29/09/2007

Marcel MARCEAU - 22-09-2007

PARIS (AFP) - Le mime français Marcel Marceau est décédé samedi à l'âge de 84 ans, "entouré de sa famille", ont annoncé dimanche deux de ses enfants à l'AFP.

"Il est mort hier soir et nous nous recueillons auprès de lui, nous communiquerons rapidement la date de ses obsèques au cimetière du Père-Lachaise", a déclaré à l'AFP sa fille, Camille Marceau.

Son autre fille, Aurélia Marceau, a précisé que les proches du mime ne souhaitaient pas divulguer pour l'instant les circonstances et le lieu du décès, afin de "prendre du temps avant de communiquer davantage".

Le Premier ministre François Fillon lui a rendu hommage, saluant "en lui l'artiste, le maître, le résistant"."Le mime Marceau incarnera pour toujours le personnage de Bip, clown mélancolique et poétique qui était son double depuis 60 ans", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Ces +histoires sans paroles+ ont conféré à Marcel Marceau un don rare : celui de pouvoir communiquer avec chacun, au-delà de la barrière du langage et des représentations. C'est ainsi qu'il était devenu l'un des artistes français les plus connus dans le monde", a-t-il ajouté."Il manquera à ses élèves et au monde du spectacle", conclut-il en exprimant "à sa famille toutes ses condoléances".

Marcel Marceau avait porté l'art du mime à son plus haut niveau en promenant à travers le monde le personnage de Bip qui l'avait rendu célèbre.

C'est en 1947 qu'il avait créé Bip, ce Pierrot du XXe siècle , en proie aux difficultés du monde moderne, dont Jean Cocteau disait :"Il entre chez nous sur ses pieds de voleur avec le terrible sans-gêne du clair de lune".

Né le 22 mars 1923 à Strasbourg, engagé dans la Résistance en 1944, Marcel Marceau (Mangel de son vrai nom), une fois démobilisé, s'oriente d'abord vers la carrière de peintre et d'émailleur et suit les cours de l'Ecole des Arts décoratifs de Limoges. Mais passionné par le théâtre, il devient l'élève de Charles Dullin, débute sur scène dans "Volpone", au théâtre Sarah Bernhardt, avant de trouver sa voie chez le mime Etienne Decroux.

D'allure toujours frêle, mais d'une grande vivacité, il a été l'origine d'une renaissance après 1945 de l'art de la pantomime, influencée par la Commedia dell'Arte, après deux décennies d'effacement par le cinéma muet où prévalait le génie de Charlie Chaplin, Buster Keaton ou Laurel et Hardy.

En 1946, il joue avec la Compagnie Renaud-Barrault le rôle d'Arlequin dans "Baptiste", une pantomime tirée du film de Carné "les Enfants du Paradis".

L'année suivante, il fonde sa propre compagnie --la seule existant dans le monde-- et inscrit au répertoire des mimodrames et des pantomimes ("Le Manteau", d'après Gogol, "Le Joueur de flûte", "Exercices de style", "Le Matador", "Le petit cirque", "Paris qui rit, Paris qui pleure"). Il impose sa silhouette mince et nerveuse, son visage blafard sur lequel passent tous les sentiments, de l'allégresse à la tristesse la plus profonde.

La Compagnie Marcel Marceau joue sur les plus grandes scènes parisiennes et parcourt avec le même succès la France et l'étranger. De 1969 à 1971, Marceau anime l'Ecole internationale de mime, puis en 1978, il crée l'Ecole internationale de mimodrame de Paris.

Très populaire aux Etats Unis, au Japon et en Chine (où il a notamment effectué une tournée en 1982), Marceau a porté au cinéma quelques-uns de ses mimodrames avant de jouer dans "Barbarella", de Roger Vadim, et dans "Silent Movie (La dernière folie) de Mel Brooks.

Elu à l'Académie des Beaux-Arts en février 1991, il relance deux ans plus tard une nouvelle troupe, "la Nouvelle Compagnie de mimodrame Marcel Marceau" qu'il anime sur la scène de l'espace Cardin en 1993 et en 1997.

Officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'Ordre national du Mérite, des Arts et des Lettres, le "Picasso du mime", outre ses activités de peintre, d'illustrateur et de lithographe, a écrit plusieurs ouvrages, dont "L'Histoire de Bip", "Les sept péchés capitaux", "Pimporello".

Encore très actif au début de la décennie, il avait été nommé ambassadeur de bonne volonté pour le troisième âge par l'ONU en 2002 et avait mené une tournée internationale en 2005, se produisant à Cuba, en Colombie, au Chili et au Brésil

22/09/2007

Maia SIMON - 19-09-2007

L'actrice française Maïa Simon, morte en Suisse mercredi après avoir eu recours à un "suicide médicalement assisté", avait dénoncé "l'hypocrisie" en France sur l'euthanasie, dans un long entretien à RTL diffusé ce jeudi 20 septembre. A l'âge de 63 ans, elle a préféré "abréger ses souffrances" dues à un cancer.
Dans cet entretien bouleversant accordé à un reporter de la station avant sa mort programmée, l'actrice explique qu'elle "regrette l'hypocrisie en France et les tabous" sur ce sujet.
"Parce que si moi je pars, parce que ça me plaît d'accomplir ce voyage (en Suisse, NDLR), il y a aussi des gens qui préféreraient rester chez eux en famille et qui n'ont pas envie d'aller à l'étranger pour accomplir cette chose-là", estimait la comédienne, décédée mercredi.

