08/07/2007

Regine CRESPIN - 05-07-2007

Régine CRESPIN - 05-07-2007

PARIS - La soprano Régine Crespin est décédée jeudi après-midi à l'âge de 80 ans dans un hôpital parisien, a-t-on appris auprès de sa maison de disques, EMI, qui n'a pu préciser les causes du décès. Le président Nicolas Sarkozy a aussitôt salué la mémoire d'"une grande voix française".

Née en 1927 à Marseille, Régine Crespin a fait ses classes au Conservatoire de musique de Paris, obtenant trois premiers prix en chant, opéra et opéra-comique. Considérée comme une grande voix de l'opéra français, la soprano débute en 1948 à Reims dans le rôle de Charlotte du "Werther" de Massenet.

Artiste lyrique au Théâtre national de l'Opéra, elle se produit dans différents théâtres. Reconnue pour ses talents lyriques, elle interprète les premiers rôles dans "Lohengrin" ou "Tannhäuser" de Wagner, "Le chevalier à la rose" de Richard Strauss, "Carmen" de Bizet. Elle débute sa carrière internationale au Festival de Bayreuth en 1958 avec Kundry de "Parsifal". Dès lors, elle se produit sur les plus grandes scènes du monde, au Covent Garden à Londres, au Met à New York ou encore à Vienne et Berlin.

Saluée dans le monde entier pour ses talents de cantatrice, Régine Crespin enseignait sa passion du chant au Conservatoire national supérieur de musique de Paris entre 1976 et 1992. Elle est Commandeur de la Légion d'honneur et des Arts et Lettres.

"Par sa voix, son talent mais aussi son humour et sa générosité, Régine Crespin a été une grande ambassadrice de la culture française. Elle nous quitte aujourd'hui mais nous nous rappellerons toujours ses interprétations impérissables", précise Nicolas Sarkozy dans un communiqué.

"Régine Crespin fut une diva", souligne la ministre de la Culture Christine Albanel. Elle "aura été l'une des personnalités les plus rayonnantes de l'art lyrique, une des artistes grâce à qui il a retrouvé dans le monde entier un éclat et un prestige incomparables. Elle fut la soprano française la plus acclamée sur la scène lyrique internationale".

"Cette artiste inspirée a aussi permis que sa carrière éblouissante ne s'éteigne pas avec sa voix: Régine Crespin s'est dédiée, des années durant, avec rigueur et générosité, à l'enseignement et à la transmission, formant et guidant de nombreux jeunes chanteurs au Conservatoire de Paris", conclut la ministre dans un communiqué. AP

Claude POMPIDOU - 03-07-2007

Claude POMPIDOU - 03-07-2007

 

PARIS (AFP) - Claude Pompidou, veuve de Georges Pompidou, président de la République entre 1969 et 1974, est décédée mardi à 94 ans et la classe politique a salué de façon unanime la "générosité" et "l'engagement au service des autres" de cette "grande dame".

Claude Pompidou est décédée à son domicile parisien de l'île Saint-Louis, a indiqué la Fondation qui porte son nom, qu'elle avait créée en 1970 pour l'aide aux enfants handicapés et aux personnes âgées.

Ses obsèques doivent se dérouler vendredi.

"C'est une très triste nouvelle. C'était une très grande dame, (...) une personne de très grande qualité qui faisait honneur à notre pays. J'ai eu le plaisir de la rencontrer quelques jours après mon élection, dans ses bureaux de la fondation Pompidou. Elle a accompagné et aimé son mari qui était un très grand président. J'ai beaucoup de chagrin", a déclaré le président Nicolas Sarkozy.

L'ancien président Jacques Chirac, qui fut un proche collaborateur de Georges Pompidou, et son épouse ont de leur côté fait part de leur "infinie tristesse" à la perte "d'une de leurs amies les plus proches et les plus fidèles", saluant son "engagement au service des autres".

"C'était une femme qui alliait une grande simplicité à une remarquable dignité. Elle avait une curiosité d'esprit qui la portait vers l'art contemporain, et une générosité de coeur qui l'amenait à s'occuper du sort des personnes hospitalisées, privées de famille", a déclaré l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.

