30/12/2007

Benazir BHUTTO - 27-12-2007

RAWALPINDI (AFP) - L'ex-Premier ministre du Pakistan Benazir Bhutto est morte des suites de ses blessures après avoir reçu une balle dans le cou tirée par le kamikaze avant l'attentat-suicide qui l'a visée jeudi, ont indiqué des hauts responsables de la police. Evénement

Elle a succombé à ses blessures à l'hôpital mais les enquêteurs n'ont pu encore savoir si elle est morte de sa blessure au cou ou des suites de l'explosion, selon l'une de ces sources, qui ont requis l'anonymat.

"Le kamikaze a d'abord tiré et a fait ensuite exploser la bombe qu'il portait sur lui", a expliqué l'un de ces responsables policiers, ajoutant qu'une balle avait atteint Mme Bhutto au cou.

L'attentat a été perpétré à Rawalpindi, une grande ville qui jouxte la capitale pakistanaise. Immédiatement après le drame, plusieurs corps déchiquetés jonchaient la route, a témoigné un journaliste de l'AFP sur place.

Au moins 16 personnes, en plus de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto, ont en outre été tuées dans cet attentat suicide qui a également fait au moins 56 blessés, a annoncé le gouvernement du Pakistan.

Quelques heures après sa mort, le président du Pakistan Pervez Musharraf a appelé à la paix, a annoncé la télévision d'Etat.

Le chef de l'Etat, qui présidait une réunion d'urgence de son gouvernement et des autorités militaires au plais présidentiel à Islamabad, a appelé ses concitoyens à rester calmes pour "que les desseins diaboliques des terroristes soient mis en échec".

L'ex-Premier ministre Nawaz Sharif s'est lui adressé à la foule massée devant l'hôpital où Mme Bhutto est décédée.

"Je vous promets que je mènerai votre guerre à partir de maintenant", a-t-il lancé aux partisans de Mme Bhutto et aux nombreuses autres personnes dont bon nombre pleuraient.

"Je partage votre douleur et votre chagrin, avec la nation tout entière", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis ont condamné "cet attentat qui montre qu'il y a des gens là-bas qui essayent d'interrompre la construction d'une démocratie au Pakistan", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Tom Casey.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband s'est de son côté déclaré "profondemment choqué" par l'attentat qui a provoqué la mort de l'ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto jeudi, appelant "à la retenue mais aussi à l'unité".

En France, le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a exprimé sa "très grande émotion" et condamné fermement "l'acte odieux", a déclaré jeudi son ministère.

La Russie également "condamne fermement" l'attentat suicide, a déclaré la diplomatie russe citée par les agences russes.

"Nous condamnons fermement cet attentat, présentons nos condoléances aux proches de Benazir Bhutto et espérons que la direction du Pakistan va réussir à prendre les mesures nécessaires pour assurer la stabilité dans le pays", a indiqué le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Mikhaïl Kamynine cité par l'agence Interfax.

L'Inde enfin a qualifié "d'acte abominable" l'assassinat de Benazir Bhutto

Ce drame est le dernier d'une série record d'attentats suicides dans l'histoire du Pakistan, qui ont fait plus de 780 morts en 2007.

Le plus meurtrier, pour l'heure, avait déjà visé une manifestation du parti de Mme Bhutto: le 18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes dans un gigantesque défilé de sympathisants qui célébraient, à Karachi, la grande ville du sud, le retour de l'ex-Premier ministre après six années d'exil.

Mme Bhutto avait réchappé du double attentat parce qu'elle se trouvait à l'intérieur d'un camion blindé en tête du défilé.

Depuis lors, les autorités ont multiplié les avertissements, assurant que des informations "précises" permettaient de penser que les terroristes islamistes voulaient attenter à sa vie.

Après l'attentat du 18 octobre, Mme Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des "hauts responsables" proches du pouvoir et des membres des services de renseignements d'être à l'origine de cette attaque, sans jamais le prouver.

L'ex-Premier ministre dirigeait le principal parti de l'opposition au président Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) depuis qu'elle lui avait tourné le dos début novembre après avoir négocié, dans un premier temps, un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d'exil grâce à une amnistie mettant un terme à des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait le pays (1988-1990 et 1993-1996).

