23.01.2005
Manuel Vasquez MONTALBAN
18 octobre 2003 BANGKOK (AP) - Manuel Vazquez Montalban, journaliste et écrivain espagnol célèbre dans le monde entier pour ses romans policiers et son personnage de Pepe Carvalho, est mort samedi d'une crise cardiaque dans le terminal de l'aéroport international de Bangkok.
Montalban, 64 ans, revenait de Sydney en Australie après y avoir donné une série de conférences, et devait reprendre un avion pour Madrid. "Il marchait pour prendre son deuxième vol, quand il s'est écroulé et a perdu connaissance", a déclaré le lieutenant de police Tatpong Kongtup, joint au téléphone par l'Associated Press.
Une autopsie a révélé que l'écrivain, qui avait subi il y a quelques années un quadruple pontage coronarien, était mort d'une attaque cardiaque, a précisé un employé de l'Hôpital de la police royale thaïlandaise, où son corps a été transporté. Le rapport d'autopsie affirme que la mort est due à une "défaillance du système de circulation sanguine", a affirmé cet employé ayant requis l'anonymat.
"Nous attendons que sa famille nous dise ce que nous devons faire du corps", a déclaré un responsable de l'ambassade d'Espagne s'exprimant lui aussi sous couvert d'anonymat.
Né à Barcelone en juillet 1939, Manuel Vazquez Montalban est surtout connu pour une série de 20 romans pleins de verve et d'humour mettant en scène son principal héros, Pepe Carvalho, un détective privé épicurien qui aime les belles femmes, bien manger et bien boire. Ces ouvrages ont été traduits dans une vingtaine de langues.
Comme son alter ego détective, Montalban, qui avait étudié la philosophie, la littérature et le journalisme, avait deux amours: Barcelone et la Galice (nord-ouest), où était né son père.
Opposant au dictateur Franco pendant sa jeunesse, il avait été condamné à trois ans de prison en 1962 pour ses activités politiques.
Le très prolifique écrivain catalan a également écrit beaucoup de poésie, d'essais, de pièces de théâtre et d'articles sur des sujets allant de la gastronomie à la politique.
Il a publié son premier recueil de poèmes à la fin des années soixante, et commença alors sa carrière de journaliste et chroniqueur politique, activité qu'il n'arrêta jamais, contribuant régulièrement au quotidien espagnol "El Pais".
Il est notamment l'auteur de l'"Autobiographie du général Franco", ouvrage où il se glisse dans la peau du dictateur. Il a reçu de nombreux prix littéraires, notamment pour son roman "Galindez", qui lui valu le Prix national de littérature espagnole, puis le prix européen. Le roman, histoire de la mort mystérieuse d'un homme politique basque à New York a été adapté cette année au cinéma, avec l'acteur américain Harvey Keitel.
Montalban travaillait sur un nouvel épisode des aventures de Pepe Carvalho, "Millenium", deux volumes où il parlait de la guerre en Irak et de l'Intifada. En parallèle, il écrivait un livre sur le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar.
Le roi d'Espagne Juan Carlos II a adressé une lettre de condoléances à l'épouse de l'écrivain, saluant chez Montalban la "fidélité à ses idées et leur harmonie avec les temps dans lesquels il vivait".
Samedi soir, les quelque 60.000 spectateurs du match de football FC Barcelone-Deportivo ont observé, à la demande du président du FC Barcelone, un moment de silence à sa mémoire.
14:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Léon SCHWARTZENBERG

14 octobre 2003
PARIS (AFP) - Briseur de tabous, imprévisible et parfois exaspérant, le professeur Léon Schwartzenberg, cancérologue populaire, attachant, mais souvent décrié par ses pairs, est décédé mardi à l'âge de 79 ans à Villejuif (Val-de-Marne).