Le Premier ministre François Fillon a rendu hommage à "son intelligence, sa curiosité d'esprit et sa générosité au service des autres", la ministre de la Culture Christine Albanel "à sa générosité, sa sincérité".

"Sa vie comme celle du Président Pompidou a été consacrée au service de la France et au service de ses concitoyens, notamment des plus fragiles", a souligné le ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, alors que le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, saluait "une femme de coeur et de courage, engagée au service des autres".

Le président du Sénat Christian Poncelet a exprimé sa "profonde émotion" et la secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet, a salué "une grande femme de culture".

Proche des créateurs, réservée et anti-conformiste, goûtant peu la politique mais passionnée par l'art moderne, Claude Pompidou avait en effet mené une activité discrète mais constante pour soutenir les milieux artistiques.

La direction du Centre Georges Pompidou, haut lieu de l'art moderne, a assuré "se sentir orphelin".

Née le 13 novembre 1912 à Château-Gonthier (Mayenne), Claude Cahour, fille de médecin, perd sa mère à l'âge de trois ans. Après de courtes études de droit, elle épouse à 22 ans Georges Pompidou, alors jeune agrégé de lettres.

Peu encline à la vie publique, elle préfère fréquenter les artistes comme Bernard Buffet et Françoise Sagan, et initier son mari à l'art contemporain.

Elle sait toutefois se prêter aux obligations de la vie officielle, lorsque son mari est à Matignon (1962-68), puis à l'Elysée (1969-74). Mais Claude Pompidou a toujours déclaré ne pas beaucoup apprécier la vie à l'Elysée, qu'elle qualifiait de "maison du malheur" depuis la mort de son mari.

Après la mort du président Pompidou, elle mène une vie discrète, s'investissant dans sa Fondation.

Mais elle doit affronter les rumeurs de l'affaire Markovic, en 1968. Cette affaire éclate après la découverte du cadavre de Stéphane Markovic, play-boy yougoslave et ancien garde du corps d'Alain Delon. Le bruit court qu'il a été assassiné pour avoir été témoin de soirées libertines auxquelles auraient assisté des personnalités. Le nom de Mme Pompidou est au centre des rumeurs.

Mme Pompidou avait livré ses souvenirs dans "L'Elan du coeur" (1997).

Beverly SILLS - 02-07-2007

Beverly SILLS - 02-07-2007

 

WASHINGTON (AFP) - La chanteuse d'opéra américaine Beverly Sills, extrêmement populaire aux Etats-Unis, est décédée lundi à l'âge de 78 ans des suites d'un cancer du poumon, a annoncé le New York Times.

Née le 25 mai 1929 à New York, de parents juifs originaires d'Ukraine et de Roumanie, la soprano new-yorkaise avait connu la gloire mondiale entre 1950 et 1970.

Découverte très jeune, elle chante à 17 ans dans un spectacle d'élèves le rôle de Micaëla dans "Carmen" de Bizet, puis étudie le chant à New York avec le célèbre professeur Estelle Liebling. Elle se tourne alors vers la radio, chantant avec succès dans des opérettes et des comédies musicales.

En 1948, elle débute à l'Opéra de Philadelphie dans le rôle de Frasquita de "Carmen" avant d'être engagée par la Charles Wagner Company pour chanter "La Traviata" de Verdi en tournée aux Etats-Unis.

Engagée à l'Opéra de San Francisco en 1953, elle poursuit sa carrière à partir de 1955 au New York City Opera, avec lequel elle remporte de très grands succès qui lui vaudront d'être invitée dans tous les grands opéras d'Amérique du Nord.

En 1967, elle fait ses débuts européens à l'Opéra de Vienne dans le rôle de la Reine de la Nuit de "La Flûte enchantée" de Mozart. Deux ans plus tard, elle triomphe à la Scala de Milan dans "Le siège de Corinthe" de Rossini.

Retour en Amérique en 1971, où elle chante à l'Opéra de Boston. Elle est désormais considérée comme l'une des grandes voix de l'époque, et Time Magazine la qualifie de "reine américaine de l'opéra".