C'est précisément en invoquant notamment la menace terroriste islamiste que M. Musharraf avait instauré l'état d'urgence le 3 novembre. Après quelques jours de tergiversations, Mme Bhutto avait mis un terme à ses négociations avec le chef de l'Etat pour un partage du pouvoir dans la perspective des élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier et était entrée dans l'opposition.

Face à la pression intense de la communauté internationale et de l'opposition, M. Musharraf, qui a été réélu pour un second mandat le 6 octobre par les assemblées sortantes, avait finalement levé l'état d'urgence le 15 décembre et promis de tout faire pour assurer la sécurité de la campagne électorale et des opérations de vote.

Mme Butto menait campagne contre M. Musharraf mais surtout contre les fondamentalistes musulmans, en promettant d'"éliminer la menace islamiste" du pays.

L'année 2007 a connu un record absolu du nombre d'attentats.

Avec celui de vendredi, plus de 780 personnes ont été tuées cette année à travers le pays, quasi exclusivement par des kamikazes.

Les Etats-Unis, dont le Pakistan de M. Musharraf est l'allié-clé dans leur "guerre contre le terrorisme", estiment qu'Al-Qaïda et les talibans afghans, épaulés par des militants locaux, ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales du nord-ouest, d'où ils menacent de nouveau les Etats-Unis.

Après le siège puis l'assaut de la Mosquée rouge d'Islamabad début juillet, dans lequel une centaine de fondamentalistes lourdement armés ont été tués, Oussama ben Laden lui-même avait déclaré le djihad, la "guerre sainte", à M. Musharraf et son régime, pour venger ces "martyrs".

Et récemment, un commandant proche des talibans a annoncé, selon la presse pakistanaise, qu'il ferait tout pour empêcher les élections.

Julien GRACQ - 22-12-2007

PARIS (AFP) - L'écrivain français Julien Gracq est décédé samedi à l'âge de 97 ans des suites d'un malaise, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage.

 

L'auteur du "Rivage des Syrtes" et des "Eaux Etroites" avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire), dans l'ouest de la France, où il vivait retiré depuis de nombreuses années, selon la même source.

 

Né le 27 juillet 1910 dans ce même village, Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais. Il est l'auteur de 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme.

 

Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais, auteur de 19 ouvrages nourris de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme.

 

Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre "Le rivage des Syrtes". Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade.

 

Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.

 

Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, étudie à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtient son agrégation d'histoire et de géographie. Il écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris. Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité".

 

En 1938, il présente en vain le manuscrit de "Au château d'Argol" à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite.

 

Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans "La littérature à l'estomac" (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans "Liberté grande" (1947), critique dans "Préférences" (1967), nouvelliste dans "La presqu'île" (1970) et, bien sûr, romancier dans "Un beau ténébreux" (1945) ou "Un balcon en forêt" (1958). Il était aussi l'auteur de "En lisant, en écrivant" (1981) ou "La forme d'une ville" (Nantes) (1985).

 

"Un balcon en forêt", "Le roi Cophetua" - une des trois nouvelles composant "La presqu'île" - et "Un beau ténébreux" ont été adaptés au cinéma respectivement par Michel Mitrani, André Delvaux et Jean-Christophe Averty. De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues.

Philippe CLAY - 13-12-2007

Philippe Clay, de son vrai nom Philippe Mathevet, est né à Paris le 27 mars 1927. A l'âge de 16 ans, il s'engage en 1943 dans le maquis puis dans l'armée du Général de Lattre de Tassigny. Il est démobilisé en 1945. Il entre au Conservatoire National d'Art Dramatique. C'est là qu'il apprend à placer sa voix et acquiert l'art du mime. A cette époque on le cantonne dans des rôles de grand dégingandé. En 1949, presque malgré lui car des amis l'avaient inscrit à son insu, Philippe Clay gagne un concours amateur dans un bar " A la colonne de la Bastille ". Il débute une carrière d'interprète. En 1951, il part pour le Maroc et en Afrique Noire avec sous le bras des chansons signées par Charles Aznavour alors peu connu.

Après avoir rodé son répertoire pendant un an, il rentre à Paris et se produit aux " Trois Baudets " et à la " Fontaine des Quatre Saisons ". Il fréquente alors les caves de Saint-Germain-des-Prés et devient l'ami de Jacques Prévert, de Boris Vian et de Serge Gainsbourg. En 1957, il passe à l'Olympia. De 1957 à 1962, il passe à quatre reprises en vedette à l'Olympia, fait de nombreuses tournées à l'étranger et connaît ses plus grands succès : " Les voyous ", " Festival d'Aubervilliers " ou " Le danseur de Charleston ".