"Je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais c'est en disant aux gens +occupez-vous de vos affaires+ et +faites-moi confiance+ qu'on réduit les peuples en esclavage", se plaisait à répéter cet humaniste engagé, dont l'omniprésence médiatique a irrité plus d'un de ses collègues.Avec passion, il s'exprime sur la vie et la mort, chahutant au passage le respect du secret médical, et rendant publiques ses opinions: contre la dictature en Argentine, la torture, l'acharnement thérapeutique, les mères porteuses. Pour la vérité aux malades, la distribution de drogue sous contrôle médical aux toxicomanes afin de barrer la route aux trafiquants. A l'époque en France, la méthadone, un produit de substitution à présent prescrit, est interdite, relève-t-il.
Né le 2 décembre 1923 à Paris de parents juifs, il s'engage dans la résistance (FFI/Forces Françaises de l'Intérieur et réseau franco-britannique d'évasion des aviateurs alliés) avec ses deux frères cadets. Dénoncés, ces derniers sont déportés en 1943 à Matthausen d'où ils ne reviendront pas.
Il est interdit de faculté de médecine en raison des lois raciales de Vichy. "Le Conseil de l'Ordre (des médecins) de l'époque restait muet", rappelait-il.
En 1977, alors que le cancer n'était évoqué que comme "une longue et douloureuse maladie", il publie "Changer la Mort" (en collaboration avec le journaliste Pierre Vianson-Ponté) où il plaide en faveur de la vérité au malade, en toutes circonstances. "La vérité doit toujours être dite, elle est toujours positive", selon cet homme à la voix cassée et aux yeux bleus qui savait séduire pour mieux convaincre.
Il n'hésite pas à relever les contradictions de la société: "Mentir au cancéreux par compassion et dire la vérité à ceux qui ont le sida par peur de la contagion, cela procède d'une égale saloperie", disait-il à l'apparition de cette maladie en France, alors dénuée des puissantes trithérapies actuelles.
Avec "Requiem pour la vie" (1985), il s'attaque à un autre tabou, l'euthanasie. En 1991, l'Ordre des médecins le suspend d'exercice pour un an, pour avoir révélé dans la presse en 1987 l'aide qu'il avait apportée à un malade incurable. En 1993, le Conseil d'Etat annule cette décision.
Adepte du "parler vrai", il doit démissionner de son poste de ministre délégué à la Santé (29 juin-7 juillet 1988, un record de brièveté) du premier gouvernement de Michel Rocard, pour avoir proposé publiquement un dépistage systématique du sida chez les femmes enceintes, et pour ses positions sur la lutte contre la drogue.
Il tâte à nouveau de la politique comme député européen (1989-1994), élu sur la liste socialiste, puis brièvement, en 1992, comme conseiller régional de PACA (liste Energie Sud de Bernard Tapie), mandat qu'il est contraint d'abandonner pour dépassement de frais de campagne.
Mais c'est aussi le défenseur des sans-abri et des sans-papiers qui laissera sans doute un des souvenirs les plus attachants.
14:28 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Elia KAZAN
28 septembre 2003
Né(e) le 07 Septembre 1909 à Istanbul (Turquie)
Mort(e) le 28 Septembre 2003 à à son domicile de Manhattan (Etats-Unis)
Elia Kazan, fils d'immigré grec de Turquie, débarque à New York à l'âge de 4 ans. Il étudie le théâtre à l'université puis rejoint les groupes d'avant-garde théâtrale. Il adhère pendant sa jeunesse au parti communiste. Il devient acteur tout en s'initiant aux divers métiers des planches. Dans les années 40, il connaît le succès à Broadway en mettant en scène des pièces comme Un tramway nommé désir ou Mort d'un commis voyageur. Au cinéma, il donne la réplique à James Cagney dans Ville conquise d'Anatole Litvak (1940).
En 1945, il s'attaque réellement au cinéma. La Fox qui recherche de nouveau talent le recrute. Son premier film est le Lys de brooklyn (1945), l'histoire d'une famille d'immigrés irlandais. Le thème de l'immigration est récurrent dans ses oeuvres. Le social est son autre sujet de prédilection. C'est ainsi que dans Boomerang (1947), il aborde les erreurs judiciaires et dans Le Mur invisible (Gentleman's agreement) (1947), il dénonce l'antisémitisme. Cependant, c'est dans Panique dans la rue (Panic in the streets) (1950), un film extrêmement noir, que l'on découvre sa maîtrise. Il dirige Marlon Brando dans Un tramway nommé désir (A streetcar named desire) en 1951 puis en 1954 dans Sur les quais (On the Waterfront). Cette collaboration est couronnée de succès.