En 1974, le Metropolitan Opera de New York appelle Beverly Sills et remonte pour elle plusieurs opéras dont "Thaïs" de Massenet. Peu après, elle se retire de la scène et prend la direction du New York City Opera (1979-1989), à qui elle donne, grâce à la renommée mondiale qu'elle a acquise, une place importante sur la scène lyrique internationale.

Elle a en outre créé de nombreuses oeuvres contemporaines et fondé un concours d'opéras en un acte, mettant en scène chaque saison les oeuvres primées.

Au cours de sa carrière, Beverly Sills a également occupé des responsabilités à la tête du Metropolitan Opera de New York et du Lincoln Center.

Edward YANG - 29-06-2007

Edward YANG 29-06-2007

 

PARIS (AFP) - Récompensé au Festival de Cannes en 2000 pour "Yi Yi", un drôle et touchant portrait de famille, le cinéaste Edward Yang disparu vendredi à 59 ans était avec Hou Hsiao-hsien et Tsai Ming-liang l'un des plus talentueux auteurs de la nouvelle vague taïwanaise née dans les années 1980.

Il est décédé à son domicile de Beverly Hills, en Californie, des suites de complications liées à un cancer du colon.

Edward Yang était l'un des signataires du manifeste de la nouvelle vague taïwanaise - rédigé chez lui, à Taïwan, à l'occasion de son anniversaire - l'un des mouvements les plus novateurs du cinéma asiatique contemporain.

Son film "Attentes" ("Zhiwang", 1982) forme le premier épisode de l'oeuvre collective "In our time" qui marque la naissance de cette nouvelle vague.

"J’ai toujours voulu que mes films soient comme des lettres, les plus sincères possibles, envoyées à des amis absents", disait-il.

Né à Shanghaï le 6 novembre 1947 d'un père confucéen et d'une mère chrétienne qui émigrent à Taïwan avec les troupes nationalistes lorsqu'il a deux ans, Dechang Yang, dit Edward, reçoit une éducation mi-traditionnelle, mi-occidentalisée.

Amoureux des mangas japonais, il confectionne ses propres bandes dessinées à l'âge de dix ans.

Après une formation essentiellement scientifique et des études d'ingénieur, il part apprendre l'informatique aux Etats-Unis, où il passera neuf ans.

"Je n’ai jamais ressenti une contradiction entre les émotions humaines et le monde scientifique, contrairement à la plupart des gens qui vivent dans des sociétés industrialisées et compartimentées", disait-il. "Je trouve que les maths et l’art se répondent très bien... l’abstraction n’est qu’une façon de dire la vérité de façon plus précise".

Pendant son séjour aux Etats-Unis, il étudie le cinéma pendant un semestre à l'université de Southern California, sans être certain de sa vocation, et c'est en voyant le chef d'oeuvre de Werner Herzog "Aguirre, la colère de Dieu", qu'il décide, à son retour à Taïwan en 1981, de se consacrer à la réalisation.

Il tourne alors "Attentes", puis "Ce jour-là sur la plage" ("Haitande yitian", 1983) et "L'histoire de Taipei" ("Qin mei zhu ma", 1985) où joue son ami Hou Hsiao-hsien, deux films récompensés dans de nombreux festivals.

Suivront "Les Terroristes" ("Kongbu fenzi") en 1986, lui aussi couronné de succès, ce qui encourage Edward Yang à monter sa propre structure indépendante, Yang and his gang, qui produit son quatrième film, la tragédie adolecente "Une belle journée d'été".

Tous les films d'Edward Yang posent un regard critique sur la société urbaine moderne et prospère de Taïwan, mais empathique vis-à-vis de personnages souvent interprétés par des comédiens non professionnels.

Avec "Yi Yi", galerie d'attachants portraits de membres d'une même famille de Taipei sur trois générations, d'un mariage à un enterrement, il décroche le prix de la mise en scène au Festival de Cannes en 2000.

Simple et frais, ce film poétique à la tonalité douce amère est parsemé de traits d'humour, grâce au personnage d'un espiègle petit garçon qui photographie tout ce qui l'entoure, notamment les nuques des autres.

Dans ce film de la maturité, Edward Yang déployait toute la richesse de son regard tendre et humaniste