Au cinéma il est Valentin le désossé dans le film " French Cancan " de Jean Renoir et Clopin le chef de la cour des miracles dans le " Notre Dame de Paris " de Jean Delannoy. Après un passage à vide, il renoue en 1971 avec le succès en chantant des chansons comme " Mes universités " ou " La quarantaine " en réaction au mouvement de mai 68. Ce répertoire anticontestataire le marque politiquement à droite. Cette image est par trop réductrice !

En 1990, Jean-Luc Tardieu le fait remonter sur les planches dans " l'Aiglon ", " Zoo " de Vercors, " La veuve joyeuse ", " Un ennemi du peuple " d'Ibsen et " Des ronds dans l'eau ". En octobre 1998, les Editions Robert Laffont publient " Mes Universités ", un livre dans lequel l'artiste évoque son adolescence et son engagement dans le maquis. En 1999 pour ses 50 ans de carrière, il sort un double album intitulé " 50 ans de carrière, 50 chansons " chez Rym Music. En septembre 1999, il fait paraître chez Anne Carrière un second bouquin " Mérotte " qui parle de son enfance et de sa maman.

En 2001 et 2002 il remporte un grand succès avec " Visites à Mister Green " de Jeff Baron, pour lequel il sera nommé dans la catégorie meilleur comédien aux Molières 2002. Le lundi 26 mai 2003, il est fait Officier dans l'Ordre National du Mérite par le Ministre qui a en charge la culture et la communication. En 2004 et pour la première fois de sa carrière, Philippe Clay écrit des textes de chansons et demande à Charles Aznavour, Dominique Pankratoff ou Stan Cramer de les mettre en musique. Un album est prévu en 2006. Début 2006, Philippe Clay remonte sur les planches du Théâtre La Bruyère à Paris pour interpréter Rabinovitch, un vieux libraire new-yorkais coincé dans un aéroport, dans " L'Escale ", une pièce de l'auteur autrichien Stephan Meldegg.

Avec son mètre nonante, Philippe Clay rejoint le cercle très fermé des comédiens-interprètes de grand talent aux côtés de Serge Reggiani et Yves Montand. Son visage anguleux, son allure filiforme, sa façon d'arpenter la scène à grandes enjambées, son art du mime, sa voix puissante et gouailleuse et son sens du comique en font un interprète hors pair.

source http://users.skynet.be/fabicore/philippe_clay.htm

29/12/2007

Joe DOLAN - 25-12-2007

DUBLIN - Joe Dolan, l'un des grands chanteurs populaires irlandais, a succombé à une hémorragie cérébrale à l'âge de 68 ans, a annoncé sa famille.

 

L'artiste, qui avait des décennies durant donné des spectacles dont la mise en scène emprutait à celle de Las Vegas, s'est effondré dans la maison familiale mardi soir, jour de Noël, dans la banlieue sud de Dublin. Il a été transporté dans un hôpital de la capitale irlandaise, où il a sombré dans le coma. Il s'est éteint mercredi.

 

Le Premier ministre Bertie Ahern a rendu hommage au chanteur. "Il avait un art de la mise en scène fantastique", une "formidable présence sur scène" et "n'a jamais oublié ses racines", a-t-il dit. "Il avait une légion de fans" en "Irlande et à l'étranger (...). Je partage leur chagrin".

 

Le plus grand succès de l'artiste remonte à 1969: "Make Me an Island" avait atteint la troisième place des charts en Grande-Bretagne et s'était classé numéro un dans 14 autres pays.

 

Joe Dolan comptait à son actif d'autres tubes classés dans les charts européens dont "You're Such a Good-Looking Woman" en 1970, "Lady in Blue" en 1975 et "I Need You" en 1977.

 

Son dernier succès classé numéro un en Irlande date de 1997: il avait réenregistré "Good-Looking Woman" avec une marionnette de la télévision très populaire.

 

Joe Dolan, qui continuait à partir en tournée et à enregistrer, avait quitté la scène après quatre chansons, à Dublin, en novembre, souffrant d'épuisement, dans le cadre d'une série de concerts. Il avait annulé une tournée prévue pour Noël.