En plein Maccarthysme, l'année 1952 va transformer sa vie. Il dénonce des metteurs en scène communistes devant la commission des activités anti-américaines. Par cette attitude, Kazan dévoile toute son ambiguïté. Lâcheté, anti-communisme ou volonté de se débarrasser de ses concurrents ? Le flou demeure. Néanmoins, il tentera toute sa vie de légitimer sa démarche. Le fait qu'il tourne Viva Zapata !, un portrait du révolutionnaire mexicain la même année, ne fait rien pour démêler les paradoxes de ce cinéaste.
En 1955 avec A l'Est d'Eden (East of Eden), il fait une nouvelle fois confiance à un jeune acteur en offrant le personnage d'un adolescent révolté à James Dean. Après des drames comme La Fievre dans le sang (Splendor in the Grass) (1961), il livre des oeuvres de plus en plus autobiographiques. Ainsi, America, America (1963) raconte l'histoire de sa famille, et il adapte, avec L'Arrangement (The Arrangement) (1969), l'un de ses romans. En 1976, avec Le Dernier Nabab (The Last Tycoon) où il dirige Robert De Niro, il délivre une méditation sur Hollywood.
Problèmes sociaux, politiques ou immigration, Kazan explore toutes les facettes de l'Amérique moderne. Ses oeuvres sont empreintes d'une exploration autobiographique ainsi que d'une réflexion sur son attitude pendant la chasse aux sorcières. Malgré ses troubles compromissions, Kazan demeure un cinéaste qui marque de son empreinte le cinéma contemporain.
14:26 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Donald O'CONNOR
27 septembre 2003LOS ANGELES (AP) - L'artiste américain Donald O'Connor, célèbre notamment pour son rôle dans le classique "Chantons sous la pluie", est décédé samedi, selon son entourage. Il avait 78 ans.
Il a succombé à une faiblesse cardiaque dans une maison de repos à Calabasas (Californie), a expliqué sa fille Alicia à l'Associated Press.
Donald O'Connor était célèbre pour ses rôles dans les comédies musicales américaines des années 1950 dans lesquelles il faisait étalage de ses dons pour le chant et la danse. Il avait ainsi joué dans "Chantons sous la pluie" (1952), où il partageait l'affiche avec Gene Kelly et Debbie Reynolds.
Il était également apparu dans "Appelez-moi madame" (1953) et dans la série de films "Francis", parmi lesquels "Francis aux courses" (1951) et "Francis journaliste" (1953).
Dans un bref communiqué, sa famille a cité vendredi une des dernières phrases de l'acteur avant sa mort: "Je voudrais remercier l'Académie pour l'Oscar récompensant l'ensemble de ma carrière que je finirai par avoir".
Donald O'Connor avait reçu un Emmy Award, mais jamais d'Oscar. AP
14:23 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Robert PALMER
26 septembre 2003PARIS (AFP) - Le chanteur britannique Robert Palmer, âgé de 54 ans, est décédé vendredi d'une attaque cardiaque alors qu'il se trouvait dans sa chambre dans un grand hôtel parisien.
La chanteur éclectique qui a touché à tous les styles, du rock au reggae de ses débuts en passant par le blues et dont les succès comprennent "Addicted to love" (drogué à l'amour), effectuait un voyage de deux jours dans la capitale française avec sa compagne Mary Ambrose.
Robert Palmer devait ensuite rentrer en Suisse où il réside depuis 16 ans.
Une enquête a été confiée au SARIJ (service d'investigations judiciaires) du VIIIe arrondissement, a-t-on appris de source policière.
Robert Palmer est mort d'une crise cardiaque dans sa chambre au Warwick, situé à deux pas des Champs-Elysées.
Les investigations, ordonnées par le parquet, auront pour objet de déterminer les circonstances et les causes exactes de la mort de l'artiste, et une autopsie a été ordonnée.