Médecins un peu 'réac'

"Ils le font de toute façon, parce qu'ils trouvent toujours des gens qui peuvent les aider. Mais c'est absolument ignoble parce que les médecins ou les anesthésistes risquent d'être punis. C'est ridicule tous ces médecins qui sont un peu 'réac' ou tous ces gens qui sont trop religieux et qui veulent imposer leur vue à tout le monde", ajoutait-elle.
Atteinte d'un cancer, Maïa Simon a fait part de la "dégradation" de son corps et expliqué comment elle a organisé son "dernier voyage".
"Y'a pas seulement le poumon, y'a plein de petites choses qui se déglinguent et je sens que j'arrive à la limite, c'est-à-dire que je m'étouffe, que je peux plus beaucoup sortir et que y'a plein d'autres choses que se dégradent. Je pense que c'est le bon moment pour le faire", confiait-elle.
"Parce que le problème c'est qu'avec cette maladie, vous pouvez passer des paliers et puis brusquement on vous hospitalise et alors là vous rentrez dans le cercle infernal des soins, même si vous refusez les chimio", ce qu'elle avait fait.

Refus de la déchéance

"Au lieu d'attendre la mort d'une manière passive, j'organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis. Comme nous n'avons pas la possibilité d'accomplir cette chose en France, je suis obligée de partir à l'étranger. Quelque part cette idée me séduit parce que ça me donne la possibilité d'une escapade (...). Et quand j'arriverai là-bas, ce sera le grand bond", ajoutait-elle.
"Au début ça n'a pas été facile de leur faire admettre ma décision. Et puis petit à petit ils ont quand même compris (...) que ce que je choisissais c'était essentiel pour moi. Donc ils sont passés au-delà de leurs a priori ou de leurs peurs", expliquait la comédienne.
"Une de mes grandes hantises c'était l'état de dépendance et la déchéance. J'ai accompagné ma mère qui est morte d'un cancer aussi (...). Quand vous êtes dans un centre de soins palliatifs, vous attendez la mort de manière passive, vous ne faites pratiquement plus rien, vous êtes un peu végétatif. Moi j'étais une nomade, toujours entre deux voyages. Si je n'ai plus la liberté d'aller caracoler à l'extérieur, c'est comme si on m'assasinait, comme si je m'étiolais comme un oiseau en cage", concluait-elle. L'actrice est morte à l'âge de 67 ans.

Colin MCRAE - 15-09-2007

LONDRES (AP) - La police a confirmé dimanche le décès de l'ancien champion britannique de rallye Colin McRae, tué samedi avec trois autres occupants d'un hélicoptère qui s'est écrasé dans une région boisée près de son domicile à Lanark, en Ecosse.

 

Le pilote écossais âgé de 39 ans était aux commandes de l'hélicoptère qui transportait son fils de cinq ans, Johnny, et deux amis. L'appareil a été retrouvé calciné, ce qui a rendu impossible une identification rapide des corps.

 

McRae était titulaire d'une licence de pilote d'hélicoptère, qu'il utilisait fréquemment pour se déplacer dans la région. Champion du monde des rallyes en 1995, il avait fini deuxième au classement en 1996, en 1997 et en 2001.

 

Il avait gagné 25 courses au long de sa carrière mondiale, de 1987 à 2004. Fils du quintuple champion de Grande-Bretagne Jimmy McRae, il avait également participé au Paris-Dakar en 2004 et en 2005, finissant le parcours à chaque fois, ainsi qu'aux 24 Heures du Mans en 2005.

 

Il avait continué à faire des apparitions sur le circuit du championnat du monde des rallyes jusqu'en 2006.

 

Sa fascination pour les voitures l'avait pris à l'âge de deux ans et dès 7 ans McRae faisait déjà de la compétition moto. Il avait participé à son premier rallye en 1985 mais sa carrière avait vraiment démarré avec la conquête des titres de champion de Grande-Bretagne en 1991 et 1992.

 

Les succès de McRae avaient conduit au développement d'un jeu vidéo intitulé "Colin McRae Rallye" sorti en 1998, disponible aujourd'hui sur les consoles PlayStation, Game Boy, Xbox et PSP. En 1996, la reine Elizabeth II l'avait élevé au titre de Membre de l'Empire Britannique.

15/09/2007

Jacques MARTIN - 14-09-2007

PARIS (AFP) - L'animateur Jacques Martin , qui avait fait souffler un vent d'impertinence à la télévision avec son émission "Le petit rapporteur", est décédé vendredi à l'âge de 74 ans à Biarritz, où il vivait retiré, à demi-paralysé à la suite d'un accident cérébral.

 

Une pluie d'hommages s'est abattue sur cette figure incontournable du paysage audiovisuel français pendant plus de trente ans, avec une belle unanimité pour relever son impertinence, son culot, et son talent. Les télévisions ont bouleversé leurs programmes pour lui faire une dernière place.

 

La ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel a rendu hommage à un "esprit libre, impertinent, très drôle et bourré de talents".

 

"Jacques avait un talent extravagant. C'était un être complexe et attachant. +Le petit rapporteur+ a été l'invention d'un ton nouveau à la télévision", a souligné son complice de l'époque Stéphane Collaro.

 

"C'était un artiste complet. Il savait tout faire et avait tous les dons: il savait danser, faire des claquettes, jouer la comédie, chanter, écrire... C'était le roi de l'improvisation", souligne Philippe Bouvard, animateur des "Grosse Têtes" sur France 2.

 

"Je veux distraire, être populaire sans être populeux", expliquait Jacques Martin.

 

Car cet amuseur était un homme de grande culture, passionné d'art lyrique, d'opérette et de Jean Genet, et un grand amateur de cuisine --son grand-père a travaillé comme chef à la cour du tsar de Russie Nicolas II.

 

Derrière l'animateur sous les projecteurs se cachait un personnage plus complexe, soulignent nombre de ses proches. "Cet esprit bon enfant, l'envie de rire de tout, c'était sa nature qui contrebalançait un déchirement profond. Il était très introspectif et inquiet", souligne Stéphane Collaro. "Il ne savait pas être heureux", enchaîne Philippe Bouvard.

 

Jacques Martin était père de huit enfants, nés de quatre unions différentes, dont celle, en 1984, avec Cécilia Ciganer-Albeniz, future Cécilia Sarkozy, avec laquelle il a eu deux filles, Judith et Jeanne-Marie.