 

Ses funérailles doivent avoir lieu samedi à Mullingar, d'où il était originaire, à l'ouest de Dublin

Andreas MATZBACHER - 24-12-2007

VIENNE (AP) - Le coureur autrichien Andreas Matzbacher est mort lundi dans un accident de voiture, a annoncé mercredi la Fédération autrichienne de cyclisme. Il était âgé de 25 ans.

La Fédération a rendu hommage, par la voix de son président Otto Flum, à Matzbacher, "l'un des plus grands talents" et "important pilier du cyclisme" autrichien.

Selon ORF, le coureur a été mortellement blessé à la tête lors de l'accident qui s'est produit dans la province de Styrie. Les secours n'ont pas réussi à le ranimer.

Matzbacher, qui avait commencé sa carrière professionnelle avec l'équipe italienne Saeco en 2004, évoluait au moment de son décès sous les couleurs de Volksbank. L'équipe autrichienne a salué dans un communiqué la mémoire de "Matzi" parti "beaucoup trop tôt".

Oscar PETERSON - 23-12-2007

MONTREAL (AFP) - Le pianiste et compositeur de jazz Oscar Peterson, l'un des Canadiens les plus connus à l'étranger, est décédé dimanche soir à son domicile de la banlieue de Toronto, à l'âge de 82 ans, ont annoncé lundi les chaînes publiques de télévision CBC et Radio-Canada.

Le musicien a succombé à des complications rénales.

Oscar Peterson, qui a joué avec les plus grands noms du jazz en plus de 60 ans de carrière, s'était illustré par une maîtrise inégalée du piano et son style caractéristique d'une période de transition dans le jazz, passant librement du boogie-woogie au stride ou au bebop.

Né à Montréal le 15 août 1925 dans une famille modeste d'origine antillaise, il avait débuté sa carrière en 1943 en devenant le premier musicien noir d'un orchestre de danse populaire de la métropole québécoise.

Sa carrière avait pris un élan en 1949 lorsque l'impresario américain Norman Granz l'a présenté aux Etats-Unis en tant qu'invité surprise au sein de l'orchestre Jazz at the Philharmonic, réunissant les plus grands musiciens américains, lors d'un concert au Carnegie Hall à New York.

Cette brève apparition, à 24 ans, avait fait sensation et marqué le début de sa carrière internationale.

Il effectua régulièrement des tournées en Europe, souvent en compagnie de la chanteuse Ella Fitzgerald.

Parmi les nombreux autres artistes avec qui il a travaillé figurent Roy Eldridge, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Charlie Parker, Joe Pass, Ben Webster ou Lester Young.

Après cinquante ans de succès, en 1993, au cours d'un spectacle à New York, il avait eu un accident cérébrovasculaire. Il avait néanmoins terminé le concert, mais avait dû annuler une tournée en Europe.

Il continua ensuite à se produire, mais ralentit son rythme et avait dû renoncer en 2007 au festival de jazz Toronto.

17/12/2007

Ike TURNER - 12.12.2007

SAN DIEGO - Le chanteur et guitariste américain Ike Turner, ex-mari de la chanteuse Tina Turner, est mort à l'âge de 76 ans à son domicile de la banlieue de San Diego, a annoncé mercredi son agent, sans préciser la cause du décès .

Né le 5 novembre 1931, Ike Turner était guitariste, chanteur, compositeur, arrangeur et producteur. Il était notamment connu pour sa collaboration avec sa femme Tina, dont il a divorcé en 1976. A l'instar de James Brown ou Otis Redding, le couple Turner a popularisé à la fin des années 60 la musique "soul", aux Etats-Unis puis en Europe.

Après son divorce, Ike Turner, guitariste au style percutant, a poursuivi une carrière solo. Par le passé, il a dû purger une peine de 17 mois pour une condamnation en 1990 dans une affaire de drogue. Il a été dépeint comme un époux violent dans "What's Love Got to Do With It", un film de 1993 sur la vie de son ex-épouse Tina Turner.

Le musicien a reconnu dans son autobiographie avoir frappé son ex-femme. Mais il a déclaré que le portrait qui a été fait de lui dans le film avait été dommageable pour sa carrière.