De même source, on précise qu'une enquête décès est "quasiment automatique" dans ce genre d'affaires, surtout "s'agissant d'une personnalité".
Le ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon a rendu hommage à Robert Palmer, "l’une des figures les plus attachantes, les plus séduisantes de la chanson anglo-saxonne".
"Il aimait les chansons, toutes les chansons, et nous, nous aimions l'entendre chanter", écrit le ministre dans un communiqué, rappelant que Robert Palmer "faisait partie de ces chanteurs blancs passionnés de musique noire, qui avaient grandi au rythme du blues, du funk et de la soul".
Né Alan Palmer en 1949 à Batley, dans le Yorkshire (nord de l'Angleterre), Robert Palmer a passé une grande partie de sa jeunesse sur l'île de Malte.
A 19 ans, il revient en Angleterre et chante avec le Alan Bown Set. L'année suivante il travaille avec le groupe Dada, qui devient plus tard Vinegar Joe, et signe trois albums avec ce groupe, dont Rock'n'Roll Gypsies en 1973.
Robert Palmer débute en 1974 une carrière solo qui est immédiatement courronnée de succès avec Sneakin' Sally Through the Alley. Le chanteur déménage alors à New York, puis aux Bahamas. Il signe Pressure Drop et Clues, qui le rendent célèbre, surtout en Angleterre.
En 1985, il collabore à l'album The Power Station de Duran Duran, le groupe néo-romantique anglais alors au sommet de sa popularité.
Il se recentre la même année sur sa propre carrière et sort Riptide, un album rock qui lui offre son plus grand succès avec le tube Addicted to Love, numéro 1 des meilleures ventes aux États-Unis.
Il quitte les Bahamas pour la Suisse en septembre 1987, accompagné de sa famille. Il s'établit à Lugano, dans le canton du Tessin, où le climat est méditerranéen et la fiscalité raisonnable. Il continue à travailler à de nouveaux albums aux Logic Studios de Milan, à une demi-heure de Lugano. Robert Palmer rencontre encore quelques succès mondiaux, tels que Heavy Nova en 1987 et Honey en 1992.
14:21 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Pierre TABARD
19 septembre 2003 - PARIS (AP) - L'acteur et metteur en scène de théâtre Pierre Tabard est décédé vendredi matin à l'hôpital Saint-Joseph de Paris, a-t-on appris auprès de sa femme, l'actrice Catherine Sellers. La cause de son décès n'a pas été précisée.Pierre Tabard a notamment mis en scène et joué dans plusieurs pièces de Marguerite Duras, dont "Agatha", qu'il avait créée en 1983, avant de la reprendre en 2001 au Kiron Espace. Il avait également monté des pièces de Camus ou encore de Beckett, travaillé avec Jean Vilar, et enseigné dans les années 1980 à l'Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre (ENSATT).
La date de ses obsèques n'était pas encore fixée vendredi.
14:19 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Johnny CASH - 12 septembre 2003
Johnny Cash est mort à 02h00 du matin (07h00 GMT) "du fait de complications diabétiques qui ont entraîné une défaillance respiratoire", selon la chaîne de télévision CNN citant une porte-parole de l'hôpital, Nicole Base. Elle a indiqué que les membres de la famille du chanteur étaient à ses côtés lorsqu'il est décédé. Connu comme le "Man in Black", un de ses albums les plus célèbres, il venait juste de sortir de l'hôpital après avoir dû y être hospitalisé trois semaines pour soigner une pancréatite.
Il venait d'être nominé à 6 reprises pour son clip Hurt lors des récentes MTV Video Awards. Au cours de ses 50 ans de carrière, Johnny Cash a enregistré plus de 400 albums et quelque 1.500 chansons. Il était en train de travailler sur un nouvel album avec des chanson écrites par sa femme, June Carter Cash, également chanteuse de country, décédée en mai à l'âge de 73 ans, selon son manager Lou Robin.