 

Il est né le 22 juin 1933 à Lyon, d'un père industriel qui meurt lorsqu'il a 5 ans. Il passe plusieurs années --malheureuses-- dans un collège tenu par des Dominicains, avant de monter à Paris à l'âge de 15 ans pour devenir comédien.

 

Il suit les cours de Charles Dullin puis enchaîne les petits boulots. Il fait ensuite de la radio, se produit à Bobino, compose une comédie musicale, "Petitpatapon".

 

En 1975, il lance sur TF1, chaîne encore publique, l'émission dominicale qui deviendra l'un des plus grands succès de l'histoire de la télévision: "Le petit rapporteur". Satirique et insolente, l'émission brocarde avec férocité la classe politique, bien avant "Les Guignols", pendant ses 18 mois d'existence.

 

Puis il passe sur Antenne 2: "Dimanche Martin", "L'Ecole des fans", où des enfants viennent chanter les succès du chanteur invité.

 

Victime d'un accident cérébral au printemps 1998 qui le laisse à moitié paralysé, il voit son contrat avec France 2 s'arrêter à l'été. Il participe occasionnellement à une émission radiophonique avec Laurent Ruquier, qui avait démarré à ses côtés, avant de vivre complètement retiré à Biarritz.

Phiulippe JAFFRE - 12-09-2007

Dans les annales de la place financière de Paris, il restera sans aucun doute comme l'un des patrons les plus dérangeants et les plus provocateurs. Les plus brillants aussi. Philippe Jaffré est décédé mercredi dernier, à 62 ans, terrassé par un cancer, en dépit duquel il n'avait pas vraiment cessé de fumer.
C'est en 1971 que ce non- conformiste commence à se distinguer, en devançant ses prestigieux camarades (Laurent Fabius, Daniel Bouton...) de la promotion Rabelais de l'ÉNA, dont il sortira major. Cette première place lui ouvre les portes du nec plus ultra de la haute administration : l'Inspection des finances et le Trésor. Comme nombre de patrons énarques de cette génération, il découvre à cette occasion les mécanismes de l'entreprise en essayant de sauver des sociétés en difficulté dans le cadre du Comité interministériel pour l'aménagement des structures industrielles (Ciasi). Ironie de l'histoire, c'est aussi en jouant les pompiers pour Alstom qu'il terminera sa carrière.
Ses premiers pas en cabinet ministériel débutent en 1979 au ministère des Finances auprès de René Monory, à la demande de son ami Michel Pébereau, aujourd'hui président de BNP Paribas. Ils partagent les mêmes idées libérales. Philippe Jaffré croise aussi Pierre Bilger, futur patron d'Alstom. De retour au Trésor, il met en oeuvre la déréglementation financière voulue par Pierre Bérégovoy. C'est un peu plus tard qu'il imprime vraiment sa marque sur le paysage industrialo-financier français, lorsqu'il organise les privatisations mises en oeuvre par Édouard Balladur. Déjà, il a une forte réputation. Dans les couloirs du ministère, cet homme mince, nerveux, à la silhouette d'adolescent, est surnommé « Macintosh », pour son intelligence, sa rapidité et... sa froideur.
En 1988, la direction du Trésor lui échappe au profit de Jean-Claude Trichet et la majorité politique ne lui est plus favorable. Il trouve asile à la petite banque Stern avant, trois mois plus tard, de se voir propulsé à la tête d'un poids lourd de la finance, le Crédit agricole, aux côtés d'Yves Barsalou. Il a 46 ans et détonne dans l'univers de la banque verte, ce qui ne l'empêche pas de finir par lui imposer une vaste modernisation.
En 1993, le premier ministre Édouard Balladur pense à lui pour diriger l'État dans l'État : Elf Aquitaine. Le financier se coule tant bien que mal dans la peau d'un industriel, non sans se heurter aux spécialistes de l'exploration-production.
Tantôt charmeur, tantôt cassant
Fidèle à ses habitudes, il dompte ses interlocuteurs, tantôt charmeur tantôt cassant, dans ce célèbre bureau du 45e étage de la tour Elf, que Claude Chabrol mettra plus tard en scène dans son film sur l'affaire Elf, avec Patrick Bruel dans le rôle du détonnant patron. Sortent alors tous les dossiers qui conduiront son prédécesseur, Loïc Le Floch-Prigent, en prison. Toujours intransigeant, Philippe Jaffré s'offre aussi le luxe de donner une leçon à Jean-Claude Trichet. Jugeant que la crise immobilière a été mal gérée par la banque centrale, il refuse de renflouer la banque Pallas-Stern, dont Elf est actionnaire, l'acculant à la faillite.
Mais le 5 juillet 1999, la roue tourne. Thierry Desmarets, le PDG de TotalFina, lance une OPA sur Elf. Philippe Jaffré résiste, puis finit par abdiquer. Le 29 octobre, il quitte le groupe et déclenche la première grande polémique sur les « parachutes dorés ». Il part avec plus 200 millions de francs. Loin de jouer la discrétion, il provoque. Et crée la société « Stock-option » et son site Internet qui permet de calculer ses gains ! Retourné dans l'anonymat, il en profite pour s'occuper de ses trois enfants, tout en essayant de faire décoller la banque en ligne Zebank. Mais manifestement, il s'ennuie.
Pierre Bilger lui donne alors l'occasion de faire son retour dans le monde des affaires, en l'appelant à la rescousse chez Alstom. Devenu vice-président exécutif au côté de Patrick Kron après le départ de Bilger, Philippe Jaffré est l'un des acteurs majeurs du sauvetage du groupe, qu'il négocie pied à pied avec les banquiers, avec l'aide de Nicolas Sarkozy.
Puis il prend du champ, replié en Belgique pour échapper à la rigueur du fisc français et pour écrire un roman, Le jour où la France a fait faillite. Ce serait le 24 juillet 2012, après une législature socialiste. La majorité est finalement sarkozyste. Mais la suite, cet ancien scout que son frère, le politologue Jérôme Jaffré, surnomme « Lili » ne pourra pas la voir.

