en février 2008, probablement en se jetant dans la Seine. Son corps a été retrouvé près du pont de Garigliano, le 28 février 2008.