Né en 1932 dans une famille pauvre de l'Arkansas (sud), une région particulièrement éprouvée par la Grande Dépression, il avait travaillé dans des champs de coton puis en usine avant de s'engager dans l'Armée.
C'est en 1955, qu'il signe son premier contrat musical avec la société Sun Label qui compte dans son catalogue Elvis Presley, Carl Perkins et Jerry Lee Lewis. Il devient la voix des oubliés de l'Amérique: mineurs, ouvriers, prisonniers. Son premier succès s'intitule "Doggone Lonseome". Suivront d'autres grands titres comme "Folsom Prison Blues", "I Walk the Line" et "Ring of Fire".
Au début des années 60, il échappe de peu à l'enfer de la drogue et de l'alcool avant de relancer sa carrière après son mariage avec June Carter en 1968.
Cash qui effectuait environ 200 concerts par an a reçu 23 récompenses et une plaque portant son nom figurait dans le Country Music Hall of Fame. Selon son manager Lou Robin, il était en train de terminer un album de chansons écrites avec sa femme June Carter Cash, également chanteuse de country, décédée en mai à l'âge de 73 ans.
14:13 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Edward TELLER - 09 septembre 2003

Edward Teller, le père de la bombe à hydrogène, décède à 95 ans
Teller naît le 15 Janvier 1908 à Budapest (Hongrie). C'est un prodige des mathématiques, éduqué dans des écoles privées. En 1926, il quitte Budapest pour aller étudier l'ingéniérie de la chime à Karlsruhe (Allemagne). Là, il s'intéresse à la physique, particulièrement la nouvelle théorie des quantas (comme Condon). Pour pouvoir poursuivre cette nouvelle passion, il est transféré à l'Université de Munich en 1928. Là, un accident de voiture lui coûte son pied droit.
Après avoir apris à remarcher avec un prothèse il est transféré à l'Université de Leipzig pour travailler avec Heisenberg. Il obtient son doctorat en physique en 1930 et travaille comme consultant à la recherche à l'Université de Gottigen.
En 1934, avec la venue au pouvoir d'Hitler, Teller émigre au Danemark avec l'aide d'amis chercheurs. Là il rejoint l'Institut de Physique Théorique où Niels Bohr dirige une équipe de jeunes chercheurs tentant de percer les secrets de l'atome. Cette année-là, il se marie.
A l'institut de Bohr, Teller rencontre le physicien russe Gamow, également réfugié politique. Au bout d'un an ils prennent des chemins différents, Gamow à l'Université George Washington aux Etats-Unis, et Teller à l'Université de Londres. Un an plus tard en 1935, Teller reçoit une invitation de Gamow à venir le rejoindre pour travailler aux Etats-Unis, et accepte avec plaisir.
La bombe A
Dès 1940, Teller envisage la possibilité d'utiliser l'intense chaleur générée par la fission nucléaire pour déclencher le processus de fusion nucléaire — un phénomène encore plus explosif. En 1941, Teller est naturalisé américain et rejoint les meilleurs physiciens américain sur le projet Manhattan afin de développer la bombe atomique avant les allemands. Après des travaux préliminaires à Chicago avec Enrico Fermi et à Berkeley avec Oppenheimer, Teller se rend dans les laboratoires isolés de Los Alamos (Nouveau-Mexique) pour y travailler sur la bombe atomique sous la direction d'Oppenheimer. Cependant, la fission nucléaire se révélant déjà difficile à mettre au point, la piste de la fusion ne sera pas suivie, à sa grande déception.
Teller se retrouve donc personnellement dans les tunnels de test sur le site de tests du Nevada, dirigeant ses hommes et collaborateurs comme un possédé d'après le récit de l'un d'eux. En 1943 il sidère ses collègues en suggérant que les températures colossales de l'explosion risquent d'amorcer une combustion de l'air qui ferait flamber l'atmosphère terrestre [Jean-Marc Fleury, Quebec Sciences 03/2000]. Cependant, ses calculs la rassurent à ce sujet. En 1945, la première bombe atomique est testée avec succès à Alamagordo (Nouveau-Mexique).