Joe ZAWINUL - 11-09-2007

VIENNE (AP) - Il était l'un des pères du jazz fusion. Le clavier autrichien Joe Zawinul, fondateur du mythique groupe Weather Report et acolyte de Miles Davis période "Electric Jazz", est décédé mardi matin à Vienne (Autriche). Il avait eu 75 ans le 7 juillet dernier.

 

Zawinul s'est éteint à la clinique Wilhelmina de Vienne, où il avait été admis au mois d'août, a annoncé une porte-parole de l'établissement. Il est mort des suites d'une forme rare de cancer de la peau, a précisé son agent Risa Zincke, cité par l'agence Austria Press.

 

Reconnaissable au petit bonnet de laine constamment vissé sur sa tête, Joe Zawinul - né Josef à Vienne en 1932 - avait obtenu ses titres de gloire pour son travail au clavier sur les albums "In a Silent Way" et "Bitches Brew" de Miles Davis.

 

Véritable inspirateur et force du mouvement baptisé "Electric Jazz", il avait fondé en 1970 Weather Report avec le saxophoniste Wayne Shorter. De cette formation de virtuoses à géométrie variable, à laquelle collaborera notamment le bassiste Jaco Pastorius, sortiront 17 albums, dont certains aujourd'hui cultes tels que "Black Market", "I Sing the Body Electric" et "Heavy Weather", sur lequel figure le standard "Birdland".

 

Après la séparation du groupe, il avait créé le Zawinul Syndicate en 1987, avec lequel il avait encore tourné en Europe au printemps, à l'occasion du vingtième anniversaire du groupe. Il était d'ailleurs prévu à l'affiche du festival "Jazz à la Villette" à Paris, mais son concert du 6 septembre avait été annulé en raison de son état de santé.

 

Défricheur de tendances et pianiste éclectique, Joe Zawinul avait introduit le piano électrique et le synthétiseur dans l'univers du jazz et menait en parallèle une carrière classique. Il avait ainsi écrit son "Stories of the Danube" en 1993 et collaboré avec le pianiste classique de renom Friedrich Gulda. Egalement producteur et arrangeur, il avait travaillé sur l'album "Amen" de Salif Keita en 1991.

 

Acclamé par ses pairs, il avait obtenu pas moins de 28 fois le titre de "meilleur clavier" décerné chaque année par le magazine "Down Beat". Docteur honoraire de la célèbre Berklee School of Music de Boston - où il avait obtenu une bourse à son arrivée aux Etats-Unis en 1959 -, Joe Zawinul avait reçu en janvier 2002 le premier "International Jazz Award", décerné par l'Organisation internationale des festivals de jazz et l'Association internationale des éducateurs de jazz.

 

Avant Miles Davis et ses projets plus personnels, il avait débuté sa carrière par une collaboration avec le trompettiste Maynard Ferguson à son arrivée aux Etats-Unis. Vinrent ensuite Dinah Washington et, à partir de 1961, le saxophoniste alto Cannonball Adderley, avec qui il écrira plusieurs tubes dont "Mercy, Mercy, Mercy", numéro un du classement pop du Billboard américain en 1967.

 

Le président autrichien Heinz Fischer a salué mardi un "ambassadeur de la musique" qui "restera inoubliable pour nous tous", alors que le chancelier Alfred Gusenbauer évoquait un musicien jamais "aveuglé par les apparences". "Il vivra toujours", a de son côté déclaré son fils, Erich

Jane WYMAN - 10-09-2007

L'actrice américaine, lauréate d'un Oscar en 1949 et première femme de Ronald Reagan, s'est éteinte lundi à 93 ans

Dans les années 1940 et 1950, Jane Wyman tourna avec les plus grands réalisateurs dont Alfred Hitchcock, Frank Capra ou Billy Wilder. Elle fut sacrée meilleure actrice à Hollywood il y a 58 ans pour son rôle de victime d'un viol dans "Johnny Belinda".

Dans les années 1980, la télévision lui offrit son dernier grand rôle avec la série "Falcon Crest".

Jane Wyman est décédée en Californie, dans une maison de retraite de Palm Springs, une ville huppée dans le désert à 200 km à l'est de Los Angeles. L'annonce de sa mort a été communiquée par une entreprise de pompes funèbres.

Une des gloires de l'âge d'or de Hollywood
Jane Wyman était née Sarah Jane Mayfield en janvier 1914, dans le Missouri. Elle avait débuté en 1932 dans de petits rôles à Hollywood, avant de connaître le succès principalement dans les années 1940 et 1950. Elle décrocha quatre nominations aux Oscars entre 1947 et 1955, et reçut la récompense suprême une fois, en 1949.

Durant une vingtaine d'années, elle tourna sous la direction des plus grands metteurs en scène, de Hitchcock ("Le grand alibi" en 1950) à Frank Capra ("Et si l'on mariait papa" en 1951). Elle eut pour partenaires les plus grandes stars de l'époque : Charlton Heston, Glenn Ford, Kirk Douglas. Elle fit sa dernière apparition au cinéma dans "How to Commit Marriage" avec Bob Hope en 1969.

Par la suite, elle se tourna vers la télévision. On la vit dans des séries comme "La croisière s'amuse" ou "Drôles de dames". Elle s'illustra surtout en tenant l'un des rôles principaux du feuilleton américain "Falcon Crest", entre 1981 et 1990 aux Etats-Unis, qui lui valut d'ailleurs le dernier de ses quatre Golden Globes en 1984. Elle tint son dernier rôle dans un épisode de "Docteur Quinn, femme médecin", en 1993.

De santé fragile, elle s'était retirée depuis une dizaine d'années dans la région de Palm Springs et participait parfois à des événements caritatifs. Elle était sortie de sa retraite en 2004 pour assister aux funérailles de Ronald Reagan à Simi Valley, au nord-ouest de Los Angeles.