Après leur divorce, Ike et Tina Turner étaient tous les deux retombés dans l'anonymat, avant que la chanteuse ne réussisse un retour fracassant avec "Private Dance", album multi-platiné contenant notamment les tubes "Let's Stay Together" et "What's Love Got To Do With It"

Ike Turner était parvenu à redorer son image au fil des années et avait parcouru le monde avec son groupe, les Kings of Rythm. Il avait décroché début 2007 un Grammy Award dans la catégorie meilleur album de blues traditionnel pour son CD de 2006, "Risin' With the Blues".

Membre du Rock and Roll Hall of Fame, Ike Turner est considéré par de nombreux historiens de la musique comme l'auteur du premier morceau rock, "Rocket 88", en 1951. Produit par le légendaire Sam Phillips, le titre avait ouvert de nouvelles voies par son utilisation de la distortion sur la guitare électrique.

Mais, comme ce fut souvent le cas tout au long de sa carrière, Turner n'est pas la star du disque, enregistré par son groupe mais crédité au chanteur Jackie Brenston

08/12/2007

Karlheinz STOCKHAUSEN - 05.12.2007

BERLIN (AFP) - Le compositeur d'avant-garde allemand Karlheinz Stockhausen, mort mercredi à l'âge de 79 ans, était un pionnier de la musique électronique célébré pour son inépuisable inventivité mais à la personnalité controversée.

"C'est horrible, nous avions encore tant de projets en commun", a dit à l'AFP Ulrich Iwanow le maire de Kürten (Rhénanie du Nord-Westphalie, ouest de l'Allemagne), où Stockhausen est mort "d'une maladie grave mais courte", après y avoir vécu "des dizaines d'années". Il sera enterré jeudi prochain dans le cimetière local, dans la forêt, selon son souhait.

Avant de décéder, Stockhausen a voulu transmettre année après année, lors d'une semaine de cours annuelle organisée à Kürten, son savoir et sa soif d'exploration à une centaine de musiciens triés sur le volet, venus du monde entier recueillir les secrets du maître.

Auteur de pas moins de 362 oeuvres, dont certaines, monumentales, figurent parmi les compositions majeures du XXe siècle, Stockhausen s'est rendu célèbre par ses expérimentations musicales sophistiquées et ludiques à la fois.

Son travail se construit autour de la musique électro-acoustique et la spatialisation du son.

Né le 22 août 1928 à Mödrath, près de Cologne (ouest), cet élève d'Olivier Messiaen compose entre 1954 et 1960 ses oeuvres majeures, dont le génial Klavierstücke, une pièce pour piano suivant le principe de la musique aléatoire.

Sur une feuille sont placées 19 cellules musicales de façon irrégulière, l'interprète en choisit une au hasard, par laquelle il commence, avant d'en choisir une autre et ainsi de suite, selon des indications précises de tempo, de nuance et d'attaque. Ainsi, la pièce sera jouée d'une infinité de manières et tous les sons seront exploités.

C'est à cette époque qu'il compose d'autres oeuvres centrales de son art, "Gruppen", "Gesang der Junglinge", "Mixture" ou encore "Mikrophonie".

L'artiste s'intéresse aussi au phénomène de la transe dans les musiques orientales.

En 1966, il compose "Hymnen", qui s'inspire d'hymnes nationaux du monde entier.

Dans les années soixantes, il crée son propre ensemble et sillonne le monde pour semer son art dans les salles les plus prestigieuses.

Sa personnalité contribua à sa notoriété. Déroutant, Stockhausen l'était aussi dans ses déclarations. "J'ai été élevé sur la planète Sirius et je compte y retourner", n'est que l'une de ses mémorables sorties mystiques. Volontiers provocateur, il qualifie en 2001 les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis de "la plus grande oeuvre d'art qu'il y ait jamais eu dans le cosmos".

A la différence d'autre grands modernes, il n'a jamais cessé d'évoluer. Pour ses 75 ans, sur demande du festival de musique de Salzbourg, il met en scène "Licht" ("Lumière"), un cycle d'opéras de 29 heures, dont la composition débutée en 1977 dura plus de vingt ans. L'artiste fait intervenir quatre hélicoptères transportant un quartett à cordes et tournoyant au-dessus de la salle de concert.

Jusqu'à la fin, son imagination demeura inépuisable. En 2005, il exécute dans la cathédrale de Milan, Prima Ora, une partition au contenu inouï.

Ses compositions d'avant 1970 sont éditées par Universal Edition à Vienne, tandis que son travail postérieur à cette date est édité par sa propre maison de disques Stockhausen-Verlag.