Twinkle
D'après les documents non confirmés du même nom, Teller aurait été membre du MJ-12. Quoi qu'il en soit, Teller est confronté aux ovnis au moins en 1948, en participant au projet Twinkle. Le 16 février 1948, une conférence secrète est tenue à Los Alamos pour discuter du phénomène ovni, en particulier les "boules de feu vertes" qui ont été largement signalées dans la région. Parmi les scientifiques et militaires présents se trouve Teller et Lincoln La Paz, dont l'opinion d'expert est demandée au cours de la conférence [The Ultimate Ufologist Web Page].
La bombe H
Lorsque les russes font exploser leur propre bombe atomique en 1949, Truman demande au laboratoire de Los Alamos de développer une arme à fusion. Oppenheimer est contre, considérant qu'elle n'a aucune valeur militaire et n'est qu'un instrument de génocide. Malgré tout, la première bombe à hydrogène explose sur l'atoll de Eniwetok (Océan Pacifique) en 1952, à la satisfaction de Teller, mais contre l'avis d'une bonne partie de ses collègues scientifiques.
Teller pense alors que les scientifiques de Los Alamos sont trop ambivalents lorsqu'il s'agit de développer la prochaine génération d'armes atomiques, et qu'un complexe indépendant est nécessaire. Il fait pression sur le Congrès et les forces armées pour l'établissement d'un second laboratoire pour la recherche thermonucléaire. L'AEC répond en établissant le Laboratoire Lawrence Livermore en Californie du Nord. Teller y travaille successivement comme consultant, directeur adjoint puis finalement directeur.
L'antagonisme entre Teller et ses anciens collègues augmente lorsque Oppenheimer est accusé de déloyauté sur la base de certaines de ses associations passées. Teller ne l'accuse pas lui-même, mais lorsque l'accréditation d'Oppenheimer est revoquée, nombre de ses amis accusent Teller.
Au fil des années, Teller continuera de défendre une politique de défense dure. Il sera au premier plan dans les années 1970, lorsqu'il défendra la fusion nucléaire comme une alternative aux autres sources d'énergie, et dans les années 1980, en témoignant en faveur du système de défense stratégiques par missiles. Il est l'auteur d'une douzaine de livres, la plupart traitant de l'énergie nucléaire et de questions de défense.
Depuis 1975, Teller est membre de l'Institut Hoover pour l'Etude de la Guerre, de la Révolution et de la Paix à l'Université de Stanford. Il vit à Palo Alto (Californie).
WASHINGTON (AFP) - Edward Teller, le père de la bombe à hydrogène, est décédé mardi dans sa maison de Stanford (Californie) des suites d'une attaque cardiaque, à l'âge de 95 ans, a annoncé le laboratoire national Lawrence Livermore."La disparition du professeur Edward Teller est une grande perte pour notre laboratoire et pour la nation", a estimé le directeur du laboratoire, Michael Anastasio, dans un communiqué.
"Le professeur Teller restera longtemps dans nos mémoires comme l'un des plus grands scientifiques. Il a consacré sa vie à la défense de la liberté, la recherche de connaissances et la transmission de sa passion pour les sciences et pour l'enseignement à des générations d'étudiants", poursuit M. Anastasio.
Entre 1943 et 1946, Teller avait travaillé sur le projet Manhattan, à Los Alamos (Nouveau-Mexique), qui avait abouti à la fabrication de la bombe atomique, et avait participé ensuite au développement de la bombe à hydrogène.
Le scientifique, de confession juive, vivait aux Etats-Unis depuis 1935 après avoir fui la montée du régime nazi en Europe.
Il avait reçu cette année la médaille présidentielle de la Liberté, la plus grande décoration décernée aux Etats-Unis. Il n'avait pu assister à la cérémonie organisée à Washington en présence de George W. Bush et c'est sa fille Wendy qui était venue chercher la médaille.
"Le professeur Teller était un géant de la physique du 20ème siècle", a souligné le laboratoire Lawrence Livermore, ajoutant qu' "il était un fervent partisan de l'application de la science à la pratique et avait été l'un des responsables techniques les plus influents dans la défense nationale de la Seconde guerre mondiale jusqu'à aujourd'hui".