Jane Wyman et Ronald Reagan, alors acteur, furent mariés entre 1940 et 1948. Ils eurent deux enfants, aujourd'hui décédés, et en adoptèrent un troisième, Michael.

Ronald Reagan s'était remarié en 1952 avec Nancy Davis, avant de se tourner vers la politique, devenir gouverneur de Californie puis président des Etats-Unis de 1981 à 1989.

08/09/2007

Luciano PAVAROTTI - 06-09-2007

ROME - Luciano Pavarotti s'est éteint. Le célèbre ténor italien qui avait su populariser l'opéra, malgré les critiques des puristes, est mort jeudi à l'âge de 71 ans d'un cancer du pancréas.

Considéré comme le plus grand ténor au monde depuis le décès de Caruso en 1921, l'imposant chanteur à la célèbre barbe noire est décédé chez lui dans sa villa de Modène à 5h00 du matin, entouré de sa deuxième femme Nicoletta et de ses quatre filles.

Ses obsèques seront célébrées samedi dans la cathédrale de la ville, a expliqué sur la chaîne italienne SkyTG24 le maire de Modène, Giorgio Pighi. Dans la soirée, son cercueil a été porté dans la cathédrale sous les applaudissements de centaines d'admirateurs.

"Le maestro a mené une longue et dure bataille contre le cancer du pancréas qui a fini par l'emporter. En accord avec l'approche qu'il avait de la vie et de son travail, il est resté positif jusqu'à la dernière étape de sa maladie", a souligné son agent, Terri Robson, dans un courriel adressé à l'Associated Press.

Né le 12 octobre 1935 à Modène, ce fils d'un boulanger amateur d'opéra découvre l'art lyrique à travers les disques de son père. Il commence à chanter dans le choeur de sa paroisse et participe à l'âge de 20 ans à un concours de chorales au Pays de Galles, que son groupe remporte. Alors enseignant, il décide de se consacrer entièrement à la musique, encouragé par sa future femme Adua Veroni.

C'est dans le rôle de Rodolfo ("La Bohème") à Covent Garden en 1963 que Luciano Pavarotti attire l'attention du chef d'orchestre Richard Bonynge. Ce dernier l'engage pour une tournée de 14 semaines en Australie pour "Lucia di Lammermoor". Sa carrière est lancée.

A la fin des années 1960, il se produit sur les grandes scènes internationales (La Scala en 1965, Le Metropolitan en 1968), mais c'est dans les années 1970 qu'il devient une star, tournant des publicités et participant à de grands concerts en plein air.

En 1990, il chante aux côtés de Placido Domingo et José Carreras à Rome pour la Coupe du monde de football: leur concert remporte un énorme succès et marque le début des "Trois ténors", qui ont battu tous les records de vente de disques de musique classique.

Depuis Los Angeles, Placido Domingo a rendu hommage à l'humour de Luciano Pavarotti et "la gloire divine de sa voix -ce timbre spécial reconnaissable entre tous dans tout le registre du ténor". "J'adorais aussi son merveilleux sens de l'humour et, en plusieurs occasions lors de nos concerts avec José Carreras, nous avions eu du mal à nous souvenir que nous nous produisions devant une audience payante, parce que nous nous amusions tellement entre nous", souligne-t-il.

Luciano Pavarotti n'a également pas hésité à s'afficher avec des stars du rock ou de la pop, comme Ricky Martin, Sting ou les Spice Girls, notamment dans le cadre de ses concerts "Pavarotti and Friends". Ce qui soulevait de nombreuses critiques des puristes.

"Nous avons atteint 1,5 milliard de personnes avec l'opéra. Si vous voulez utiliser le terme 'commercial' ou quelque chose de plus péjoratif, cela nous importe peu", expliquait-il après un concert des "Trois Ténors". "Si le mot 'classique' veut dire 'ennuyeux', je ne l'accepte pas. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise musique".

Pavarotti s'était également investi dans des causes humanitaires, recueillant des fonds avec le chanteur de U2 Bono pendant la guerre de Bosnie de 1992 à 1995. Il avait fondé le Pavarotti Music Center à Mostar pour permettre aux artistes du pays de développer leurs talents.

Il s'était également produit dans des concerts caritatifs, notamment au profit des victimes du séisme qui avait fait 25.000 morts dans le nord de l'Arménie en décembre 1988.

Luciano Pavarotti avait tourné dans les films "Yes, Giorgio", même si l'échec de ce dernier a sans doute coupé court à toute espoir d'une carrière hollywoodienne, et "Rigoletto". Il avait par ailleurs défrayé la chronique en 1996 en quittant sa femme après 35 ans de mariage, pour sa secrétaire de 26 ans, Nicoletta Mantovani: il ne l'épouse qu'en 2003 pour leur fille alors âgée d'un an.

Sa dernière prestation en public aura été "Nessun Dorma" du "Turandot" de Puccini qu'il avait interprété à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympique d'hiver de Turin en février 2006. Opéré en juin 2006 dans un hôpital new-yorkais, il n'était plus apparu en public depuis. Il envisageait alors de reprendre sa tournée d'adieu à la scène.

"J'ai été un homme chanceux et heureux", déclarait Luciano Pavarotti dans une interview au "Corriere della Serra" publiée un mois après son opération. "Maintenant, j'en paie le prix".

La semaine dernière, le gouvernement italien lui avait décerné le prix de "l'excellence pour la culture italienne" alors que les opéras de la Scala et de Modène créaient un prix Pavarotti. Ces prix, avait-il réagi dans un communiqué, lui ont donné "l'opportunité de célébrer la magie d'une vie dédiée aux arts". "Cela me remplit de fierté et de joie d'avoir pu promouvoir ce magnifique pays à l'étranger". AP

Jacques PELLETIER - 03-09-2007

PARIS (AFP) - Le sénateur radical Jacques Pelletier, homme d'ouverture qui participa à des gouvernements Barre puis Rocard, est mort dans la nuit de dimanche à lundi à l'hôpital du Val-de-Grâce à Paris à l'âge de 78 ans, a-t-on appris de source militaire.