De deux mariages, avec Doris puis Mary, il eut deux fils et quatre filles.

Philippe LUTHERS - 30.11.2007

BRUXELLES - L'ancien présentateur de la RTBF Philippe Luthers est décédé vendredi des suites d'une longue maladie à l'âge de 52 ans
Père de deux enfants, il était devenu le responsable du service Divertissements à la RTBF depuis l'instauration du plan Magellan en 2004. Philippe Luthers avait auparavant présenté les émissions de variété "Coeur et pique", "Vidéogam", "Les marmots", "La chanson du siècle", l'émission des frères Taloche, "Ma télé bien-aimée" et "Tour de chances".

Fred CHICHIN - 28-11-2007

 

PARIS (AFP) - "Marcia baila", "C'est comme ça", "Andy", "Les histoires d'A"... La scène rock française a perdu une de ses figures après la mort du guitariste Fred Chichin, âme des Rita Mitsouko aux côtés de sa compagne Catherine Ringer, emporté mercredi par un cancer fulgurant à l'âge de 53 ans.
Fred Chichin est décédé dans la matinée dans un hôpital parisien des suites de cette maladie qui l'a emporté en deux mois, selon sa maison de disques Because et son tourneur Corida.
Son état de santé avait forcé les Rita Mitsouko à annuler plusieurs concerts ces jours derniers, dont l'un était prévu mercredi soir à L'Olympia.
Pour d'autres spectacles récents, comme celui du 13 novembre, déjà à L'Olympia, Catherine Ringer avait chanté sans Fred Chichin, simplement accompagnée du groupe de musiciens qui suivait le duo.
Le dernier album des Rita Mitsouko, "Variéty", est paru en avril.
Le duo fonctionnait largement sur le contraste entre les personnalités de Chichin, dandy dégingandé au visage barré d'une fine moustache ou d'une barbe de trois jours, et de la diva destroy Catherine Ringer, à la voix puissante, théâtrale et pleine de folie.
Les Rita Mitsouko ont connu leur apogée en 1986 avec leur deuxième album, "The No Comprendo", qui contenait les tubes "Les histoires d'A", "Andy" et "C'est comme ça".
Depuis ses débuts en 1979, le groupe s'est fait le chantre d'une musique extrêmement inventive, mêlant des influences rock, funk, punk, ska, sud-américaines, ainsi qu'un solide sens de l'humour.
Il avait connu un énorme succès en 1985 avec le single "Marcia baila", tiré de son premier album, paru l'année précédente. Ce morceau latino-rock écrit en hommage à la danseuse argentine Marcia Moretto, décédée d'un cancer, s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires.
Né le 1er mai 1954 à Clichy, d'un père cadre et passionné de cinéma qui avait créé dans les années 60 la revue "Miroir du cinéma", Frédéric Chichin avait rencontré Catherine Ringer en 1979 lors du spectacle "Flash rouge".
Ils avaient d'abord appelé leur duo les Spratz, avant d'opter pour Rita Mitsouko. "Rita" avait été choisi pour ses consonances sud-américaines et "Mitsouko" signifie mystère en japonais.
Tous deux avaient ajouté "Les" devant "Rita Mitsouko" au milieu des années 80, car le public pensait souvent que ce nom était celui de la seule chanteuse.
Leur troisième album, "Marc et Robert", en 1988, avait déçu, malgré la présence du tube "Le petit train". Le suivant, "Système D" (avec "Y a d'la haine"), avait lui aussi reçu un accueil moyen en 1993. Entre les deux, les Rita avaient demandé à des DJ de remixer certaines de leurs chansons pour l'album "Re" en 1990.
Suivront alors l'album "Acoustique" en 1996, "Cool frénésie" en 2000, la compilation "Bestov" en 2001, "La femme trombone" en 2002 puis "En concert avec l'Orchestre Lamoureux" en 2004 (réinterprétation de leur répertoire en concert avec cet orchestre classique).
"Variéty", paru en deux versions, française (avec trois chansons en anglais) et intégralement anglaise, avait marqué une renaissance artistique pour les Rita.
La ministre de la Culture, Christine Albanel, a rendu hommage au "créateur d'un univers musical d'une grande originalité", et l'un de ses prédécesseurs, le député socialiste Jack Lang, a salué dans les Rita "un des groupes de rock les plus décapants de ces vingt dernières années".