Edward Teller avait également contribué à la création du laboratoire Livermore, le dirigeant pendant deux ans avant d'occuper la fonction de directeur adjoint chargé de la physique, jusqu'à sa retraite en 1977.
14:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Leni RIEFENSTHAL - 08 septembre 2003
La réalisatrice allemande Leni Riefenstahl, qui mit sa caméra au service d'Adolf Hitler, est décédée lundi soir à l'âge de 101 ans, a déclaré le maire de la ville de Poecking où elle habitait, au sud de Munich. "Reni Riefenstahl est morte sans souffrir, dans son sommeil", a déclaré Celia Tremper, du magazine Bunte, qui a précisé avoir été priée de diffuser la nouvelle par Horst Kettner, compagnon de longue date de Riefenstahl, et Gisela Jahn, son assistante.
Leni Riefenstahl ne donnait plus d'interviews ou n'apparaissait plus dans les médias depuis plusieurs mois en raison de son état de santé très affaibli.
Née le 22 août 1902 à Berlin, Leni Riefenstahl fut danseuse, puis actrice avant de se lancer dans la réalisation.
Elle fut notamment l'auteur du "Triomphe de la Volonté", documentaire sur le congrès du parti national-socialiste à Nuremberg en 1934, qui lui valut des récompenses aux festivals de Venise et Paris, et des "Dieux du stade", film officiel des Jeux olympiques de Berlin en 1936, qui utilisait des techniques pionnières à l'époque, telles que le travelling.
Ces films marquèrent à jamais sa carrière.
Accusée d'avoir mis son art au service de la propagande nazie, elle fut emprisonnée par les autorités françaises d'occupation.
PLONGEE SOUS-MARINE A 72 ANS
Elle a toujours soutenu qu'en tant qu'artiste, elle ne faisait pas de politique. Mais empêchée dès lors de tourner, elle poursuivit sa carrière artistique en publiant des livres de photographie, consacrés principalement aux Nubas du sud du Soudan et au monde sous-marin.
Pendant des décennies, les ans n'ont guère paru l'effleurer et, à 72 ans, elle se mit à la plongée sous-marine. Il y a quatre ans, elle a survécu à un accident d'hélicoptère au Soudan.
Son 100e anniversaire l'an dernier avait été marqué par la sortie d'un documentaire - son premier en un demi siècle - sur la vie sous-marine, mais aussi par une nouvelle controverse à la suite d'une plainte de Tziganes accusant la réalisatrice de négationnisme.
Leni Riefenstahl a en effet été accusée d'avoir menti sur le sort d'une centaine de gitans prisonniers dans des camps nazis et utilisés comme figurants en 1942 dans le film Tiefland. Elle avait affirmé à un journal qu'ils avaient tous survécu à la guerre.
Les plaignants ont accusé Riefenstahl de n'avoir pas empêché le renvoi de ces figurants dans les camps où un grand nombre d'entre eux sont morts.
La plainte a été classée l'an dernier par le Parquet de Francfort.
Dans une interview accordée à l'occasion de son centenaire, elle confiait que sa colonne vertébrale, très abîmée, la faisait terriblement souffrir.
Son assistante, Gisela Jahn, a déclaré récemment à Reuters que Leni Riefenstahl était toujours capable de se déplacer dans sa maison en bordure d'un lac, dans les Alpes bavaroises.
14:06 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook
Lola BOBESCO - 04 septembre 2003

La violoniste roumaine Lola Bobesco s'est éteinte jeudi, à 13 h 30, à Sart-lez-Spa. Elle avait 82 ans. Encore qu'elle prétendait taire la date de sa naissance (à Craiova, en Roumanie), mais avec la coquetterie de rappeler l'âge auquel elle reçut son prix au tout premier Reine Elisabeth, qui s'appelait encore Concours Eugène Ysa e. Elle avait 17 ans en 1937, et déjà cet orgueil qui se lit dans l'œil des chats errants qu'elle récupérait et qu'elle vénérait.