M. Pelletier avait été admis en août dans cet établissement militaire, dans un état grave, après avoir été victime d'un accident vasculaire cérébral.

Nicolas Sarkozy a rendu hommage à l'ancien ministre radical Jacques Pelletier, décédé dans la nuit de dimanche à lundi, qui fut "l'un des premiers à mettre en application l'idée d'ouverture en politique" en intégrant le gouvernement Rocard.

"Le président de la République tient à saluer la mémoire de Jacques Pelletier, un homme qui, tout au long de sa carrière, n'a jamais cessé de placer l'homme au coeur de son action, n'hésitant jamais pour cela à transcender les clivages partisans", déclare M. Sarkozy, dans un communiqué.

Sénateur de l'Aisne, maire de Villers-en-Prayères depuis 1953, M. Pelletier était le plus ancien élu de la Haute Assemblée, où il était entré en 1966 et où il a siégé plus de trente années.

Le co-président du parti radical André Rossinot a déploré le décès "de l'un des membres les plus éminents et attachants" du parti radical, "qui nous quitte au moment même où ses idées sur l'ouverture et le rassemblement triomphent dans la vie politique française".

"Il voyait la politique non comme un combat stérile (...) mais comme un débat constructif devant aboutir à une synthèse au service d'un même idéal républicain", a ajouté M. Rossinot dans un communiqué.

Homme d'ouverture de Valéry Giscard d'Estaing puis de François Mitterrand, M. Pelletier avait été secrétaire d'Etat à l'Education de Raymond Barre (1978-1980), puis ministre de la Coopération de Michel Rocard (1988-1991).

Issu d'une famille d'exploitants agricoles, il était né le 1er août 1929 à Villers-en-Prayères, village dont il était devenu maire après avoir succédé à son père.

Ancien élève de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers, il préside le Centre des jeunes agriculteurs de l'Aisne entre 1955 et 1960. Il prend en 1964 la présidence du conseil général de l'Aisne, qu'il quittera en 1979.

Vice-président du Centre démocrate de 1970 à 1973, il se situe comme centriste d'opposition en 1974, soutenant François Mitterrand au deuxième tour de la présidentielle.

En 1977, il lance Carrefour social-démocrate, avec Olivier Stirn, René Lenoir et Lionel Stoléru.

Lors de la présidentielle de 1988, il soutient M. Barre au premier tour, et M. Mitterrand au second, ce qui lui vaut d'entrer au gouvernement.

Au Sénat, Jacques Pelletier a été président du groupe de la gauche démocratique (1982-1988), puis à partir de 2001, président du groupe RDSE qui rassemble radicaux de gauche et radicaux proches de la majorité parlementaire.

Cet homme de consensus a été également à plusieurs reprises président de l'intergroupe de défense des droits de l'Homme. Il avait été nommé en 2003 président du Haut Conseil de la coopération internationale.

M. Pelletier a également été Médiateur de la République (1992-1998).

02/09/2007

Jose Luis DE VILLALONGA - 30-08-2007

MADRID (AP) - L'écrivain et acteur espagnol José Luis de Vilallonga, qui avait notamment partagé l'affiche avec Audrey Hepburn dans "Diamants sur canapé", est décédé jeudi à son domicile sur l'île de Majorque. Il avait 87 ans.

 

Personnalité haute en couleurs de l'aristocratie espagnole, Vilallonga avait travaillé comme journaliste pour l'agence de presse espagnole EFE ainsi que pour les magazines Paris Match, Marie-Claire et Vogue. Il était l'auteur d'une biographie officielle du roi Juan Carlos publié en 1993.

 

Dans "Diamants sur canapé" ("Breakfast at Tiffany's") de Blake Edwards (1991), il interprétait le rôle de José da Silva Pereira, le milliardaire brésilien que prévoit épouser l'excentrique Holly Golightly, jouée par Audrey Hepburn.

 

Marquis de Castellbell et Grand d'Espagne, il avait également tourné dans "Juliette des esprits" (1965) de Federico Fellini ou encore "Les Amants" (1958) de Louis Malle. Sa mort a été annoncée par les autorités de l'île de Majorque.

 

Vilallonga s'était marié à trois reprises: il avait épousé l'aristocrate britannique Priscilla Scott-Ellis (1945-1972), Syliane Stella Morell (1974-1995) et en 1999 la journaliste Begona Aranguren.

 

Il laisse derrière lui deux enfants nés de son premier mariage, John et Carmen, ainsi qu'un fils adopté, Fabricio. Le roi Juan Carlos a fait part de sa tristesse à l'annonce de son décès.

Pierre MESSMER - 29-08-2007

PARIS (AFP) - Pierre Messmer, qui avait été ministre des Armées du général de Gaulle (1960-1969), avant d'occuper Matignon de 1972 à 1974, est décédé mercredi en fin d'après-midi au Val-de-Grâce à l'âge de 91 ans au moment où étaient célébrées dans l'église du Val-de-Grâce les obsèques d'un autre Premier ministre, Raymond Barre, décédé samedi, également au Val-de-Grâce.

Compagnon de la Libération, ancien gouverneur général de la France d'Outre-mer, ancien député de la Moselle (1968-1988) et ancien maire de Sarrebourg (1971-1989), il était Chancelier honoraire de l'Institut de France, institution qu'il a présidée de 1998 à 2005.

Né le 20 mars 1916 à Vincennes (Val-de-Marne), Pierre-Auguste Messmer était docteur en droit, diplômé de l'Ecole nationale de la France d'outre-mer et de l'Ecole des langues orientales.

Dès juin 1940, il rejoint Londres, et prend part aux combats de la France libre, notamment à Bir Hakeim (Libye) et El Alamein (Egypte). En août 1944, il entre à Paris avec la 2ème DB.

Parachuté au Tonkin (Nord-Vietnam) en août 1945, fait prisonnier par le Viet-Minh, il s'évade, avant d'être démobilisé en janvier 1946.

Il devient directeur du cabinet du Haut-Commissaire en Indochine, puis gouverneur de la Mauritanie (1952), et de la Côte d'Ivoire (1954), et en 1956, directeur du cabinet de Gaston Defferre, alors ministre de la France d'outre-mer.

Haut-commissaire de la République au Cameroun (1956-58), en Afrique Equatoriale française (1958), puis en Afrique Occidentale française (1958-59), Pierre Messmer prépare l'indépendance des colonies françaises en Afrique, puis devient ministre des Armées de de Gaulle, fonction dans laquelle il détient un record de longévité depuis Louvois, ministre de Louis XIV.

Titulaire du portefeuille des DOM-TOM en 1971-72, avant sa nomination à Matignon, il est ensuite président du Conseil régional de Lorraine (1978-1980), député européen (1979-1984). Battu aux législatives de 1988, il se retire de la vie politique en 1989, mais reste conseiller régional de Lorraine jusqu'en 1992.

Ancien président de l'Institut Charles de Gaulle (1992-95) et de la Fondation Charles de Gaulle (1992-97), devenu en 2006 membre du Conseil de l'Ordre de la Libération, Pierre Messmer avait témoigné en octobre 1997 au procès de Maurice Papon, dont il avait demandé plus tard la grâce.

Elu à l'Académie française en 1999 au fauteuil de Maurice Schumann, il était Grand-croix de la Légion d'honneur, membre depuis 1988 de l'Académie des sciences morales et politiques dont il a été secrétaire perpétuel.

En juin 2006, il avait été nommé chancelier de l'Ordre de la libération.

M. Messmer avait publié Mémoires et souvenirs : "Après tant de batailles" (1992), "Les Blancs s'en vont, récits de décolonisation" (1998), "La Patrouille perdue et autres récits extraordinaires" (2002), ainsi qu'un livre d'entretiens "Ma part de France" (2003).

Veuf, il s'était remarié en 1999.

La classe politique a rendu hommage à l'ancien Premier ministre Pierre Messmer, saluant "un héros de la France combattante" et un fidèle compagnon du général de Gaulle.

Pierre Messmer est mort au Val-de-Grâce, quelques heures après les obsèques d'un autre ancien chef de gouvernement, Raymond Barre, décédé samedi dans le même hôpital militaire.

Nicolas Sarkozy a fait l'éloge d'un "homme de devoir, homme de conviction", qui aura "incarné la fidélité sans faille au général de Gaulle".

"La France vient de perdre l'un de ses plus grands serviteurs et la nation tout entière s'incline pour saluer sa mémoire", a affirmé le chef de l'Etat.

Le Premier ministre François Fillon a estimé qu'"une page héroïque de notre pays se tourne". "La France perd l'un de ses derniers gaullistes historiques. Son parcours exceptionnel inspirera toujours la France libre".

Pour l'ex-chef de l'Etat Jacques Chirac, l'ancien Premier ministre de Georges Pompidou était "un grand Français" et "un héros de la France combattante, de Bir Hakeim à la Libération de Paris".

En juin 1940, le jeune appelé, ne se résignant pas à la défaite, avait détourné un bateau et rejoint Londres, avant de combattre sur de nombreux fronts et de participer au débarquement de Normandie.

Le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré a rendu hommage au "compagnon du général de Gaulle et serviteur exemplaire de l'Etat".

Le ministre de la Défense Hervé Morin a salué "l'un des plus ardents et intransigeants défenseurs" de l'indépendance de la France.

Pierre Messmer "refusait avec le général de Gaulle que la France soit un Etat +suiveur+ mais voulait ardemment qu'elle soit un Etat +pionnier+", écrit-il, jugeant que son prédécesseur à la Défense (1960-1969, un record de longévité) avait joué "un rôle essentiel dans la préparation et l'évaluation de l'arme nucléaire et dans la réforme des armées".

A gauche, le maire PS de Paris Bertrand Delanoë voit pour sa part en Pierre Messmer - qui fut notamment gouverneur de la Côte d'Ivoire (1954-1956) - un "acteur majeur de la décolonisation de l'Afrique noire".

L'ancien ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement (MRC), a affirmé que "nombreux sont les Français qui comme moi, salueront le parcours sans tache et l'unité incomparable de la vie de ce grand citoyen".

Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, a souligné pour sa part que l'ancien chef du gouvernement "a contribué de façon décisive à la modernisation de notre pays, en plaçant la France sur la voie de l'indépendance énergétique grâce à la filière nucléaire et en lançant le programme des TGV, symbole du savoir-faire industriel Français".

Pour Patrick Ollier, ex-président de l'Assemblée nationale, cet "homme d'Etat de grande envergure" a "accompagné les grandes réformes de la France dans les années 1970".

L'ancien résistant Maurice Druon, qui fut ministre de la Culture de Pierre Messmer a évoqué "un frère". "C'est pour moi l'irremplaçable, une amputation. La France peut incliner ses drapeaux", a-t-il dit sur RTL. "Il était le plus droit, le plus noble, le plus valeureux de ses fils".

Fransisco UMBRAL - 28-08-2007

MADRID (AFP) - L'un des plus grands écrivains espagnols contemporains, Francisco Umbral, est décédé dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 72 ans, en raison d'un arrêt cardio-respiratoire, ont rapporté les médias espagnols.

 

Francisco Umbral, né à Madrid le 11 mai 1935, est mort à la clinique madrilène de Monteprincipe de Boadilla del Monte (banlieue madrilène) à 02H30 (00H30 GMT).

 

Il a publié plus de 80 livres dont "Mortal y rosa" (Mortel et rose, 1975) et "Trilogia de Madrid" (1984) et avait reçu le Prix Prince des Asturies des Lettres en 1996 et le Prix Cervantes en 2000.