Les musiciens ont ce gène de l'errance. Car Lola Bobesco était musicienne avant d'être virtuose. Son père, Aurel Bobescú, qui la forma, ne s'y était pas trompé en lui offrant son premier violon adapté à la taille de ses 3 ans. Premier concert public à 5 ans. Et, à 6 ans, ce récital devant la reine Marie qui lui donnera une bourse pour aller se perfectionner dans un conservatoire international. Elle avait déjà voyagé, gagné un concours de jeunes solistes à Vienne, frôlé vraisemblablement l'Allemagne. Mais à quoi peut bien rêver une jeune Roumaine sinon à Paris ?
Elle entre au Conservatoire à 11 ans, dans la classe de Jules Boucherit, et en ressort un an plus tard, en 1933, avec le premier prix, après avoir provoqué une si profonde sensation, dixit « Le Monde ». Sa carrière internationale débute d'emblée avec un premier concert sous la direction de Paul Paray et prend un nouvel essor au Concours Ysa e : 7e, après Oïstrakh ! Une carrière toute tracée... si la guerre n'avait pas éclaté. Une véritable catastrophe, confiait-elle en 1983 au « Soir illustré ». L'assassinat de ma vie de virtuose.
A Paris, loin de ses parents, elle connaît la faim et la solitude avant d'être recueillie par la famille de Pierre Brisson, le grand directeur du « Figaro », qui lui donnera une culture française.
Mais elle était belge de cœur, avait-elle coutume de dire. J'ai choisi la Belgique comme pays d'adoption car j'aimais l'effervescence de ses grands concours, et aussi le côté placide et sans surprise des gens qui y vivent. La réalité est peut-être plus prosaïque : Lola et moi, raconte le pianiste français Jacques Genty, qui fut son mari et son partenaire, nous sommes venus à Bruxelles parce qu'un imprésario roumain en avait fait sa condition. C'était un escroc. Mais, après, nous n'avions plus d'argent pour rentrer.
Lola Bobesco restera donc en Belgique, substituant sa carrière avortée de soliste par la musique de chambre. Elle y est divine dans Mozart et voue une passion sans borne aux trois « B » (Bach, Beethoven, Brahms), dont elle entreprend l'intégrale des sonates avec Jacques Genty. Mais c'est avec les Solistes de Bruxelles - l'actuel Orchestre royal de chambre de Wallonie - qu'elle allait profondément marquer la vie musicale belge. Dans les années 50, il y avait un vrai engouement pour les orchestres de chambre, explique encore le pianiste. Et il n'y avait que l'orchestre de la RTB : le champ était donc libre.
Lola Bobesco restera vingt ans à la tête de son ensemble, avec des bonheurs divers. Je m'étais trompée sur les sentiments de ceux que je croyais être mes amis, finira-t-elle par dire en 1983. En réalité, ces musiciens supportaient mal d'être dirigés par une femme. Ils m'ont fait une vie atroce et, lorsqu'en 1979, j'ai présenté ma démission, personne n'a levé le petit doigt pour me retenir.
Elle rebondit pourtant et, cette année-là, se rêve actrice en jouant le maître de musique du « Bourgeois gentilhomme », au théâtre du Parc. Elle prend même sa revanche sur la vie avec ses premières tournées au Japon. En 1981, le Japon invite la pianiste Martha Argerich, la soprano Teresa Berganza et... Lola Bobesco, que le « Japan Music Journal » sacre « meilleure violoniste féminine au monde ». Je joue cinq heures par jour, comme un jeune virtuose, disait-elle à l'époque. Car je me refuse absolument à miser sur ma réputation et sur mes dons innés.
De la grande Lola, il ne reste désormais que les témoignages intacts de son talent : le concerto de Viotti, qu'elle fut l'une des seules à enregistrer ; les sonates de Frank, de Lekeu, de Fauré, gravées pour Pavane. Mais ne continue-t-elle pas à vivre à travers les élèves qu'elle a formés aux Conservatoires de Liège et de Bruxelles ? Toujours l'errance et ce formidable orgueil.·
14:05 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | |
del.icio.us |
Facebook