 

Il a également écrit dans plusieurs titres de presse, dont les journaux El Pais (gauche) et El Mundo (droite).

Raymond BARRE - 25-08-2007

PARIS (AFP) - L'ancien Premier ministre centriste français Raymond Barre (1976-1981), 83 ans, est décédé samedi à l'hôpital du Val de Grâce à Paris, où il était hospitalisé depuis avril dernier pour des problèmes cardiaques, a-t-on appris de source familiale.L'événement

L'ancien Premier ministre et ancien maire de Lyon avait été hospitalisé à Monaco à la suite d'un malaise survenu dans sa maison de Saint-Jean-Cap-Ferrat (Alpes-Maritimes/sud), avant d'être transféré par hélicoptère le 11 avril vers l'hôpital militaire parisien du Val-de-Grâce et admis au service de cardiologie.

A une insuffisance rénale, dont souffrait l'ancien Premier ministre depuis des années, se sont ajoutés des problèmes cardiaques, avaient indiqué ses proches.

Le président Nicolas Sarkozy a rappelé les "convictions européennes" de l'ancien Premier ministre qu'il a qualifié d'"esprit libre et indépendant" et de "personnage à part dans le personnel politique français".

"Représentant éminent de l'école française de science économique, il eut la volonté de mettre son savoir au service de la cité, toujours fidèle, dans son engagement, à ses convictions européennes, libérales et sociales", dit encore de M. Barre le communiqué de la présidence de la République.

L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a de son côté déclaré que "la France vient de perdre un de ses meilleurs serviteurs", en apprenant le décès de son ancien Premier ministre.

"Son action s'inscrivait dans la grande ligne de ceux qui depuis Colbert (ministre de Louis XIV) ont construit la prospérité de notre pays", a déclaré VGE dans un communiqué transmis à l'AFP.

"Raymond Barre était un homme d'Etat qui ne poursuivait aucun objectif personnel mais qui cherchait à assurer par une compétence exceptionnelle et un travail acharné le bien être de notre pays", a ajouté l'ancien président.

Né le 12 avril 1924 à Saint-Denis (Réunion), économiste, Raymond Barre avait été Premier ministre du président Valéry Giscard d'Estaing de 1976 à 1981. Il a été aussi maire de Lyon (centre) pendant six ans, de 1995 à 2001, député centriste du Rhône à partir de 1978, réélu sans discontinuer et candidat malheureux à l'Elysée en 1988, où avec 16,53% au premier tour il avait été devancé par François Mitterrand et Jacques Chirac. Il s'était retiré de la vie politique active en juin 2002.

Professeur émérite des universités, cet européen convaincu a été vice-président de la Commission européenne de Bruxelles, chargé des affaires économiques et financières de 1967 à 1973.

Professeur agrégé de droit et de sciences économiques à Sciences Po, Raymond Barre avait fait ses premiers pas en politique en 1959 comme chef de cabinet de Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l'Industrie et du Commerce du général de Gaulle.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont un manuel d'"Economie politique" (1955 et actualisé en 1988), utilisé par des générations d'étudiants.

Marié à Eva Hegedüs, d'origine hongroise, il a eu deux fils, Olivier et Nicolas.

Francis RYCK - 19-08-2007

PARIS (AFP) - L'écrivain Francis Ryck, l'un des maîtres du roman policier français, auteur d'une soixantaine de livres, est décédé dimanche à Paris à l'âge de 87 ans, a-t-on appris mardi auprès de sa famille.

 

De son vrai nom Yves Delville, Ryck était né le 4 mars 1920 à Paris d'une mère russe et d'un père français. Engagé dans la marine à l'âge de 18 ans, il participe en 1939-1940 à la campagne de Norvège et sera fait prisonnier par les Allemands.

 

De retour à Paris en 1943, il exerce divers métiers avant de se lancer dans l'écriture. Après plusieurs livres chez Albin Michel, dont "Promenade en marge", Grand prix de la Société des gens de lettres en 1954, il se lance dans le polar et entre en 1966 à la Série Noire.

 

Il y publie 18 romans jusqu'en 1978 et influence profondément une nouvelle génération d'auteurs, en mettant notamment en scène des marginaux, des flics et des truands en rupture, des adolescents révoltés et des héros désabusés, inspirés de ses multiples rencontres.

 

Francis Ryck est alors considéré comme l'un des pères du "néo-polar" français, avec Jean Amila, Jean-Patrick Manchette et Frédéric Fajardie. Son dernier titre à la Série Noire, "Prière de se pencher au dehors" (1978), a valeur de manifeste pour de nombreux auteurs.

 

Ses romans ont longtemps inspiré les réalisateurs français, qui en ont porté une dizaine au cinéma : "La peau de Torpédo" (Jean Delanoy), "Drôle de pistolet" ("Le silencieux" de Claude Pinoteau), "Le compagnon indésirable" ("Le secret" de Robert Enrico), "Nos intentions sont pacifiques" ("L'entourloupe" de Gérard Pirès), "Le piège" (Gérard Vergez), "Effraction" (Daniel Duval) ou "Conseil de famille" (Costa-Gavras).

 

Francis Ryck porte dans ses livres un regard sans concession sur une société qui perd pied. "J'ai voulu dire autre chose. Mes héros fuient la réussite sociale comme la peste. Ce sont les derniers hommes libres", déclarait-il.

 

Son oeuvre gagne en gravité à partir des années 1980, avec des histoires de vengeance ("Le nuage et la foudre", 1982) ou d'ados à la dérive ("Le chemin des enfants morts", 1991).

 

En marge du milieu littéraire, dont il méprisait les règles, il vivait depuis quelques années modestement à Paris après une vie de bourlingueur.

 

Francis Ryck avait encore publié deux livres depuis le début de l'année, "La casse" aux Editions Scali et "L'enfant du lac" chez Melis Editions.